La famille de la policière Dimple Raghoo réclame justice

La Redaction

2 months ago - Last update:

Le pays tout entier est en émoi depuis que la nouvelle de la mort de la policière Dimple Raghoo, mardi soir, s’est répandue comme une traînée de poudre. La colère est palpable. Et des actions fortes sont attendues.

Un sentiment de révolte et d’injustice anime les Mauriciens. Et encore plus les proches de la Woman Police Constable (WPC) Dimple Raghoo. Mardi soir, la policière affectée à l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) a été froidement écrasée sous les roues de la voiture à bord de laquelle se trouvaient deux présumés trafiquants de drogue, au cours d’un exercice de livraison contrôlée (controlled delivery) sur le parking du Bo’Vallon Mall. Proches, amis, collègues et connaissances n’ont aujourd’hui qu’un souhait : que justice soit rendue à Dimple Raghoo.

Âgée de 38 ans, la policière, qui était affectueusement appelée Vanessa ou Vani par ses proches, comptait 12 ans de service au sein de la police. Issue d’une famille modeste, elle avait six soeurs. Elle avait perdu ses parents alors qu’elle était adolescente. Depuis le décès de sa soeur aînée, emportée par la maladie l’année dernière, Dimple Raghoo était devenue le pilier de
la famille. Elle s’est occupée de sa famille, surtout de ses deux benjamines. Avec son âme de guerrière et sa détermination, elle voulait à tout prix réaliser les rêves de ses défunts parents. Mais le destin en a décidé
autrement.

«Nou bizin lazistis», réclame sa soeur Prima

Ses soeurs sont inconsolables. «Nou bizin lazistis. Sa bann dimounn-la bizin mor, zot pa kone valer lavi enn dimounn. Bizin aret tou sa bann drogerr-la ek zot konplis. Ils méritent une peine sévère. Sa bann kriminel-la pa bizin sape», martèle Prima, la soeur de Dimple Raghoo. Elle soutient avoir perdu plus qu’une soeur. «Li pa ti zis enn ser pou nou dan nou lavi. Li mem ti
pe get nou dan la fami. Li ti kouma enn mama, enn papa», lâche-t-elle avec peine.

Vidoushi Beesoon, une amie proche de la défunte policière, se dit également dévastée. La veille de sa mort, les deux femmes avaient passé la journée ensemble à faire du shopping pour des sessions de prières qui étaient prévues pour ce samedi 28 novembre.

Elle confie que Dimple Raghoo lui avait envoyé un premier message vers 4 heures : «Thank you for always being there for me.» Elle lui exprimait d’ailleurs souvent toute sa reconnaissance pour leur amitié. Vidoushi Beesoon dit avoir reçu un autre message de la policière vers 17 h 05. «Mo avek mo bann collègues la ok», lui avait écrit Dimple Raghoo.

Ce n’est que vers 18 heures qu’elle apprendra que son amie a été victime d’un accident. Vidoushi Beesoon l’avait appelée mais c’est un policier qui a décroché le téléphone. «Li’nn dir mwa pa kapav dir plis, vinn lopital Mahébourg.» Sur place, c’est le choc. Elle apprendra que sa confidente a succombé à ses blessures.

«Elle me manque énormément, il ne me reste que de bons souvenirs d’elle. Nous étions heureuses et toujours ensemble. Vani aimait sa famille, elle prenait la vie simplement. Elle consacrait son temps à la famille, aux prières et partait au gymnase. Elle avait plein de projets en tête, elle voulait acheter un 4×4 et terminer la construction de sa maison», souligne Vidoushi Beesoon meurtrie par le chagrin.

Elle explique que son amie était très disciplinée, que ce soit au travail ou dans sa vie privée. Avant de rejoindre la police, poursuit-elle, Dimple Raghoo avait travaillé comme chauffeur de taxi, pompiste et dans une usine de bière. «Qu’elle intègre la Mauritius Police Force a été le dernier rêve de sa mère qu’elle a pu réaliser. Elle ne prenait jamais de local ou de sick leave. Elle ne méritait pas une fin atroce», lance Vidoushi Beesoon en larmes.

Une autre amie de Dimple Raghoo, Cindy Boncoeur, n’en revient toujours pas. «Mo nepli kapav trouv tou seki pe arive, mo leker pe desire kan mo’nn trouve kouma li’nn perdi so lavi», lance-t-elle. Elle indique que la veille, elle avait croisé la policière à la foire de Mahébourg. «Elle se trouvait dans le transport de service. J’ai déjà travaillé à l’aéroport, on se croisait souvent en chemin.»

De Dimple Raghoo, Cindy Boncoeur gardera le souvenir d’une femme toujours de bonne humeur et pleine de vie. «Son sourire et sa gentillesse resteront toujours gravés en moi, zordi mo leker fermal mo’nn perdi enn kamarad kouma Dimple…»

Le policier Arlanda : «Se enn ser ki mo’nn perdi»

Si le décès de la WPC Dimple Raghoo a profondément bouleversé ses amies, ses collègue sont tout autant affectés, d’autant qu’elle était très appréciée. «Se pa enn koleg, se enn ser ki mo’nn perdi…» a déclaré le constable Benoit Arlanda, de son lit d’hôpital. Il se trouvait avec elle lors de l’exercice de livraison contrôlée qui a mal tourné, mardi.

Il indique que c’est encore flou dans sa tête car tout s’est passé tellement vite (voir plus loin). «Nou ti bizin aret loto-la, nou inn fer nou mie posib me inn ariv sa ka-la. Li bien sagrinan.» Submergé par un sentiment d’angoisse, le policier Benoit Arlanda fait valoir que «li pa fasil perdi enn dimounn dan bann sirkonstans koumsa».

D’autres collègues de Dimple Raghoo parlent d’elle comme d’une femme exemplaire, qui avait l’âme d’un soldat. «Li’nn ale kouma enn héros. Dimple ti enn tifi bien drwat dans so travay, li ti kontan travay ek touzour la kan ou bizin li. Li pa fasil pou trouv li ale koumsa. Li ti devwe dan so travay. Zame li pa per pou desan lor terin. Nirport kot ou met li, li travay zame ou pou gagn kit repros avek li», affirme l’un d’entre eux.

Présent aux funérailles de Dimple Raghoo, mercredi 25 novembre (voir encadré), le Deputy Commissioner of Police (DCP) Choolun Bhojoo, chef de
l’ADSU, n’a pas mâché ses mots à l’encontre des trafiquants de drogue. Il a exprimé sa colère envers les responsables de la mort de la WPC Dimple Raghoo. «C’est une perte inestimable pour l’ADSU. Elle faisait son travail professionnellement, elle était une combattante et était courageuse. Elle est
malheureusement tombée sur le seuil du combat contre la drogue.»

Le patron de la brigade antidrogue n’en démord pas : «Les responsables de cet acte sont des lâches, c’est un acte criminel hautement condamnable et j’espère que justice sera rendue à la WPC Raghoo au plus vite.» Il devait aussi souligner que le combat contre la drogue s’intensifiera.