Shakeel Mohamed avoue n’avoir plus d’ambitions…

La Redaction

1 month ago - Last update:

Shakeel Mohamed forte tête du Parti travailliste, aime donner de la voix comme un grand défenseur de la démocratie et de la moralité en politique et parfois comme un dénonciateur [selon lui] des injustices dont subit la communauté musulmane. Grâce à son verbe musclé et son éloquence impeccable, il a marqué de toute son empreinte les travaux de l’Assemblée Législative depuis 15 ans.

Depuis des semaines, SM ne se signalait que sur Facebook. Raison: le député du no.3 s’était octroyé des vacances avec toute sa famille en France, chez ses beaux-parents. Des jours de farniente mérités qui l’a requinqué, sauf qu’au niveau des ambitions le petit-fils de Sir A. R. Mohamed avoue avoir perdu en cours de route cette fureur d’aspirer au sommet du parti travailliste. Dans un entretien avec une radio privée le 10 septembre, il concède n’avoir plus d’ambitions pour quoi que ce soit qui puisse s’apparenter à un leadership, à un “deputy PM” ou une place sur le Front Bench. C’est du moins ce qu’on a pu disséquer dans ses propos.

D’ailleurs, la plupart des auditeurs qui réaigissait en ligne et à l’antenne adjoignait aux qualités du député celle de leader. Ce même sentiment est noté sur Facebook, mais S. Mohamed n’en démord pas.

Corrélativement, une telle baisse d’intensité dans ses options de premier ordre aurait dû provoquer, susciter chez ce brillant politique un langage sans filet, des réactions tranchantes. Paradoxalement, alors qu’il nourissait des ambitions avant, c’est dans ces moments-là qu’il tirait sur Navin Ramgoolam pour l’exhorter à céder le leadership du Ptr. Aujourd’hui, plus préci- sément dans cette interview, SM prend la défense de l’ancien PM et approuve totalement l’idée que le Ptr devra aller aux prochaines élections sous la direction de NCR.

Ce virage à 360° crée la sensation. Car, retenons son dernier voeu pour le départ de Navin, en février dernier, quand il déclarait à Radio 1 sur la question du leadership de Navin Ramgoolam, qu’il pensait toujours qu’il faut du sang neuf au Parti travailliste. Il se disait même prêt à se sacrifier personnellement, s’il le faut.

« J’étais un des premiers à suggérer le départ de Navin Ramgoolam après la défaite de 2014. Je n’ai toujours pas changé d’avis. Il faut y avoir un changement de leadership au Ptr. C’est beaucoup plus urgent de changer la façon de gérer le pays et il faut donner à la population ce qu’elle veut. Je pense que je suis prêt à me sacrifier si ça aide à l’avancement du pays. » avait avancé Shakeel Mohamed.

Si S. Mohamed est impitoyable quant à une alliance avec le MSM, insistant sur son éloignement dans une telle perspective, il doit savoir que le souhait qu’il fasse faire le CAM (le Comité d’Action Musulman de son grand-père) renaître de ses cendres, se renforce sur FB. Un certain partisan sous le pseudonyme de “Eddy ptb” sur FB lancait ceci au député rouge pour son retour à Maurice en août dernier: << Shakeel mo espéré to fine passe un bon moment en famille et beau famille , je souhaite to faire plein énergie et ki to arrivée convaincre des membres PTR de lâché ce leader Navin Ramgoolam et commence un nouveau projet avec des personnes capables à sauter le pas et qui on linterets du pays pas du leader du. Parti. Pourquoi pas lever l’honneur de tes grand parents le parti CAM.>>

Mais, l’interview de Shakeel sur Radio Plus ne laisse planer aucun doute à ce projet surréa- liste. Déjà huit mois de cela, il répondait à un appel semblable par << c’est le wishful thinking de certains…Je ne suis pas quelqu’un qui va back off pour faire plaisir à certains.>>

En vérité, s’il y a deux hommes chez les rouges qui recueillent une adhésion populaire incomparable, ce sont Arvin Boolell et Shakeel Mohamed. À force de se battre pour un meilleur statut eu égard à leur valeur, Arvin et Shakeel ont compris ce qu’il fallait comprendre: rien ne sert d’espérer, de persister.

Pour conclure, fustigeons l’attitude moribonde d’une tête d’oeuf, un certain Nazir de Providence qui, loin de la circonscription de S. Mohamed, a soi-disant ressenti les états d’âmes des habitants de la Plaine-Verte. Pour dire que ces mandants étaient soumis au régime de la zone rouge tandis que SM était à l’étranger en pleine détente.

À la décharge de Shakeel, il serait juste de dire qu’il n’avait rien à se reprocher. Il ne pouvait pas savoir à l’avance que les autorités allaient imposer des restrictions de mouvement aux résidents. Et, puis il a coordonné avec son collègue Eshan Juman lequel a tout fait pour être solidaire de leurs mandants et leur procurer le support nécessaire.