July 13, 2024
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Le cyclone entre aléas et folklore…

Des gâteaux fait maison, des crêpes, des faratas, des currys en tout genre… Bon nombre de Mauriciens ont retrouvé les réflexes d’antan dès qu’un cyclone s’annonçait. Une façon de « tuer » le temps qui oblige à rester enfermés. Hier, c’était aussi l’occasion pour les enfants et autres adolescents qui n’ont jamais vécu un cyclone, un vrai ! Depuis lundi, bon nombre de familles avaient déjà prévu des menus et autres délices car c’était sûr qu’ils allaient être « confinés » à la maison les mardi et mercredi 1er et 2 février avec en filigrane le menace d’un avertissement de Classe 4. Malheureusement, il n’en a pas été pareil pour tous car plusieurs personnes ont dû aller trouver refuge dans des centres afin d’être à l’abri du mauvais temps.

Avec la trajectoire de Batsirai, Maurice était en point de mire de tous les dangers. Plusieurs personnes ont été victimes de cette catastrophe naturelle quelque peu capricieuse. Mazavaroo a sollicité quelques citoyens pour connaître comment ils ont passé le temps en ce… temps cyclonique.

La famille de Marie-Ange Desforge de Petite Rivière, dont la demeure a été dévastée par Batsirai, se retrouve sans toit. « Nous avons dû quitter notre maison pour nous réfugier chez des voisins. Nous avons eu très peur surtout pour les enfants dont le mien est âgé de 5 ans. » Elle ne tarit pas de gratitude sur la solidarité de ses voisins. « Ils nous ont accueilli, réconfortés et même proposé d’habiter chez eux pour le moment. Nous leur sommes vraiment reconnaissants. Je suis émue. Il existe encore des gens comme cela, pleins d’humanité… » Pourtant, Marie-Ange Desforge ne compte pas rester les bras croisés. Après la tempête, la famille va se retrousser les manches. « Nous allons reconstruire la maison avec de nouvelles tôles et la réaménager afin de pouvoir repartir habiter chez nous. » Du côté de Françoise Bertin, les rotis trônaient dans les menus pendant la période cyclonique. La famille a « respecté » la tradition voire le folklore des cyclones. « J’avoue que cela nous a fait du bien de rester au chaud à la maison et de déguster des gâteaux et des currys avec tout ce qui suit… Nous avons bien profité de ces ‘congés forcés’. »

Les conditions nécessaires au développement des cyclones

Selon Universalis.fr, un cyclone tropical ne peut se former que si certaines conditions thermiques et dynamiques sont réunies. La température de la mer, le taux d’humidité de l’air, l’instabilité atmosphérique jouent un rôle essentiel. Le mécanisme de formation des cyclones dépend en grande partie de la température de la mer. Elle doit être supérieure à 26°C dans les 60 premiers mètres. Il faut que l’étendue océanique soit suffisamment chaude pour déclencher une évaporation à grande échelle. C’est alors que s’opèrent des transferts de chaleur et d’humidité de l’océan vers l’atmosphère. Ces échanges sont à leur maximum vers la fin de l’été quand les eaux de surface atteignent des températures de 28 à 30°C. Cette condition permet d’expliquer l’absence des cyclones au-dessus des eaux trop froides de l’Atlantique sud et au sud-est du Pacifique.

Une forte humidité et une atmosphère instable sont indispensables à la formation des cumulonimbus. Ces conditions sont presque toujours remplies dans les régions tropicales. Quand la température de l’océan est suffisamment élevée, à partir de 26°, elle réchauffe beaucoup l’air qui est à son contact. La force de Coriolis doit être suffisamment importante. Cette force, engendrée par la rotation de la Terre, dévie les vents vers la droite dans l’hémisphère Nord, vers la gauche dans l’hémisphère Sud. Elle est nulle à l’Equateur. Cette force doit être suffisante pour déclencher le mouvement tourbillonnaire initial. Ajoutée aux conditions thermiques, elle conditionne largement la répartition géographique des cyclones. La faiblesse de la force de Coriolis en dessous de 50 de latitude ne permet à aucun cyclone de se développer. Sur l’ensemble du globe, 65 p. 100 des cyclones prennent naissance entre 10 et 200 de latitude, 22 p. 100 sont observés entre 5 et 100.

D’autres conditions dynamiques viennent encore restreindre les zones géographiques où les cyclones ont la possibilité de se former. Ils sont absents des zones anticycloniques ou des zones dites à « marais barométrique », c’est-à-dire des zones où la pression varie très peu d’un endroit à l’autre, ou des zones anticycloniques. Mais ces dernières zones peuvent parfois, elles aussi, se déplacer, particulièrement pendant les événements E.N.S.O. (El Niño-Southern Oscillation), les cyclones se formant et sévissant alors en des lieux inhabituels.

Au cours d’une saison, on constate qu’une échelle de temps de plusieurs semaines est associée à la fréquence d’apparition des cyclones. D’une année sur l’autre, on observe une variation importante du nombre des cyclones dans les différents océans. Cette variabilité sur de longues périodes est du même ordre de grandeur que celle qui affecte la circulation générale. L’apparition et l’extinction des cyclones, sur telle ou telle région du globe, semblent déterminées par une évolution lente de la circulation générale. Il est logique de penser qu’il existe, sur de telles échelles de temps, des interactions entre la circulation générale et les anomalies de la température des surfaces océaniques.