August 8, 2022
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Un Ramadhan chez soi en famille

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Curieux mois de mai pour nos compatriotes musulmans, car on est dans le mois le plus saint de l’Islam, le mois de Ramadhan, mais cette année-ci, ce mois sacro-saint pour eux semble drastiquement différent des Ramadhans auparavant. Ils ont dû réduire à néant les traditionnels rassemblements y relatifs : rupture du jeûne pour les hommes en groupe, les causeries et les prières en congrégation, y compris celles du soir, communément appelées le TARAWIH. Cela afin de respecter les mesures de confinement que le gouvernement a mis en place à travers l’île pour limiter la propagation du Coronavirus. Mazavaroo a pris contact avec plusieurs familles musulmanes, aux quatre coins de l’île, afin qu’ils nous fassent part de leurs quotidiens en ce mois très particulier de Ramadhan et de confinement. Lisez.

L’Iftaar est un moment où les musulmans à travers le monde rompent le jeûne

Abdallah Goulamghoss : Ne nous détournons pas de notre Créateur

Le cadet de la famille Goulamghoss à Vallée Pitot, Abdallah, a bien voulu nous donner son point de vue sur la situation dans laquelle les musulmans se retrouvent cette année et ce qu’il faut toujours garder en tête. Nous vous proposons sa réponse en entier : « Comme nous le savons tous, le mois de Ramadhan cette année-ci, est exceptionnel et cela est la première fois que nous, les mauriciens, faisons face à une situation de cette ampleur. Mais, il ne faut pas que cette situation, certes sans précédent, nous détourne de notre Créateur.>>

<<En effet, nous avons là deux raisons valables pour laquelle il serait meilleur et judiciable de nous rapprocher de Dieu ; Nous nous trouvons dans une situation délicate, et nous nous retrouvons avec plus de temps que d’habitude pour faire l’éloge de Dieu Tout-Puissant en ce mois de sacrifice. Cette situation peut être considérée par tous les croyants, comme un cadeau précieux de la part d’Allah, pour que nous retournions auprès de Lui pendant ce confinement. Alors, le Ramadhan en “closed doors”- devient avant tout un rappel, un rappel pour nos frères et nos sœurs musulmans, pour ceux et celles qui lisent ce texte, et pour moi-même, que nous devons faire de notre mieux pour nous rapprocher de Dieu avec sincérité, et que nous faisons le maximum afin de suivre les enseignements du Prophète Muhammad (pssl).>> <> Il est navrant selon lui que beaucoup de personnes qui ne pensent qu’à faire l’éloge rituelle de Dieu, sans savoir si cela est une forme d’innovation ou pas.

<<Notre devoir à tous est de suivre l’exemple du St Prophète (pssl) et de ceux qui l’ont suivi, notamment les quatre Califes, parce que notre but ultime dans la vie est de satisfaire avant tout, le Créateur. Et pour cela, il faut éviter toute forme d’innovations. En ligne, en un seul click, nous pouvons avoir plus d’un millier de résultats sur les invocations que le St Prophète (pssl) nous a enseignés, afin de rechercher la protection du Créateur. L’islam est une religion qui a déjà été conçue dans sa globalité et il n’y a rien à lui ajouter, mais nous devons faire l’effort d’aller chercher la vérité et d’étudier comment les premiers musulmans vivaient et faisaient l’éloge du Seigneur. »

Cassam Madarboccus : Plus de temps pour plus de prières

Cassam Madarboccus de Rivière
du Rempart

Nous avons contacté la famille Madarboccus qui réside à Rivière du Rempart. Le chef de famille, Cassam Madarboccus a bien voulu nous parler de son quotidien depuis le début du mois de Ramadhan. « Ce Ramadhan n’est pas comme les autres Ramadhan, nous passons plus de temps à la maison, donc nous avons plus de temps pour prier », nous raconte-t-il. Sa famille se compose de 4 personnes ; son épouse, sa bru et son fils. Ils se réveillent à 3 heure du matin et débutent cette seconde partie de la nuit, avec la prière du Tahajjud, qui est une prière pour se rapprocher de Dieu. Puis, ils préparent le Sehri (le repas du matin mangé par les musulmans avant le lever du soleil pendant le ramadhan) et consacrent une demi-heure à un léger repas, de 4hr30 à 5hr. « Après la prière du matin, le Fajr, nous lisons le Quran avant de nous rendormir un peu.» Ils se reposent pendant la journée et s’adonnent aux prières du Zohr (mi-journée) et du Assar (en fin d’après-midi) « Mo madam ek mo bellfi après Assr kumans prepar gato pou iftaar, lerla enn parti dan sa bann gato-la nou partaz avec nou bann vwazin », nous confie-t-il. Cassam nous affirme que vu qu’ils passent plus de temps à la maison, ils sont moins fatigués et de ce fait ils peuvent accomplir plus de prières et d’invocations (« Ibadat »). « Le confinement nous apparait alors comme un moyen de mieux dépenser notre temps à glorifier Allah et à la lecture du Quran. Auparavant, avec le travail, nous avions moins de temps à lire le Quran et à prier. Maintenant, nous profitons le plus de ce Ramadhan chez nous », nous affirme-t-il.

