DIALYSE L’insuffisance rénale en croissance 344 de patients de plus qu’en 2013

La Redaction

27 Sep 2019 8:44 - Last update:

UNE ÉPIDÉMIE silencieuse progresse de façon alarmante, et concerne des millions d’êtres humains autour du globe. Comme l’hypertension artérielle ou le diabète, dont elle est d’ailleurs souvent une des conséquences. L’insuffisance rénale chronique dite «terminale» se développe sans signe d’alertePour les cas les plus graves, les seules solutions sont la dialyse ou la greffe d’organe.

À Maurice, le nombre des cas de la maladie est passé de 1,050 en 2013 à 1392 à août 2019. La tendance indique qu’il va continuer à croître par an. Cette augmentation alarmante suit l’épidémie de diabète de type 2 (gras, de la maturité) dans notre population vieillissante. Même si nous sommes malgré cela en dessous de la moyenne africaine, il y a raison de s’en inquiéter. Et, cela coûte cher au pays.
Il est donc urgent de lancer des programmes simples de dépistage. Un tel programme pilote, visant à détecter la présence d’albumine dans les urines (un des signes cardinaux de la maladie rénale) sera déterminant dans cet objectif visant à réduire les nouveaux cas. Il faut également intensifier les programmes de prévention contre l’hypertension, le diabète et l’obésité, qui sont autant de facteurs de risque aboutissant à la maladie rénale chronique. Enfin, il est impérieux que la transplantation des organes (celle des reins dans le cas que nous évoquons) puisse être effectuée à Maurice. En plus de sauver des vies, la transplantation rénale, moins coûteuse que la dialyse, permettrait aussi de réduire le déficit du ministère de la santé.
Il est donc grand temps que la loi sur la transplantation d’organes (Human, tissue removal, reservation & transplant Act) soit promulguée, à Maurice. Elle est passée au vote le 25 mai 2018, mais dans la pratique rien n’a été enclenché. Le gouvernement mise sur la rénovation d’une nouvelle unité, consacrée à la transplantation, à l’hôpital Jawarlall Nehru de Rose-Belle.

Dialyse: un supplice comme cette photo le montre

Service de dialyse à Maurice et à Rodrigues en Avril 2019

Centres de dialyse gouvernementaux

Nombre de patients: 1379
Total des sessions: 17,137

RECHERCHE ACTUELLE :UN REIN À PARTIR DE CELLULES SOUCHES.

La recherche actuelle tente de répondre à une demande croissante d’indépendance, d’économie, d’efficacité et de sécurité. Ce qui constitue le vrai défi face au besoin croissant d’organes, c’est l’élaboration d’un rein à partir de cellules souches. Même si les premiers essais en laboratoire sur des reins d’animaux sont plutôt encourageants, la complexité architecturale et fonctionnelle du rein lance un défi de taille aux prochaines décennies.

La recherche expérimentale se tourne actuellement vers la réalisation d’un rein artificiel à partir de cellules souches injectées dans un squelette rénal fait d’une matrice décellularisée. Le rein est un organe d’architecture et de fonction complexes, constitué de plus de trente types de cellules différentes. Le défi consiste à trouver la technique permettant une injection de cellules souches se répartissant et se spécialisant afin de recréer le parenchyme et l’endothélium rénal.1 Dans les modèles animaux, un «squelette» solide offrant une niche aux cellules souches est (encore) nécessaire pour créer un rein artificiel.

Appareil de dialyse

En comparaison, les feuilles d’un arbre ont besoin d’un tronc et des branches. Le squelette biologique utilisé consiste en une matrice extracellulaire (MEC). Celle-ci est constituée d’un réseau fibreux, composé de protéines, glycoprotéines, carbohydrates, qui offre un support structurel et un environnement indispensable pour la différenciation et la régularisation de la fonction cellulaire. La MEC est obtenue à partir d’un organe par l’injection d’un détergent anionique (par exemple : sodium dodecyl sulfate) par l’artère rénale, lequel tue les cellules. La matrice est ensuite rincée à l’eau distillée hypotonique.Les expériences sur les reins de souris et de cochons ont montré, par cette technique, l’obtention d’un squelette rénal dont l’architecture 3D glomérulaire, tubulaire et vasculaire est conservée.

Enfin, des facteurs de croissance permettent d’orienter la différenciation. Les premières expériences, datant de 2009, ont consisté à injecter des cellules souches par l’artère rénale et par l’uretère. Ces études ont montré une colonisation essentiellement des artères et des glomérules à défaut du réseau tubulaire et veineux. Les cellules injectées montraient une différenciation adéquate correspondant au tissu colonisé. Ces résultats nous montrent que, même si nous sommes encore dans les prémices, l’hypothèse de voir un jour la transplantation d’un rein recréé à partir de cellules souches n’est pas impossible.

