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Le 25 novembre dernier la journée internationale contre la violence eu égard des femmes a été observée. Plusieurs activités avaient été organisées dans ce contexte, dont une marche pacifi que dans les rues de la capitale ainsi qu’une réfl exion sur les mesures à prendre pour éradiquer ce problème. Pour Ambal Jeanne, directrice de SOS Femme, ce phénomène de violence contre les femmes n’est pas un problème d’ordre légal mais c’est avant tout un problème sociétal. Elle est d’avis que l’agresseur est malade et il doit suivre une thérapie. Disons d’emblée que même le Premier ministre, Pravind Jugnauth, est d’avis que celui qui aggresse une femme est malade. “Il doit suivre une thérapie”, a-t-il dit dans son discours de circonstance dimanche dernier à Octave Wiéhe à Réduit.

Il va encore plus loin en disant qu’un home qui agresse une femme est semblable à un animal. Pour Ambal Jeanne, les facteurs qui entraînent la violence domestique sont, entre autres, l’adultère, l’alcool, la drogue ainsi que la belle famille. “Nous vivons dans une société patriarcale”, nous dira la directrice de SOS Femme. Elle est d’avis que même si les lois sont renforcées, c’est son application qui pose problème.

Notre interlocutrice est d’avis que les magistrats doivent avoir une formation car ils doivent avoir le logiciel nécessaire pour protéger les victimes dans leurs droits. “Vivre sans violence est le droit fondamental des victimes”, souligne-t-elle. Elle ajoute que le magistrat a le pouvoir discrétionnaire de protéger les victimes en émettant, par exemple, un ordre d’occupation. Cet ordre implique que l’agresseur doit quitter la maison pour une longue période. “Très souvent le magistrat n’est pas sévère dans son jugement”, ajoute Ambal Jeanne. Elle se demande comment l’agresseur peut rester au chaud alors que la victime doit traîner les rues avec ses enfants pour rechercher de la protection.

Social Court for Domestic Violence

Elle rappelle qu’à la première off ense l’agresseur doit payer une amende de Rs 50 000 avec une peine d’emprisonnement ne dépassant pas une année. S’il récidive, l’amende passe à Rs 100 000 avec une peine d’emprisonnement ne dépassant pas deux ans. Si l’agresseur est à sa troisième off ense, il sera tout simplement emprisonné pour une période de cinq ans. “Or comme vous voyez la loi est là, mais elle n’est pas appliquée”, dit-elle. Dans la pratique, on note que la Cour émet tout simplement une protection order. “Cet ordre de protection est rarement respecté”, nous dira Ambal Jeanne avant d’ajouter que même les policiers ne collaborent pas avec les victimes.

Elle est d’avis que les policiers ont tendance à agir comme des temporisateurs en disant aux victimes de rentrer chez elles. “Tel n’est pas leur rôle”, avance-t-elle en soulignant que les policiers doivent avant tout agir avec autorité contre les agresseurs. Dans un autre ordre d’idées, notre invitée souhaite qu’il y ait une Social Court for Domestic Violence. Et que la thérapie devienne obligatoire pour les agresseurs. Selon Ambal Jeanne il existe des centres de thérapie pour les agresseurs. “Son état d’esprit doit changer”, insiste notre interlocutrice en soulignant qu’ils doivent suivre une rééducation.

Mais elle avoue que le pays n’est pas doté d’expertise dans ce domaine. Elle est d’avis que tout doit commencer à la maison en accordant de traitement égal aux fi lles et aux garçons. “Il ne faut pas que seule la fi lle doit apprendre à faire les ménages alors que les garçons sont laissés libres à ne rien faire. Ambal Jeanne lance un appel aux fi lles de ne pas s’engager dans une relation tête baissée. « La fi lle doit se demander qu’adviendra sa liberté après le mariage ou encore comment agira son conjoint à l’égard de ses amis et de ses parents ». Quant au ministère d’Egalité de Genre et du Bien-Être de la Famille, il existe également la Family Welfare & Protection Unit qui à travers ses six Family Support Bureau (FSB) s’occupe de la question de violence domestique.

A noter que de janvier à septembre de cette année, 1 495 cas de violence ont été enregistrés. Les six FSB se situent dans les régions suivantes : Goodlands, Flacq, Port-Louis, Phoenix, Bambous et Souillac. Le ministère, selon Navin Taukoordass, coordonnateur au sein dudit ministère, s’opère de trois manières. D’abord à travers le Hot Line 139 qui est disponible 24/7. « Je dois signaler qu’auparavant il y avait qu’une seule ligne disponible. Or depuis mars de cette année-ci, nous avons quatre lignes disponibles auprès de notre Integrated Support Centre à Phoenix. En collaboration avec le Mauritius Telecom, quatre personnes peuvent simultanément parler de leur problème respectif ».

Perpetrator’s Rehabilitation Programme

Autre façon que s’opère le ministère c’est à travers des contacts au niveau des hôpitaux, de la police ainsi qu’auprès des Organisations non-Gouvernementales (ONG). Ou encore des cas qui sont rapportés par des voisins proches des victimes ou des membres de leurs familles qui favorisent l’anonymat. « Au sein de ces FSB, y sont attachés un Welfare & Protection Offi cer, un Family Counselling Offi cer ainsi que des légistes et des psychologues », souligne Navin Taukoordass avant d’ajouter qu’il existe aussi une équipe qui fait de suivi au niveau de la Cour. Autre façon de procéder du ministère : il y a un réseau de contact établi dans diff érentes régions à travers l’île.

Des sessions de causeries sont aussi organisées régulièrement en établissant contact avec des ONG ou encore avec des chefs religieux. Quant aux agresseurs, notre interlocuteur souligne que le ministère est d’avis qu’ils ne peuvent pas être laissés à leur sort et qu’ils doivent être pris médicalement en charge. « Le ministère est d’avis qu’un Perpetrator’s Rehabilitation Programme doit être introduit pour venir en aide aux agresseurs ». Il concède toutefois qu’il n’existe pas d’expertise dans ce domaine et qu’il incombe à tout un chacun d’apporter son soutien à cette campagne de non-violence envers les femmes.

Il y a aussi le « Man as caring partners project », dont l’objectif est d’impliquer les hommes dans cette campagne contre la violence contre les femmes. Le ministère a aussi établi une liaison avec les responsables des ressources humaines des ministères ainsi que ceux du secteur privé. « De bouche à l’oreille, les responsables des ressources humaines fi nissent par savoir qui de leur personnel souff re d’un problème de violence domestique. Ainsi, par le biais de ce procédé, nous arrivons à en prendre connaissance des cas et cela nous permet d’intervenir rapidement », nous a enfi n dit Navin Taukoordass. Ali SAYED-HOSSEN

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