August 14, 2022
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Opinion

Tirer des leçons du rapport Moody’s

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Il y a dans les commentaires des économistes et les analyses des observateurs de la chose économique un dénominateur commun : la nécessité d’une plus grande discipline dans la gestion des finances publiques. Le dernier coup de semonce de Moody’s est venu confirmer les conclusions du Fonds Monétaire International selon lesquelles on ne peut plus continuer à adopter une attitude de «business as usual». A vouloir poursuivre sur la voie des dépenses effrénées de l’Etat, ce n’est plus la sonnette d’alarme des institutions financières internationales qui retentira mais bien le glas qui nous annoncera que le pays n’a plus les moyens de rembourser ses dettes.

Les raisons avancées par Moody’s pour justifier sa décision de rétrograder la note souveraine de Maurice de Baa2 à Baa3 sont on ne peut plus claires : la qualité et l’efficacité des institutions ainsi que l’élaboration des politiques gouvernementales ont considérablement affaibli la résilience économique du pays et sa capacité à absorber les chocs économiques futurs. Face à un tel constat, il est évident que le niveau effarant des dépenses publiques doit impérativement être ramené à la baisse et que celui de la dette soit également revu de 86 à 70% du Produit Intérieur Brut, comme préconisé par l’agence de notation.

Les dépenses publiques concernent généralement l’administration des services gouvernementaux, les prestations sociales, les investissements dans l’infrastructure du pays, et le «servicing» de la dette car les grands projets infrastructurels sont, pour la plupart, financés par des emprunts étrangers. On peut donc logiquement s’interroger sur la stratégie économique du gouvernement qui demande à être revue en période de crise. Faut-il, par exemple, continuer à investir massivement dans des projets routiers tout en envisageant d’étendre le métro au sud et à l’est du pays alors que la construction de nouvelles routes et autres autos-ponts est généralement suivie d’une augmentation de la flotte de véhicules. Le gouvernement ne serait-il pas mieux avisé de donner priorité au métro et à la mise en place d’un service de navettes efficace ? D’autres postes budgétaires méritent aussi d’être revisités, à l’instar de celui relatif aux prestations sociales. Le temps n’est-il pas venu de penser sérieusement au ciblage des bénéficiaires ? Pourquoi ceux touchant de rentes importantes doivent-ils continuer à bénéficier des largesses de l’Etat après avoir atteint l’âge de la retraite ?

Par ailleurs, quel est le retour sur investissement quand, à coup d’augmentations de la pension de vieillesse, on essaie de plaire aux personnes âgées alors que c’est sur la jeunesse du pays qu’il faut miser ? S’attendre à des dividendes politiques alors que nombre de nos «senior citizens», blasés par la politique, choisissent de ne pas se rendre aux urnes, relève d’un mauvais calcul. Repenser la stratégie en matière de formation est aujourd’hui une priorité si l’on veut que le pays passe à une autre étape de son développement. Former nos jeunes pour l’industrie pharmaceutique à venir et dans les secteurs de pointe telle l’intelligence artificielle, le ‘blockchain’ et les nouvelles technologies, c’est préparer l’île Maurice de demain. Qui dans les hautes sphères essaie d’entrevoir ce que sera cette île Maurice de demain ?

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