Municipales – Quels candidats ?

La Redaction

1 month ago - Last update:

Le gouvernement finira par ORGANISER les élections municipales d’ici 2022. Les différentes OPPOSITIONS fourbissent leurs armes et réclament un scrutiny d’ici décembre. Sans se pencher sur un exercice planifié et rigoureux pour arrêter des listes de candidats valables et méritants, les partis sombrent déjà dans un laxisme total.

Le champ étant laissé libre aux magouilles et à la démagogie, le choix se portera inévitablement sur des candidats médiocres et inaptes. Les différentes équipes qui dirigent les 5 municipalités depuis six ans ont fait preuve d’une incapacité terrible à gérer les affaires dans l’intérêt public. Des deux côtés, ce sera bonnet blanc et blanc bonnet pour les prochaines élections. Un des observateurs, spécialiste des joutes électorales, deplore que << le nomadisme politique est en effet devenu le sport favori de nombreux spécialistes du « retournement de veste>>, ce qui augure très mal pour les cinq municipalités.

Les citoyens devront choisir quelque 120 conseillers, aux profils contrastés. Selon les observateurs de la vie publique, « on y trouvera de tout : des farfelus, des parvenus, des opportunistes ; des agents politiques notoires, des condamnés pour délits divers et des entrepreneurs véreux; on y rencontrera même des gens sérieux et compétents, mais les électeurs si souvent abusés sauront-ils les reconnaître ? ».

Pour que les citoyens votent en connaissance de cause, ces hommes avertis et informés souhaitent éclairer l’opinion publique sur quelques aspects fondamentaux de cette élection régionale : la raison d’être d’un conseiller; les conditions d’une élection transparente ; le respect du choix des citoyens ; et les avantages financiers et matériels offerts aux élus. Or, volontairement ou non, bon nombre de ces conseillers ont souvent démontré qu’ils ne remplissaient pas leurs responsabilités. Ils font tout autre chose, pour se faire bien voir des électeurs ou pour en tirer des bénéfices personnels : il ne leur revient pas de paver des rues où ils résident, d’équiper des clubs, de faire installer des châpiteaux ou d’offrir des ballons de foot et des couvertures. Ces actions démagogiques n’ont rien à voir avec la fonction de conseillers. De plus, elles ne sont pas financées sur les fonds propres des élus, mais avec de l’argent mis à disposition par l’Assemblée nationale, même s’ils se gardent bien de le mentionner.

Nous ne voulons pas désigner untel ou untel, mais tout le monde les connaît. Nous sommes certains que l’inéligibilité de ces candidats au passé encombrant et aux ardoises lourdes, pris en défaut de probité aurait accéléré le renouvellement de la classe politique à ce niveau.

L’inéligibilité et la mise en touche des aspirant-candidats sont aussi le souhait des citoyens qui ne veulent plus de cette forme d’impunité qui permet à des gens, pourtant montrés du doigt pour corruption ou pour avoir failli à leurs devoirs de se présenter à de nouvelles élections. Un élu corrompu ou inactif ne doit plus pouvoir être candidat. Potentiellement, si les partis avaient fait le tri nécessaire et s’étaient débarrassés de ces malfrats qui gravitent autour des différentes instances, combien de pseudo-conseillers encore en activité auraient disparu du paysage.

Si le système actuel récompense l’opportunisme et le clientélisme, Il est grand temps que ceux qui aspirent à être dans la course méritent leur ticket et l’élection. Déjà, des anciens conseillers municipaux refont surface et le fait d’avoir été un support pour les députés et ministres actuels lors des dernières élections générales les placent en position de force, au détriment de bons gestionnaires et professionnels compétents.

Tout cela nous remet en mémoire une réaction publique sur le parvis de la municipalité de Port-Louis de Navin Ramgoolam, à la vue d’un personnage [ancien conseiller rouge de la capitale et connu dans une affaire de corruption pour un projet d’infrastructure] qui persiste à viser un ticket. C’était lors d’un télédon pour des sinistrés lors des inondations dans un pays ami. Il avait lancé cyniquement cet avertissement: << faire attention, pas laisse sa collecte de dons dan la main sa dimoun-la, l’argent pou disparett…>>

Pour élaborer davantage sur l’état des choses, les élections municipales ont souvent montré la dégradation des figures initiatrices du changement et avaient pour tentative de minimiser l’absence des programmes politiques chez les partis de tous bords et avaient comme objectif infect d’orienter l’adhésion émotionnelle des masses, pour extorquer les votes de celles-ci.

C’est la confusion absolue qui règne auprès de la masse. L’absence de moralité, l’absence d’intégrité et l’absence de programmes politiques nous poussent à nous interroger sur la fonction de ces élections municipales et leurs finalités. Ce qui est au moins sûr, c’est que les élections ont toujours joué deux objectifs, celui de donner une image démocratique à un système pourri, avec la présence d’une pluralité de partis, et de tester la force des partis politiques et leur base sociale, en vue des élections générales. Le jeu est-il défini d’avance et le changement n’est-il qu’une illusion? On serait tenté de le dire.

Avec ces élections, les villes risquent leur descente aux enfers pour devenir un sac à misères; un os creux sans moelle ni substance; un tonneau vide qui fait beaucoup de bruit sans rien apporter de nouveau pour améliorer la situation de la masse populaire; un papier de toilette que l’on jette après usage au premier endroit trouvé; des villes deparias et de coquins qui projettent à la face des Mauriciens ce qui est loin de la réalité; des villes dans lesquelles tout est fraudes et opacités dans tous les secteurs et à tous les niveaux, où tout ce qui est simple, normal et régulier ailleurs devient problématique, compliqué et irréalisable dans le cœur et dans l’esprit de ses habitants; des villes qui cultivent et développent une tradition de mensonge, de malhonnêteté, de fausseté, de destruction, d’anarchie et de coups bas; des villes qui fonctionnent dans le noir, sans justice sociale et sans beaux perdants; des villes sans crédo, sans créneaux et sans valeurs immuables; des conseils municipaux remplis de clans où les relations personnelles prennent le pas sur la compétence et l’expérience ; des élus qui vont de dérives en dérives; d’abime en abime jusqu’à devenir une boîte de Pandore en plaçant à la tête des comités des gens peu recommandables sans éthique, sans dignité et sans scrupules.

Le poste de Maire est une fonction vilipendée. Il est occupée par n’importe quel quidam sans vision, sans lecture et sans écriture. On connait ceux qui ont légué à nos villes cet héritage lourd en laideurs, en passifs, en vices et en travers. Ceux qui ont enterré tous les espoirs pour voir les 5 villes briller de mille feux et sortir de l’ornière de la corruption.

Certains ont le culot de roder dans les parages pour un autre sinistre mandat. Les leaders des partis ont la lourde tâche de veiller à ce que leurs conseillers, leurs députés et ministres ne puissent les tromper avec des propositions de noms aux dossiers compromettants et insignifiants.