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Jamais l’ile Maurice n’avait connu un tel challenge dans son histoire post-indépendante : la réouverture complète de nos frontières laisse espérer le retour des jours meilleurs, tant l’absence de touristes à Maurice a traumatisé les Mauriciens de par la contribution à environ 25 % du secteur du tourisme à notre PIB. Le tourisme n’est pas important pour ces seules recettes, il reflète parfaitement la vocation historique de l’ile et en raison de la présence de dizaines de milliers d’étrangers sur notre sol chaque année, il influe sur notre comportement culturel et dicte, en même temps, à nos décideurs de se conformer à des normes internationales dans tous les secteurs d’activité.

Sans forcément se positionner dans une vision euro centrée de notre développement, force est d’admettre que l’édification de notre secteur du tourisme – sans oublier le secteur sucrier et la manufacture -, dans une large mesure a contribué à mettre l’ile Maurice sur la carte mondiale et attire les milliardaires de par le monde. À ce moment-là, le reste a suivi, afin de faire de l’ile un endroit bon à vivre et à investir. C’est le seul secteur d’activité qui met l’étranger en contact direct avec toutes les composantes de notre communauté, du serveur au maitre d’hôtel en passant par les employées des chambres, les barmen ou encore les ‘entertainers’. C’est à leur contact que les étrangers-touristes se font une idée de l’ile Maurice profonde, de la richesse de notre diversité ethnique, de notre sens de l’hospitalité.

Potentiels investisseurs

C’est à travers ses brins de conversation avec ce personnel de nos hôtels que l’étranger échange avec ses proches à son retour à Paris, Londres ou Milan pour éventuellement les intéresser, à son tour, à venir séjourner à Maurice. Mais ces derniers peuvent aussi être de potentiels investisseurs qui ont besoin d’informations empiriques pour compléter celles qui émanent des experts et autres conseillers en investissements qui, eux, n’ont pas ces ‘détails’. L’essor du secteur du tourisme mauricien a toujours été au service de celui de l’ile, avec l’apparition des activités de sous-traitance prospérant au fur et à mesure que les arrivées touristiques multipliaient. On peut citer à titre d’exemple bungalows, restaurants, taxis, fleuristes, chambres d’hôtes, magasins, artisans, coiffeuses et autres marchands de plage. Les touristes réunionnais, plus habitués des foires et plages, font eux le bonheur des ‘guest houses’. Les effets multiplicateur du tourisme sont énormes et, au même moment, donnent une indication des réalités sociales, économiques, écologiques, démocratiques de Maurice et partout où ce secteur participe à l’économie. Car c’est le seul secteur qui fait venir le plus grand nombre d’étrangers à Maurice et dans une diversité ethnique et sociale sans aucune autre comparaison.

Adhésion et satisfaction C’est un échantillon qui permet aux analystes économiques et sociaux de mesurer le taux d’adhésion et de satisfaction des étrangers dans leur diversité à nos propres choix économiques, démocratiques et écologiques. Même si nos gouvernants ne sont pas tenus de privilégier leurs opinions à celles des Mauriciens, les étrangers sont parfois porteurs d’enseignements qui ne nous semblent pas flagrants au premier regard. C’est surtout dans le domaine de la préservation de l’environnement que le regard du touriste nous a éveillé à la problématique de l’environnement. Dans le cas d’un petit état insulaire en développement (PEID), celle-ci se pose de manière cruciale à la pérennisation de notre diversité écologique au même moment que se développe le secteur du tourisme, appelé par ailleurs, à se diversifier pour retrouver ses parts de marché perdus à cause de la pandémie. Or, la pression exercée par les demandes sur ce secteur pour sortir de la période pandémique peuvent tout aussi produire des efforts non-désirables. Même si le tourisme est souvent présenté comme un secteur de croissance prometteur pour le développement des PIED, et à Maurice, il a été démontré depuis son essor dans les années 90, qu’il a offert de rares opportunités de diversification.

Pratiques environnementales saines

Ce développement, où l’accent est de plus en plus mis sur le respect des pratiques environnementales saines, implique d’embarquer des sous-secteurs comme l’agriculture et la restauration. L’interdépendance de ces activités et leur location dans une même région sont aussi l’affaire des habitants de celle-ci, dont de nombreux d’entre eux dépendent de l’activité balnéaire dans leur proximité. Si cette interdépendance est correctement intégrée dans les plans nationaux de développement, il peut contribuer à la progression de toutes les activités liées au tourisme dans les principaux secteurs de l’économie : l’agriculture, la pêche, l’industrie et les services.

Il faut à tout mettre se mettre au plus haut d’accueil avec cette perspective d’accueillir quelque 300 000 touristes à décembre 2021. À ce jour, les grands groupes hôteliers ont déployé les grands moyens pour être à la hauteur de ce défi, avec de surcroit un focus très fort sur le respect des normes environnementales. Il reste à savoir comment ces équations seront à même de convaincre ces quelques milliers de visiteurs qui auront aussi pour mission de jouer aux ‘ambassadeurs’ de notre tourisme.

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