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Ces candidats de l’alliance PTr-MMM avaient la quasi-certitude que leur élection serait un jeu d’enfant en 2014, après non seulement leur walk-over en 2010, mais aussi la conclusion de l’alliance PTR-MMM perçue comme imbattable. En 1995, cette même union s’était achevée en apothéose, un 60-0 nette et sans bavures. Mais, en 2014, l’électorat en décida autrement, à leur grande stupéfaction.

Rashid Beebeejaun laissé pour compte

Donc, 5 ans de cela, Navin Ramgoolam avait eu quelques mots pour ceux qui n’avaient pas eu de ticket, car ils ont dû être sacrifiés dans le cadre de l’alliance rouge-mauve. «Ou bizin pans ou parti. Ou bizin pans bann valer du parti », avait-il soutenu. L’absence du Deputy Prime Minister et du Deputy Leader du PTr, Rashid Beebeejaun sur l’estrade, ne passa pas inaperçue, comme pour confirmer, si besoin est, l’ingratitude avérée. Nous reviendrons dans une autre analyse sur ce coup de pied de Navin à R.B et comment ce même Docteur a tout oublié de son humiliation pour accepter ce cadeau empoisonné provenant du président de la République.
Pas plus tard qu’hier, le leader des rouges retirait de son tiroir poussiéreux la même rengaine pour contenir les frustrés, à qui il avait promis des tickets : « bizin kapav fer sacrifices si ou envi ressi dan politik. Pa ve dir ki si monn dir zott alle lor terrain, sa ti enn garanti ki zott pou candidat ». Il faudrait être un Navin même pour avoir cette mauvaise conscience et l’impudence d’apaiser les aspirant candidats laissés pour compte, avec des attentions calculées ou de petites flatteries. Ceux qui n’ont pas été retenus, surtout ceux qui ont investi de grosses sommes en se dépensant sur le terrain et dépensant depuis leurs poches, à la requête interminable de leur « leader », devraient interroger celui-ci : en quoi pourraient-ils être moins capables que ces têtes d’œuf du passé, inutiles et sans influence, rejetés honteusement par l’électorat en 2014 ?
Pour mieux comprendre ce que ces candidats, malmenés aux urnes il y a 5 ans, valent aujourd’hui, précisément des moins que rien, et pourquoi ils demeurent dans les bons carnets de Navin, faisons une rétrospective de leurs résultats catastrophiques en 2014. Des votes méprisants et méprisables infligés par les mandants, comme un signe irrémédiable d’avoir la décence d’arrêter leur soi-disant carrière.

La première défaite politique de Ramgoolam fut en 2014

Pour commencer, l’électorat du no.5 (Pamplemousses- Triolet) se débarrasse du lion. Personne ne s’attendait à ce que Navin Ramgoolam soit complètement atomisé dans son propre bastion, et de manière si brutale. Le Premier ministre sortant était le premier étonné, lui qui au début de la journée du dépouillement, se disait encore confiant dans la victoire. Avec 20 093 voix, le leader du PTr n’avait aucune chance de se faire réélire. L’écart entre lui et le troisième candidat élu de l’alliance Lepep, Sharvanand Ramkaun, était beaucoup trop important : plus de 3 000 voix l’éloignaient Navin de celui-ci. Navin Ramgoolam en était à sa première défaite politique depuis son baptême en 1991. Un coup qui restera, sans aucun doute, gravé dans l’histoire.

Patrick Assirvaden : Assirvaden termine à la 6eme place.

Sa marionnette de président du parti, Patrick Asirvaden subissait, lui-aussi, une bonne raclée. Pour les membres de l’Alliance Lepep, ce n’était pas une surprise. Ils prévoyaient qu’il ne tiendrait pas la route face à Xavier-Luc Duval. Patrick Asirvaden récolte plus de 10 848 voix, et termine à la traîne de ces candidats de grands partis, en sixième position. En d’autres temps et dans une autre démocratie, il serait condamné à démissionner comme Président (du PTR). Mais, le béni-oui-oui de Harish Boodhoo est toléré par Navin et reste à son poste. Dans le pur style de « qui se ressemblent s’assemblent ».

