Roshi Bhadain :la mayonnaise aplatie

La Redaction

2 months ago - Last update:

Il n’y a qu’une seule catégorie de citoyens qui adorent Roshi Bhadain : certains journalistes de radios privées. L’ancien ministre et dirigeant du parti croupion Reform Party est toujours une promesse d’‘informations’ sensationnelles, d’un accueil chaleureux et complaisant de ces journalistes, si bien qu’à la fin des émissions, il quitte leurs plateaux en plaisantant, content de toujours tomber sur des ‘petits gars’ charmants qu’il baratine à souhait. C’est lui qui les entraine dans les complications tortueuses de la finance, là où il veut et sachant avec une certaine délectation qu’ils ne pourront jamais comprendre les méandres de sa spécialité. Mais qu’importe : il est un bon client. Il en est même si ‘bon’ qu’il se fait partenaire d’une certaine radio, en s’asseyant à la table de son reporter pour son grand déballage sur une certaine affaire. C’est, assurément, contre la déontologie, mais Bhadain n’est-il pas un bon client…

‘Ponzi system’
À l’occasion, il arrive même à séduire ses plus grands adversaires. Celle qui a plongée tête baissée dans son jeu n’est autre que cette brave fille de Dawood Rawat, qu’il avait fini par convaincre de son innocence dans l’affaire BAI. Pourtant, tout le monde sait que Bhadain est le grand ordonnateur de cette affaire, et c’est bien lui qui parle de ‘ponzi system’. Lorsque tout le monde se mettra à prononcer ce terme, il ne dira rien. C’est bien lui qui ira s’isoler sur le littoral Ouest pour instruire ce dossier,
alors que ses mandants à Belle-Rose/Quatre-Bornes le cherchent pour obtenir un job au gouvernement. Mais il restera désespérément absent sur le terrain, rétorquant que le dossier lui pompe toute son énergie. Lorsqu’il quitte le gouvernement, ce n’est pas parce qu’il est désaccord avec la manière dont les choses ont été menées dans le dossier BAI, ou parce qu’il
s’émeut d’une injustice à l’égard de la famille Rawat ou des victimes de la Bramer, non rien de tout cela. Pour celles-là, il n’éprouve aucun remords. Il a la conscience tranquille du fonctionnaire zélé qui a accompli du bon boulot, propre et efficace. Il s’en va parce qu’il n’aurait pas obtenu ce qu’il recherchait auprès de Sir Anerood Jugnauth, lequel lui a fait confiance sur toute l’affaire BAI. Parce que Bhadain, et que cela soit dit, après avoir démontré à ses maitres, qu’il peut avoir leur confiance, se sent pousser des ailes. Il a fait le ‘job’ comme un pro au ministère des services financiers, mais là, il lui faut viser plus loin, plus haut. C’est du côté des Finances qu’il
lorgne. Un vrai portefeuille, à la mesure de ses talents, ses ambitions. C’est là qu’il pourra aspirer à une reconnaissance nationale. Mais sur sa route, il y a Pravind Jugnauth, qui connait la démesure du personnage, son côté ego surdimensionné. Bhadain croit en ses bonnes fées et, d’ailleurs, n’a-t-il fait allégeance à Pravind en lui gratifiant d’un baisemain comme le faisaient naguère les courtisans. Le geste, ridicule et d’un autre âge, fera se pouffer les internautes, mais il a le mérite de révéler la vraie nature de Bhadain..

Élection partielle
Lorsque surviendra l’élection partielle à Belle-Rose/ Quatre-Bornes, Bhadain qui y était député, mais a démissionné, pense pouvoir reconquérir son siège. Il sera le premier à ouvrir la campagne électorale, en fanfare, comme
pour marquer les esprits. Il égratigne la classe politique qu’il décrit comme dépassée, alors que lui, jeune, peut pouvoir prétendre incarner les aspirations des jeunes. Donc, il s’entoure d’une armée de jeunots. Mais, sans
culture politique et des habitants de la localité se rappelant de son passé, découvrant son double langage, il est vite abandonné et perd pied sur le terrain. Le MSM-ML, absent dans cette élection, le Labour, en se faisant représenter par un dinosaure en la personne d’Arvin Boolell, n’aura aucune peine à emporter le siège. Mais Bhadain, toujours comme une baudruche, n’aura rien retenu de cette première déconfiture. Aux générales de 2019, il croit enfin arriver à son heure. Cette fois-ci, il s’en va séduire l’électorat de Beau-Bassin/Petite-Rivière. Son Reform Party ayant investi quelques localités de l’ile, il est convaincu que lui-seul est en mesure de passer. Mais plouf, il tombe, dégonflé et cela fait du bruit. Parce que là, il ne peut plus se mentir : ses discours n’accrochent pas, sa défaite confirme que les Mauriciens, dans leur majorité, ne lui font pas confiance et trouvent qu’il manque de crédibilité depuis l’affaire BAI, dont il aurait dû assumer la copaternité.

Frustré et rageur
Dans les rangs de l’opposition, à l’exception de Xavier-Luc Duval, personne ne veut de lui à cause, précisément, de cette affaire qu’il traine comme un boulet de canon. C’est pourquoi, frustré et rageur, il sort ce qu’il présente comme une affaire, le cas Angus Road. Mais comme nous l’avons écrit ici même, ce dossier remonte à la période où les travaillistes étaient au pouvoir et y avaient connaissance. Sans pouvoir lui donner de la consistance. Tout semble laisser croire que l’opposition – mais trop le MMM
-, s’embourbe dans cette affaire. Voilà qu’au même moment apparaissent sur les réseaux sociaux des allégations à caractère racial et anti-seniors, prêtées au Reform Party. Bien entendu, l’affaire est devant la justice, mais il serait très intéressant de connaitre l’identité de ceux qui en sont l’auteur. Petit à petit, la population découvre le drôle de jeu auquel se livre Bhadain, maintenu en vie seulement grâce à la complaisance de certains journaleux des radios privées.