Le service de dialyse à Maurice
Bose Soonarane : « Que la transplantation à MauricE devienne une réalité »

Bose Soonarane 

Lors d’une rencontre avec MAZAVAROO, le travailleur social Bose Soonarane brosse un tableau de la situation des dialysés à Maurice. Pour lui, le nombre de patients ne cesse de s’accroître et parallèlement le gouvernement fait des efforts pour assurer que ce service soit de bonne qualité. Toutefois, il souhaite que la transplantation rénale devienne une réalité à Maurice.
D’emblée il a fait l’historique des centres de dialyse en rappelant que jusqu’en 1995, le dialyse était pratiqué par une compagnie privée à Phoenix. Compte tenu du coût élevé, seulement une cinquantaine de personnes pouvaient se faire dialyser. Dans ce sillage, une jeune fille de 15 ans devait mourir par manque de moyen. « Ce fut en 1996 que le gouvernement d’alors décida d’introduire le dialyse dans le public », souligne Bose Soonarane. Si à Maurice entre 11 000 et 12 000 de personnes ont un problème rénal, ce n’est pas toutes qui nécessitent un traitement de dialyse, selon notre interlocuteur.
Selon Bose Soonarane, le service de dialyse « pe rouler». D’ailleurs il y a un nouveau centre qui est ouvert à l’hôpital Dr Jeetoo et l’ex- l’hôpital de Montagne Longue est aussi converti en un centre de dialyse avec 20 machines pour 120 patients ». Il y a également le centre de dialyse de Riche Mare. « Même si ce n’est pas approprié, il existe quand même », souligne le travailleur social.
Dans le même souffle, il a indiqué que certains patients préfèrent se mettre au lit pendant le dialyse, alors que d’autres préfèrent le « dialysis chair ». « Un lit peut être remplacé par trois dialysis chairs », précise-t-il avant d’aborder le risque d’infection par l’utilisation de « catheter ». Selon notre invité, l’autre solution à la dialyse, c’est la transplantation rénale. « Toutefois, le plus gros problème c’est de trouver un donneur qui est compatible au patient », indique-t-il. Selon ses dires, la dernière transplantation avait eu lieu à l’hôpital Jawaharlall Nehru à Rose-Belle deux ans de cela.


Qu’en est-il si un patient doit se faire cette opération à l’étranger ? A cette question, il répond en ces termes : « le gouvernement lui accorde un don de Rs 600 000 pour la transplantation. Toutefois cette somme est nettement insuffisante car le patient doit trouver de l’argent pour payer les billets du donneur et de l’accompagnateur. En plus, il doit trouver des sous pour son logement et surtout pour son temps de récupération après l’opération ». Il évoque à ce stade la « Human Tissue Removal Preservation and Traansplant Act » de 2006 qui, dit-il, n’a pas encore été promulguée.
« Ce n’est qu’en 2018 que l’actuel ministre de la Santé, Anwar Husnoo, a pu constituer le Board relatif à cette loi.», a dit M. Soonarane. Il ajoute que dans le dernier budget, le ministre des Finances a annoncé l’ouverture d’une salle moderne pour la transplantation rénale à Jawaharlall Nehru de Rose-Belle. « Or, selon Bose Soonarane, il y a un manque aigu de chirurgiens dans ce domaine et selon mes renseignements des négociations sont en cours auprès des chirurgiens sud-africains et britanniques pour qu’ils puissent venir en aide aux patients mauriciens. En même temps, un médecin mauricien se rendra sous peu en France pour se spécialiser dans la transplantation ».


Selon Bose Soonarane, le service de dialyse « pe rouler». D’ailleurs il y a un nouveau centre qui est ouvert à l’hôpital Dr Jeetoo et l’ex- l’hôpital de Montagne Longue est aussi converti en un centre de dialyse avec 20 machines pour 120 patients ». Il y a également le centre de dialyse de Riche Mare. « Même si ce n’est pas approprié, il existe quand même », souligne le travailleur social.
Dans le même souffle, il a indiqué que certains patients préfèrent se mettre au lit pendant le dialyse, alors que d’autres préfèrent le « dialysis chair ». « Un lit peut être remplacé par trois dialysis chairs », précise-t-il avant d’aborder le risque d’infection par l’utilisation de « catheter ». Selon notre invité, l’autre solution à la dialyse, c’est la transplantation rénale. « Toutefois, le plus gros problème c’est de trouver un donneur qui est compatible au patient », indique-t-il. Selon ses dires, la dernière transplantation avait eu lieu à l’hôpital Jawaharlall Nehru à Rose-Belle deux ans de cela. Qu’en est-il si un patient doit se faire cette opération à l’étranger ? A cette question, il répond en ces termes : « le gouvernement lui accorde un don de Rs 600 000 pour la transplantation. Toutefois cette somme est nettement insuffisante car le patient doit trouver de l’argent pour payer les billets du donneur et de l’accompagnateur. En plus, il doit trouver des sous pour son logement et surtout pour son temps de récupération après l’opération ». Il évoque à ce stade la « Human Tissue Removal Preservation and Traansplant Act » de 2006 qui, dit-il, n’a pas encore été promulguée.
« Ce n’est qu’en 2018 que l’actuel ministre de la Santé, Anwar Husnoo, a pu constituer le Board relatif à cette loi.», a dit M. Soonarane. Il ajoute que dans le dernier budget, le ministre des Finances a annoncé l’ouverture d’une salle moderne pour la transplantation rénale à Jawaharlall Nehru de Rose-Belle. « Or, selon Bose Soonarane, il y a un manque aigu de chirurgiens dans ce domaine et selon mes renseignements des négociations sont en cours auprès des chirurgiens sud-africains et britanniques pour qu’ils puissent venir en aide aux patients mauriciens. En même temps, un médecin mauricien se rendra sous peu en France pour se spécialiser dans la transplantation ».

