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Le 11 mai 2002, Lorient et Bastia s’affrontent pour le
compte de la quatre-vingt-quatrième finale de la
Coupe de France. Mais ce jour-là, le président de la
République Jacques Chirac va aussi s’élever contre
les sifflets d’une partie des supporters bastiais lors
de La Marseillaise, au point de retarder le démarrage de la
rencontre. Récit d’une soirée pas comme les autres.

Excédé, le président de la
République file dans le salon de
réception situé à l’arrière de la
tribune. Le Corrézien d’adoption
se remet de ses émotions et invite
le président de la FFF à calmer la
foule pendant que son homologue
le supplie de rester pour assister à la
rencontre. Marché conclu. Résultat
: Simonet récupère un micro et
fait fonctionner les haut-parleurs
du Stade de France à plein régime.

Chirac : « Ces sifflets sont inadmissibles et inacceptables »
« La Fédération française de football présente ses excuses à la France parce qu’on a sifflé La Marseillaise ! Le match ne reprendra que dans la tranquillité parce que nous sommes des Français ! » Si les huées redoublent d’intensité dans un premier temps, le message est bien passé. En bas, Lorientais et Bastiais sont rentrés depuis un moment dans leurs vestiaires respectifs. « Le sujet numéro un pour notre équipe, c’était de garder les joueurs sous concentration, car sinon, cela peut être préjudiciable, évoque l’entraîneur du Sporting Club Bastia Robert Nouzaret. Sincèrement, je n’ai pas fait le rapprochement entre les sifflets et la raison de ces sifflets. Quand il s’agit d’une finale, l’adrénaline prend le dessus sur tout ce qu’il peut se passer autour. C’est seulement après coup que nous avons pris conscience de cela. »

Le match prend dix minutes de retard, puis les deux équipes sont rappelées pour démarrer la rencontre. Mais là, nouveau coup de théâtre : Jacques Chirac en personne demande à ce que tout ce beau monde retourne à nouveau dans les vestiaires. Le président souhaite faire passer un message clair à l’antenne de France Télévisions. « Quelques irresponsables ont souhaité siffler la Marseillaise ce soir, au début de ce match, décrit Chirac. C’est inadmissible et inacceptable. Je ne tolérerai pas que soit porté atteinte aux valeurs essentielles de la République et à ceux qui les expriment. » Au fur et à mesure des minutes de retard, l’évènement sportif se transforme progressivement en un conflit politique que les joueurs sont à mille lieues d’imaginer. « Au moment où La Marseillaise se termine, on se dit que le président n’est pas là, qu’il est en retard, décrit Antony Gauvin, titulaire dans la charnière centrale des Merlus ce soir-là. Et puis on attend… Tu essaies de regarder dans la tribune pour voir le président, mais tu ne vois rien bouger. Au total, l’attente avait duré vingt minutes, mais cela paraissait beaucoup plus long. On avait envie de leur rentrer dedans ! » Sans avoir serré la main du président, les acteurs finissent par commencer les hostilités.

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