Shegouftah Dhunny : Entre confinement, études et Ramadhan

Le moment de rompre le jeûne chez Shegouftah est un moment en famille

Le Ramadan est un mois très particulier pour nous, elle consiste à s’abstenir de manger, de boire, de fumer et d’autres privations, du matin jusqu’au soir.>>> dit Shegouftah. Pour cette famille de Plaine-Lauzan, composée de 4 personnes, cette année-ci, le Ramadhan est placé sous le signe d’une expérience inédite, du fait qu’on avait l’habitude de travailler, d’aller en cours, rencontrer des amis, et tout ça. Maintenant, en cette période de confinement, nous sommes cloîtrés chez nous mais nous sommes, heureusement, en famille. Notre journée commence identiquement comme les Ramadhan d’avant, on se lève très tôt pour accomplir le Tahajjud, ensuite nous faisons le Sehri jusqu’à l’appel à la prière, et nous accomplissons le Fajr. Au cours de la journée, nous accomplissons encore deux autre prières avant l’Iftaar. Après la première prière, le Zohr, nous faisons la lecture du Quran en famille. <<En tant qu’étudiant, je dois savoir comment gérer le temps pour mes dissertations. Cette année-ci, nous avonsplus de ces exercices à faire car les examens ont été annulés. Après la prière d’Assar, nous débutons les préparatifs pour l’iftaar, le moment de rompre le jeune. Nous dînons en famille est nous accomplissons le Taraweeh en famille aussi. Donc le confinement pendant le Ramadhan est une période où nous essayons le mieux possible de consolider nos liens avec la famille et avec Dieu. Et comme nous avons un peu plus de temps que d’habitude dû au confinement, nous faisons en sorte que toute la famille reste soudée.>>

Ismaël Syed-Hossen : Une occasion pour accomplir plus d’invocations

Chez la famille Syed-Hossen à Plaine-Lauzan, le Ramadhan en confinement est une aubaine pour accomplir plus d’ibadat. Ismaël Syed-Hossen, le fils unique de la famille, nous raconte qu’à « chaque année, nous nous réveillons tôt le matin pour faire le Sehri et au cours de la journée nous accomplissons la prière (Swalat) et nous nous adonnons à la lecture du Quran. Cette année-ci, nous avons beaucoup plus de temps pour prier et pour glorifier Dieu car nous sommes en confinement dû au Coronavirus. >> De ce fait, elle s’enthousiasme de cette aubaine de travailler de chez elle et peut aider ses parents à préparer l’Iftaar, chose qu’elle ne pouvait pas faire les années précédentes. <<Car je n’étais pas chez moi pendant la journée. Ma maman et mes sœurs étaient les seules à s’adonner aux préparatifs pour l’iftaar et le Sehri, maintenant nous mettons tous la main à la pâte, ce qui aide aussi à renforcir nos liens familiaux. Des fois, je n’avais pas l’occasion de rompre le jeûne à la maison car je terminais tard au bureau. Maintenant, je peux rompre le jeûne chez moi avec ma famille et je peux continuer à travailler confortablement », nous raconte-t-elle. Donc, le Ramadhan en confinement est une belle opportunité pour sa famille, puisque tous ils peuvent mieux s’entreaider à la maison et avoir une occasion très rare de faire plus d’ibadat. »

Irshad Luckhun : Le Ramadhan en confinement n’est pas un problème

La famille Luckhun se recueillent au moment de l’Iftaar

Chez la famille Luckhun (à Terre Rouge), composée de 4 personnes ; son épouse, sa mère, son père et lui-même, le confinement pendant le mois saint de Ramadhan est certes très différent des précédent Ramadhan mais le Ramadhan en confinement a aussi son lot d’avantages. Ils n’ont pas à voyager pour aller au travail car ils travaillent de chez eux, donc ils dépensent moins d’énergie.

Et cette énergie, ils l’utilisent alors pour accomplir les cinq prières quotidiennes, la lecture du Quran et le Taraweeh. Aussi, il nous explique qu’il lui fallait bien planifier son travail afin de pouvoir sortir plus tôt et rentrer chez lui avant l’heure de l’iftaar. Irshad Luckhun affirme que le Ramadhan en plein confinement ne présente pas un problème, au contraire, cela apparaît comme une bénédiction ; ils ont plus de temps pour prier et accorde une grande importance à la vie d’ensemble en famille ; et à glorifier le Seigneur Tout Puissant. « Ce qui nous manque le plus, c’est rompre le jeune aux côtés de nos amis et de nos familles. Nous avions l’habitude d’inviter nos amis les plus proches et nos familles à la maison pour la rupture du jeûne. C’était une sorte de tradition. Mais nous comprenons que dans la situation présente, nous ne pouvons faire cela. », nous dit-il.

Nasir Oozeer : Continuer à accomplir la Swalat chez soi

Pour la famille Oozeer de Plaine-Verte, le Ramadhan en confinement est une faveur d’Allah le Miséricordieux et nous devons Le remercier pour cela. « Car en confinement, nous avons plus de temps pour faire l’éloge de Dieu et plus de temps pour nous adonner à la lecture du livre saint, le Quran. Alors, nous devons profiter au maximum de ce Ramadhan pour glorifier le Créateur ». Nasir Oozeer, le fils aîné nous raconte que toute la famille accomplit la Swalat ensemble à la maison, malgré que certaines mosquées accueillent quelques personnes pour les prières. « Nous essayons de faire l’éloge d’Allah au maximum et nous essayons de faire la lecture du Quran quotidiennement », nous dit-il. Pour rompre le jeûne, Nasir nous dit qu’ils consomment tous les traditionnels gâteaux huileux, comme à chaque année.

Zuhayr DHUNNY

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