Qui est Bose Soonarane ?

Ancien cadre du « Sugar Insurance Fund Board » (SIFB), Bose Soonarane s’est jeté dans le social à sa retraite. Il est membre de la Fédération du volley-ball et actif au niveau de la Fédération du volley-ball et l’union sportive de Beau-Bassin/Rose-Hill. Comment s’est-il retrouvé sur le plan de la santé, plus particulièrement s’occupant des problèmes des dialysés ? À cette question il souligne qu’un ami à lui était sous dialyse et en prenant connaissance des tribulations de son ami, il décida de créer une association pour venir en aide aux patients de dialyse. D’où la mise en place de « Renal Disease Patient Association » en 2006. Depuis, il ne cesse de veiller au bien-être des dialysés à Maurice.

Budget du ministère de la santé :RS 140 millions par an pour leS traitements

Il est bon de savoir que toutes les installations de dialyse à Maurice sont fournies gratuitement par le ministère de la Santé, à tous les patients nécessitant le traitement. À ce jour, 1394 patients sont sous un traitement de dialyse: 1093 dans les 6 hôpitaux publics et 275 dans 6 cliniques privées. Les cliniques privées reçoivent les consommables de dialyse nécessaires pour chaque session de dialyse.Avec le vieillissement de la population à Maurice et compte tenu de la prévalence des maladies non transmissibles, il est estimé que le nombre de patients nécessitant un traitement par dialyse devrait augmenter pour atteindre environ 1 600 patients dans les prochaines années. Parmi les patients en dialyse, 50% sont atteints de diabète et 80% sont des cas connus d’hypertension.Le gouvernment dépense environ Rs 140 millions chaque année pour les services de dialyse. À savoir que cette somme représente uniquement les coûts des consommables et les paiements aux cliniques privées.


90 nouveaux équipementsde dialyse
Avant 2018, 148 appareils de dialyse étaient disponibles dans les 6 hôpitaux publics. Dans les mois de septembre et octobre 2018, le ministère a acquis 60 nouveaux appareils de dialyse, pour un coût total de Rs 20,6 millions et deux nouvelles usines de traitement des eaux pour un coût total de Rs 10,7 millions. 26 de ces machines ont été installées dans la nouvelle unité de dialyse de l’hôpital Dr Jeetoo qui sont en opération depuis janvier 2019. Les 34 machines restantes ont été distribuées dans les autres hôpitaux régionaux pour remplacer les anciennes.

Une action a déjà été lancée pour l’acquisition de 90 nouveaux appareils de dialyse supplémentaires, dont 20 seraient installés dans une nouvelle unité de dialyse à l’hôpital de Montagne Longue. Les 70 machines restantes seraient utilisées pour remplacer celles de plus de 10 anciennes dans tous les hôpitaux régionaux.Conformément à la politique du ministère, les installations de dialyse sont en cours d’agrandissement dans tous les hôpitaux afin d’intégrer pleinement les services de dialyse dans les hôpitaux publics sans avoir recours à l’avenir aux cliniques privés. Une deuxième (nouvelle) unité de dialyse a été mise en place à l’hôpital Dr Jeetoo, qui est opérationnelle depuis janvier 2019.


Nouvelle unité de dialyse à Montagne-Longue
Le ministère de la Santé prévoit une nouvelle unité de dialyse à l’hôpital de Montagne Longue. Elle sera équipée de 20 appareils de dialyse qui pourront prendre en charge environ 110 patients. Les travaux d’infrastructure sont en cours et devraient être achevés d’ici août 2019. Cette nouvelle unité de dialyse à l’hôpital de Montagne Longue devrait être opérationnelle d’ici la fin de 2019. Dans le but de prendre en charge le nombre croissant de patients, des projets d’extension des unités de dialyse existantes sont envisagés dans les hôpitaux SSRN, Victoria et de Flacq.Comme annoncé dans le discours du budget 2019/2020, il existe en sus un projet de nouvelles infrastructures pour la mise en place d’une unité de néphrologie et de transplantation, ainsi que d’une nouvelle unité de dialyse à Jawaharlal Nehru Hospital à Rose-Belle.

La conception de la construction du bâtiment est en cours de finalisation. Actuellement, les patients qui ont des donneurs de rein compatibles sont envoyés en Inde pour subir une greffe de rein. Depuis octobre 2017, environ 30 patients se sont rendus en Inde pour subir une greffe rénale aux frais du ministère. A Rodrigues, l’unité de dialyse de Rodrigues est équipée de 10 appareils de dialyse où 30 patients suivent le traitement.