May 17, 2022
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Recomptage des voix au No.19 ce samedi – Le nouveau verdict des bulletins de vote : confirmation ou annulation de l’élection d’Ivan Collendavelloo ?

C’est ce samedi 29 janvier au GMD Atchia State College à Port-Louis qu’aura lieu le recomptage des voix de la circonscription No.19 pour les législatives du jeudi 7 novembre 2019. Les trois élus de ces élections générales à Stanley/Rose-Hill étaient Paul Bérenger (14 368 voix) et Deven Nagalingum (9 250) du MMM et Ivan Collendavelloo (8 959), leader du Muvman Liberater et chef de file de l’Alliance Morisien. La candidate mauve battue, Jenny Adebiro, était arrivée en quatrième position avec 8 867 voix, soit 92 votes de moins que le troisième. Le nombre de bulletins de vote validés était de 28 169 pour les 38 candidats. Le Returning Officer était le Senior District Magistrate Kevin Moorghen. C’est à l’école Notre Dame des Victoires RCA à Rose-Hill que les vainqueurs avaient été proclamés. Au terme de ces résultats, l’ancienne présidente de l’aile féminine du MMM avait logé une pétition devant la Cour suprême pour demander un recomptage des voix à la suite de certaines irrégularités.

Lors de leur jugement, le vendredi 21 janvier, les juges Denis Mootoo et Aruna Devi Narain ont ordonné au Master and Registrar de la Cour suprême de procéder à un recomptage des voix après que la commission électorale a concédé qu’il y avait des anomalies. Interrogé le mercredi 12 janvier par l’avocat de Jenny Adebiro, Me Gavin Glover, le Deputy Chief Electoral Officer, Darmajai Mulloo, devait affirmer qu’il y avait eu des irrégularités dans les counting rooms, où seuls, selon les règles, 1 200 bulletins doivent être dépouillés à la fois. Mais dans certaines salles, il y en avait 1 224 ou encore 1 226. C’est l’Acting Master and Registrar Wendy Rangan, ancienne Senior Magistrate à la Cour intermédiaire, qui aura la responsabilité de superviser le « recounting » ce samedi 29 janvier au collège d’État GMD Atchia sis près de l’hippodrome du Champ de Mars. Une certaine effervescence, une ambiance électorale du jour des résultats même, y prévaudra.

Anomalies dans 18 salles de comptage sur 25

C’est le lundi 10 janvier que la commission électorale a soumis aux hommes de loi de la plaignante un document (voir capture d’écran) sur lequel elle concèdera qu’il y a eu des anomalies contre le principe du décompte des voix quand chaque salle de classe reçoit 1200 bulletins de vote pour l’exercice de comptage. Or, ce chiffre n’a pas été respecté dans 18 des 25 salles et le nombre n’était pas divisible par trois, trois étant le nombre des voix qui rend valide un bulletin de vote.

Si Jenny Adebiro avait mis plus d’emphase dans sa plainte de 24 paragraphes sur le Computer Room où il y aurait pu y avoir maldonne, le bureau de Irfan Rahman, commissaire électoral, a nié ces allégations. «Les salles informatiques n’ont jamais servi à compiler les chiffres. La compilation s’est faite par le Returning Officer sur un document intitulé recapitulative sheet qui dévoile le nombre de voix obtenu par chaque candidat dans chacune des 25 salles de classe où a lieu le ‘counting’.»

Dans sa plaidoirie en 2021, la Commission Electorale avait expliqué que 15 salles de classe avaient obtenu chacune 1200 bulletins pour le comptage et dans 9 classes, le nombre s’élevait à 1100. Quant à la 25e salle de l’école Notre Dame des Victoires RCA, les fonctionnaires de service devaient compter seulement la différence, soit 445 bulletins. Selon Me Gavin Glover, dans trois cas, soit les salles 7, 10 et 11, on aura comptabilisé plus de bulletins que le nombre remis.

Chronologie

Le 8 novembre 2019, jour du verdict des urnes, c’est le suspense qui règne à la rue Maurice Curé à Rose-Hill. Les partisans y attendent en masse alors qu’à l’intérieur de l’école Notre Dame des Victoires RCA se joue la troisième place entre Ivan Collendavelloo et Jenny Adebiro. Moins de 100 voix les séparent.

Vingt jours plus tard, la candidate battue du MMM saisit la Cour suprême et demande dans sa pétition électorale un nouveau décompte des voix en soutenant qu’il y a eu plusieurs irrégularités.

Le 23 décembre 2019, Ivan Collendavelloo contestera cette plainte, demandant à la cour de la rejeter. En novembre 2020, l’ancien DPM aura gain de cause quand certains paragraphes de la plainte seront rejetés. L’année suivante, quand l’affaire se poursuivra, d‘autres demandes de l’une et de l’autre partie ne seront pas prises en compte. Parmi on notera des motions de Jenny Adebiro pour obtenir des documents de la commission électorale et celle d’Ivan Collendavelloo pour qu’un siège de Best Loser lui soit alloué si la Cour suprême comptera aller jusqu’au bout avec la pétition de la plaignante.

Le rideau sur cette pétition électorale est tombé il y a quelques jours avec l’aveu d’Irfan Rahman à l’effet qu’il y a eu des incohérences d’où la décision de la Cour suprême d’ordonner un ‘recount’. Les juges Mootoo et Narain, après avoir blâmé la commission électorale dans leur jugement, ont demandé au Master and Registrar de s’assurer que le recomptage des voix se déroule en présence de la pétitionnaire, Jenny Adebiro, d’Ivan Collendavelloo, du commissaire électoral, du Returning Officer et des officiers de la commission électorale, en vertu des règlements 39 (5) des National Assembly Elections Regulations 2014.

Pour une institution crédible et souvent sollicitée par des pays étrangers pour son efficacité et son expertise, la question qui se pose dans le cas qui nous concerne est : qui a fauté ? La faute étant grave et inacceptable, il faut situer les respon- sabilités une fois que le nouveau verdict tombera. Si bien sûr le commissaire électoral ne s’est pas déjà mis à la tâche quand l’on sait les allégations et les imputations sur la tenue des dernières élections générales qui font toujours écho sur la toile et dans les médias.