Rama Sithanen essuie un court échec

Rama Sithanen, celui-là même qui avait pronostiqué un 60-0 pour L’alliance PTr-MMM, la défaite de l’alliance eut un double effet. Non seulement, l’alliance rouge-mauve n’avait pas résisté à la vague de Lepep, mais en plus, au n° 13, circonscription dans laquelle il s’était porté candidat, il essuie un court échec, mais un échec qui lui donnait un signal fort de ne plus rappliquer.
Durant la campagne électorale, les activistes n’avaient pas manqué de faire ressortir l’arrogance de celui qu’ils soutenaient. Rama bouclait sa course avec 11 727 voix, derrière Soondrassen Murday de l’alliance Lepep, qui en a recueilli 11 931. Mais au final ce sont Maneesh Gobin (13 474) de l’alliance Lepep, Zouberr Joomaye (12 867) de l’alliance PTr-MMM et Bashir Jahangeer (12 063) de l’alliance Lepep qui s’imposaient. Kalyanee Juggoo finissait lamentablement à la cinquième place. Étonnant score pour la « dame » à l’accoutrement fantaisiste rouge, réputée pour être très populaire et appréciée de ses mandants. Elle a récolté 11 839 voix, suffisant pour mordre la poussière.

Kalyanee Juggoo mord la poussière en 2014

Au MMM, le post-mortem était établi dès les premières indications du counting. À commencer par des militants, «amerdé » qu’on leur avait imposé Navin Ramgoolam et qui avaient protesté par leur abstention. Cette prise de position est vérifiée par le fort taux d’abstention dans les bastions mauves, soit les n° 1, 19 et 20. Sans compter un vote-sanction, selon la direction du parti, du n° 4 au n° 13 contre Navin Ramgoolam. D’autres au sein du MMM avançaient que la sanction de cette ceinture de circonscriptions encerclant le pays était contre l’idée d’une IIe République avec Paul Bérenger comme Premier ministre pour cinq ans. Mais, d’autres activistes des deux partis mettaient la défaite sur le compte d’une campagne désorganisée et mal inspirée de l’alliance PTR-MMM. «Je n’ai jamais vu une communication aussi mauvaise que celle du MMM », s’étonne un rouge proche du comité de campagne du PTr. L’alliance PTr-MMM avait enchaîné les bourdes et les faux pas, surtout à travers leurs deux leaders. Tandis qu’en face, l’alliance Lepep savait profiter de toutes ces munitions généreusement offertes par ses adversaires.

« Je n’ai aucune part de responsabilité dans la défaite de décembre 2014 »

«Il faut le dire, les six mois qui ont suivi les élections de 2014 ont été pour moi les plus pénibles de ma carrière », confie le leader de l’opposition. Mais Paul Bérenger n’en démord pas et s’accorde à dire qu’il n’est en aucun cas responsable de la défaite à ces élections. «L’idée était que Ramgoolam aille à Réduit et que nous appliquions notre programme. Non. Je n’ai aucune part de responsabilité dans la défaite de décembre 2014. »
La différence entre un Paul Bérenger et un Navin Ramgoolam est fondamentale. On peut imputer à Paul sa mainmise sur les appareils du parti et pour des stratégies de vote, et il a le don de transformer ses alliés du jour, diabolisé dans le passé en ange. Cependant, PB n’est pas un lâche comme Navin, qui avait orchestré son plan pour que sa propre alliance n’obtienne pas la majorité nécessaire pour procéder à une modification de la Constitution, permettant à P. Bérenger d’être intronisé comme Président avec des pouvoirs. Navin n’avait compté avec la Providence, qui en décide souvent autrement pour faire déjouer les ruses des malhonnêtes.

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