Une zone de libre-échange pour promouvoir les femmes dans le commerce

La Redaction

1 month ago - Last update:

« L’AfCFTA rend le marché plus abordable pour les commerçants informels et leur permet d’opérer par le biais de canaux formels qui offrent plus de protection en s’attaquant aux vulnérabilités que les femmes rencontrent souvent dans le commerce transfrontalier »

Le Protocole sur les femmes dans le commerce dans le cadre de l’Accord sur la zone de libreéchange continentale africaine (AfCFTA) était au centre d’un atelier de lancement, d’une journée, qui s’est tenu hier le 25 octobre au Caudan Arts Centre, à Port Louis. Un atelier organisé par le ministère du Développement industriel, des PME et des Coopératives en collaboration avec le PNUD dans le cadre des consultations nationales sur le futur protocole sur les femmes dans le commerce de l’AfCFTA. A cet effet, le ministre du Développement industriel, des PME et des Coopératives, Soomilduth Bholah, et la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour Maurice et les Seychelles, Amanda K. Serumaga, étaient présents.

Dans son discours, le ministre Bholah a rappelé que l’AfCFTA, devenu opérationnel le 1er janvier 2021, vise à créer un marché unique et à approfondir l’intégration de la région africaine en offrant un accès préférentiel au marché aux États membres pour faciliter le commerce et l’investissement. « Une telle initiative présente des opportunités importantes pour stimuler le commerce intra-africain et promouvoir un développement durable sur le plan environnemental, social et économique. » Il a indiqué que l’AfCFTA est la plus grande zone de libre-échange au monde, donnant accès à un marché à 1,2 milliard de personnes et un PIB consolidé de 3 000 milliards USD, qui devrait plus que doubler d’ici 2050. « L›Afrique, avec sa classe moyenne croissante et sa demande de nouveaux produits, offre un continent de possibilités à exploiter. L›AfCFTA vise à assurer la prévalence d›écosystèmes commerciaux en tenant compte de la dimension de genre, conformément à l›objectif de développement durable no. 5. Son but est de parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation de toutes les femmes et les filles. »

« Confrontées à divers défis »

Par ailleurs, le ministre Bholah a souligné que le protocole sur les femmes dans le commerce dans le cadre de l’AfCFTA contribuera à stimuler le commerce inclusif dans la région pour les femmes entrepreneurs mauriciennes. « A Maurice, les microentreprises, petites et moyennes entreprises (MPME) sont des acteurs clés du paysage économique et contribuent à environ 35% de la valeur ajoutée brute, à la moitié des nouveaux emplois créés et à environ 12% des exportations nationales en 2019. » Reconnaissant que les femmes ont contribué au développement socio-économique de la nation, il a toutefois déploré que les entreprises appartenant à des femmes ne représentent aujourd’hui que 10% du total des entreprises enregistrées, ce qui montre un déclin par rapport aux années précédentes. « Les PME dirigées par des femmes sont confrontées à divers défis, notamment les jeunes entreprises qui ne disposent pas de compétences internes solides pour concevoir et mettre en œuvre des stratégies de marque et de marketing efficaces pour accéder aux marchés locaux et régionaux. »

Par conséquent, Soomilduth Bholah a rappelé que la stratégie du gouvernement est de sécuriser de nouveaux marchés d’exportation et d’offrir un éventail d’opportunités pour les entreprises, les MPME et les coopératives. Outre l’AFCFTA, a-t-il rappelé, plusieurs accords ont été signés cette année, à savoir l’accord de zone de libre-échange entre Maurice et la Chine, l’accord global de coopération et de partenariat économique avec l’Inde, l’accord de partenariat économique entre le Royaume-Uni et la communauté d’Afrique orientale et australe. « Nous travaillons avec le secteur privé, les associations d’industries et de PME, les organisations régionales et internationales pour mettre à disposition des informations sur les opportunités du marché mondial afin de permettre plus de commerce et plus d’exportations. »

La participation des Mauriciennes à l’économie

Pour sa part, Amanda K. Serumaga a souligné qu’il est important que les femmes mauriciennes participent activement au paysage économique du pays. Elle a rappelé que l’île Maurice présente différentes dimensions du commerce et différentes spécificités qui doivent être abordées. Elle a souligné qu’en général, le taux de chômage est plus élevé pour les femmes, ajoutant qu’elles ont moins de responsabilités dans les secteurs commerciaux et qu’elles sont également confrontées à des disparités salariales. D’où la nécessité de créer un environnement propice et d’introduire des politiques visant à combler ces lacunes.

Parlant de l’AfCFTA, elle a affirmé que les attentes sont élevées car l’accord porte sur l’élargissement des perspectives commerciales pour les entreprises dirigées par des femmes, ce qui permettra aux femmes africaines de développer leurs activités, des microentreprises aux macro-entreprises. « Grâce à l’AfCFTA, les entreprises informelles, les microentreprises et petites entreprises seront intégrées aux marchés continentaux, brisant les barrières que ces entreprises rencontrent constamment lorsqu’elles tentent de pénétrer des marchés régionaux et étrangers plus avancés. »

Selon elle, les femmes, qui représenteraient 70% du commerce transfrontalier informel en Afrique, seront bien placées pour exploiter les destinations d’exportation régionales et utiliser les marchés régionaux comme tremplins pour se développer sur les marchés étrangers. «En réduisant les droits de douane et en simplifiant les régimes commerciaux pour les petits commerçants, l’AfCFTA rend le marché plus abordable pour les commerçants informels et leur permet d’opérer par le biais de canaux formels qui offrent plus de protection en s’attaquant aux vulnérabilités que les femmes rencontrent souvent dans le commerce transfrontalier, comme le harcèlement, la violence, la confiscation des biens et même l’emprisonnement. »

S’attaquer aux obstacles sexospécifiques au développement des femmes

L’AfCFTA a le potentiel d’améliorer le développement humain des 1,3 milliard d’Africains sur plusieurs fronts, notamment en créant 14 millions d’emplois supplémentaires dans le secteur manufacturier, d’ici 2025, en augmentant les salaires d’au moins 10% et en réduisant la pauvreté de plus de 60%. Le PNUD s’est associé au gouvernement mauricien et au secteur privé pour entreprendre des consultations nationales sur le protocole AfCFTA relatif aux femmes dans le commerce. Cet engagement est basé sur un cadre de coopération entre le Bureau régional du PNUD pour l’Afrique et le Secrétariat de l’AfCFTA.

Grâce à ce partenariat et à d’autres plateformes consultatives, l’île Maurice peut promouvoir des opportunités au profit des femmes par le biais du protocole commercial en réunissant des femmes entrepreneurs pour qu’elles partagent leurs expériences sur les obstacles et les défis liés au genre pour entrer sur le marché africain, et en consolidant ces résultats et en permettant la formulation de positions politiques nationales pour informer le plan d’action de la stratégie Afrique de l’île Maurice.