April 20, 2024
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Le réchauffement climatique rend El Niño de plus en plus puissant

À la fin du XIXe siècle, des marins péruviens ont remarqué l’apparition d’un courant chaud à la période de Noël. Ils l’ont baptisé El Niño. Mais le phénomène se produit probablement depuis des millénaires. Un phénomène océanique à grande échelle qui affecte le régime des vents, la température de la mer et les précipitations. Avec son pendant La Niña, il constitue les deux phases opposées du phénomène couplé océan/atmosphère appelé Enso pour El Niño Southern Oscillation.

Les modèles suggèrent que le réchauffement climatique en cours pourrait affecter la puissance de ces phénomènes. Mais pour l’affirmer avec certitude, il faudrait pouvoir s’appuyer sur plusieurs siècles de données climatiques. Et c’est justement ce qu’offre une récente étude menée par des chercheurs de Georgia Tech (États-Unis). Des preuves convaincantes que les épisodes El Niño sont devenus plus extrêmes depuis le début de l’ère industrielle.

« Ce que nous avons observé est en dehors de toute variabilité naturelle », assure Kim Cobb, chercheur à Georgia Tech. Ces cinquante dernières années, la puissance des oscillations d’Enso a augmenté de pas moins de 25 % par rapport à la période préindustrielle.

El Niño, un phénomène décidément bien capricieux

Cette conclusion, les chercheurs la tirent de l’analyse de centaines de coraux vivants et fossiles recueillis pendant plus de 20 ans. Car pendant un épisode chaud d’El Niño, les coraux absorbent moins d’isotope 18 de l’oxygène. Et plus au cours des épisodes La Niña. Lorsque les coraux grandissent, ils forment ainsi des couches dont la composition dépend de leurs conditions de vie. De quoi retracer les températures de surface de la mer sur les 7.000 dernières années.

Par ailleurs, les chercheurs indiquent que certaines de leurs conclusions questionnent les modèles informatiques établis des épisodes El Niño. Par exemple, le phénomène semble, à l’inverse d’aujourd’hui, avoir été particulièrement faible entre il y a 3.000 et 5.000 ans. « Peut-être qu’El Niño entre parfois dans un mode particulier et y reste tout simplement coincé pendant un bon millénaire », conclut Kim Cobb.

SOURCE : futura-sciences.com