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Tous les moyens sont bons pour obtenir une investiture aux prochaines élections. Tout ce qui est nécessairement immoral devient moralement nécessaire. Inutile de se demander si notre homme a encore une certaine morale. Eshan Juman a été aux trousses de son leader depuis des mois pour décrocher un ticket, après avoir découvert que les défauts de ce même chef étaient contagieux en 2012, endossant du même coup le maillot orange. Son investissement a porté ses fruits. À quelques jours du Nomination Day, c’était Ashraf Dulull qui lui était préféré par Navin. Finalement, c’est Shakeel Mohamed qui a eu le dernier mot, avec sa menace que si E. Juman n’obtenait pas de ticket, il refuserait de se porter candidat. Sous le poids du chantage, Navin a souvent cédé et la salve de Shakeel a atterri plein dans le mille.

Il va de soi que l’homme d’affaires avait dépensé sans compter, patronnant les fêtes, rassemblements et autres remises de prix. Même le leader , quand il était accosté par des gens pour un support financier, leur lançait laconiquement : « alle guette Eshan ». Donc, il aura fallu que les contributions d’Eshan Juman soient très lourdes pour que Navin Ramgoolam prenne le risque de lui accorder un ticket, en rapport avec sa condamnation pour pot de vin. Car, dans le passé Ramgoolam si méfiant et si intraitable face à certaines culpabilités n’aurait jamais accepté qu’un candidat condamné pour corruption soit aligné dans une élection.

Il est de bon ton de rafraîchir la mémoire d’Eshan Juman, propriétaire du Sunday Times. A-t-il oublié qu’il fut condamné pour avoir offert un pot de vin à un policier en 2007 ; alors qu’il assumait les fonctions de Lord-Maire adjoint de la capitale? Pour rappel, le code pénal d’un état démocratique stipule ainsi la corruption active: « lorsqu’une personne physique ou morale obtient ou essaie d’obtenir, moyennant des dons, des promesses ou avantages, d’une personne exerçant une fonction publique, qu’elle accomplisse ou retarde ou s’abstienne d’accomplir ou de retarder un acte de sa fonction ou un acte facilité par elle ; le tiers reçoit le nom de corrupteur. » Et, l’indicateur le plus explicite de la trahison de la confiance citoyenne est la corruption.

Eshan Juman interjeta l’appel contre le jugement qui l’avait condamné à un mois d’emprisonnement. Le 17 novembre 2016, le juge Pritviraj Feknah (qui est décédé en août 2019) maintient la condamnation, peine qui fut commuée en 60 heures de services communautaires. E. Juman avait plaidé coupable sous les charges (I) d’utilisation de l’écouteur de son portable au volant , alors qu’il conduisait (II) étant incapable de produire sa licence ou une copie.

Selon la version d’Eshan Juman, le PC Jawaheer lui avait demandé de l’argent et il refusa de céder à sa tentative de corruption. En bref, pour E. Juman l’accusation du PC Jawaheer était une pure fabrication ; selon ses dires, c’est le PC Jawaheer qui lui aurait dit : « ki geste ki kapav faire ». Il rejeta l’acte d’accusation d’avoir offert un pot de vin à un officier public dans l’exercice de ses fonctions.

Quant au PC Jawaheer, il rétorqua que E. Juman lui avait parlé en ces termes : « mo bourgeois prend sa rs.100 la pou ou », Sans la moindre hésitation, il informa au contrevenant qu’il était en train de corrompre un officier de police. Le juge arriva à la conclusion que le PC Jawaheer ne connaissait pas l’accusé et il n’était pas plausible d’affirmer qu’il aurait retiré de sa propre poche un billet de rs. 100 et aurait prétendu que cet argent lui fut remis comme pot de vin par E. Juman. Le juge estima que l’acte d’accusation reposait sur des faits suffisants pour justifier les conclusions de culpabilité. Ainsi, l’appel d’Eshan Juman fut rejeté.

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