June 28, 2022
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Opinion

Chassez Navin et il revient au triple galop

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Navin Ramgoolam l’avait échappé belle aux petites heures du matin, à Bel Air, face à une foule déchaînée (l’exaspération ayant atteint son paroxysme avec la requête de Navin pour un recomptage des votes). Même ses gardes du corps avaient déserté les lieux, pour preuve NCR fut esseulé sur les photos et vidéos. Une semaine après, il n’avait pas décoléré et refusa même de serrer la main d’un de ses hommes forts le 15, après son acquittement. Nous élaborons sur ce fait tumultueux pour mieux saisir l’ensemble des péripéties le concernant, d’autant que N. Ramgoolam n’a pas baissé les armes et revient en force à la tête du PTR.

Le parti avec ou sans Navin, les raisonnements vont bon train quant à l’impact des deux possibilités. Nous reviendrons sur les perspectives auxquelles le PTR devrait faire face, eu égard à ces deux états opposés. Mais, notre souci premier est ce que pourrait bien être la faiblesse du fonctionnement démocratique du parti pour que son leader se retrouve à si bon compte, à chaque fois. Il est évident que l’accaparement et la confiscation des appareils du parti par un seul homme est légion chez les rouges. Il y aura certes un leadership bicéphale, Arvin Boolell au parlement et NCR en dehors.

Ces deux personnalités pourraient-elles cohabiter ? Nous ne voyons aucun obstacle à ce que Navin Ramgoolam maintienne son emprise. Car, de surcroît, Arvin n’est pas homme à chercher noise à partir avec son leader historique. Les années qui passent, très vite, ne font pas du bien à A. Boolell. Physiquement et stratégiquement, il n’est pas apte à renverser la vapeur. Qu’est-ce qu’un Arvin moins loti, à bien des égards, pourrait-il réussir aujourd’hui dans ce cadre strict de leadership ; alors qu’il a échoué quand il était au summum de sa carrière politique ? Franchement, il lui reste peu de choses pour relever un tel défi.

Tout comme les musulmans de la capitale, habités par une candeur naïve et pouvant ainsi trouver moyen, chaque jour que Dieu donne, de croire en ce Dr Navin et Mister Ramgoolam, les Anil, Roger et Reshad, membres du PTR sont logés à la même enseigne, en ce qu’il s’agit de leur attachement et confiance.

Il est fort, très fort pour demeurer à la tête ce Navin Ramgoolam. Pourtant, Il ná pas cessé d’enchaîner les mensonges, battus et rebattus, ajoutant une fanfaronnade à une autre. Pour la bonne bouche, savourons ceci: “ Tant kimo la, ou pe na pou per”. Sans blague! Même les ‘navinolâtres’ au dernier degré, les pures ‘rouges’ ayant entendu cette phrase, à longueur d’une décennie et demie, ont dû se dire que leur héros poussait le bouchon un peu loin…Tout Navin est dans cette scène, la posture matamore. Le discours dopé à la mégalo. Et ce lien si distendu qu’il entretient avec la vérité, qui en fait un spécimen si singulier dans notre paysage politique. Si on aurait soumis les politiques à un “bobardomètre”, censé mesurer le niveau de mensonges, il aurait tué le concours. On le dit fatigué, dans le doute, mais le flot des bobards, lui, reste aussi tumultueux qu’aux plus belles heures.

Chiffres bidons, récits héroïques, citations inventées de toute pièce pour rallier l’adversaire, il raconte la politique comme on raconte une histoire. Et l’histoire, dont il est immanquablement le héros, doit être belle, l’adversité diabolique, l’issue glorieuse. L’outrance est la norme, les suiveurs adorent. Et comme il se moque comme d’une guigne d’être corrigé par la presse, il remettra le couvert le lendemain. Ça fait des années que ça dure. Beaucoup des bobards entendus ces dernières semaines fêteront bientôt leurs 28 ans. Quand ce n’est plus des promesses, c’est carrément du roman; Jouez au Navin Bingo: Navin, mais pourquoi ment-il et fait-il de fausses promesses autant?

Depuis 28 ans qu’il existe en politique, il est une mine d’intox à ciel ouvert. Un oiseau rare. Un objet d’étude sans nul autre pareil. Son art du ‘story telling’ est inimitable. Rogner les mérites des autres, grossir les chiffres ou rabioter les statistiques. La singularité de Navin n’est pas seulement sa capacité à fabriquer du bobard. Elle réside dans sa capacité à les répéter, sans aucun scrupule, sans tenir compte (jamais) du fait que la presse, l’adversaire et le public ont apporté la preuve du bobard de la veille. Une majorité des hommes politiques ont le mensonge honteux. Au moins un peu, sur les bords. Si ce n’est par vertu, au moins par désagrément d’être confondu. Pris en flagrant délit, ils se justifieront avec parfois des trésors de mauvaise foi s’ils y sont obligés. Mais, la fois d’après, ils hésiteront à y revenir, ou se corrigeront un peu. Navin Ramgoolam jamais.

Nous ne finirons jamais d’écrire sur Navin Ramgoolam, au risque de paraître méchants à son égard. Mais, à 72 ans, il ne changera pas et le parti aussi.

A.Raschid Meerun

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