October 7, 2022
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Opinion

Le tourisme se relance : la balle dans le privé

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Le plan de relance du secteur touristique à Maurice vient à point nommé, au moment où des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni ont déjà décidé de relancer leurs activités tandis que la France a autorisé le retour en classe et entrevoit un début d’allègement des autres sanitaires en mai. À Maurice, il y a lieu de se réjouir que la deuxième vague ait été parfaitement maitrisée, permettant ainsi au gouvernement et secteur privé d’envisager la relance avec beaucoup plus d’optimisme.

On ne cesse de le répéter : la reprise dans le secteur touristique sonnera le véritable déclencheur de l’embellie à Maurice, avec des hôtels et autres secteurs qui sont tributaires des activités de ces derniers retrouvant des couleurs grâce à la présence de touristes. Mais la bataille est loin d’être gagnée, la question étant de savoir comment motiver nos clients à reprendre les avions pour atterrir à Plaisance. La réponse tiendra à nos capacités à les séduire face à la concurrence, et cela, dans un contexte ou le pouvoir d’achat dans nos principaux pays-clients a été mis à mal par les effets de la Covid-19 sur l’économie. Certaines destinations ont, elles, axé leur stratégie sur le ciblage d’une clientèle fortunée. Est-ce que celle-ci fait partie de nos clients et dans quelle proportion ?

Avantages comparatifs

Il importe, dans l’immédiat, de retrouver le plus vite possible notre image de ‘covid free’, afin de rassurer nos clients sur la situation sanitaire de notre pays. Cette information, transmise dans nos pays clients, sera à coup sûr, un élément qui sera pris en compte. Ce sera ensuite aux opérateurs touristiques de prendre le relais afin de démontrer les avantages comparatifs qu’offre l’ile Maurice. À l’exception des moyens de transport disponibles pour venir à Maurice et du maintien des mesures sanitaires ici, qui reviennent à l’État, il appartient à la direction des hôtels de s’assurer d’une prise en charge idéale de la clientèle touristique. Le gouvernement a parfaitement accompli sa part de responsabilité depuis le premier confinement en 2020. Nous savons que les hôteliers ont l’expérience dans la gestion et le marketing de leurs offres, mais depuis l’apparition de la Covid-19, il reste à savoir quel est l’état d’esprit des vacanciers européens et quels sont les critères qu’ils feront prévaloir pour choisir leurs destinations.

Campagnes de communication

Tout laisse croire que la réponse viendra des campagnes de communication organisées dans les bureaux des représentants des groupes hôteliers en Europe. Un des axes de cette campagne s’appuiera sur des visites de promotion offertes à des médias spécialisés. Mais, encore une fois, ces campagnes n’auront de bonnes retombées que si les journalistes chargés des reportages sur l’ile Maurice découvrent un pays, en l’occurrence notre pays, qui a su renouer avec succès avec la normalité. Il ne s’agira pas que de palaces, de plages dorées et de bonne bouffe. Car, au sortir de la pandémie, les voyageurs souhaitent aussi rencontrer des expériences humaines différentes de leur pays. Il est une évidence que leurs attentes seront sensiblement différentes par comparaison à la période pré confinement. Mais rien n’indique qu’ils recherchent des expériences complètement inédites. C’est en cela qu’il sera très important de comprendre leurs attentes pour y apporter des réponses appropriées. À ce jour, c’est encore un gros point d’interrogation pour les hôteliers mauriciens et il n’existe aucune certitude quant aux attentes des vacanciers après une si longue rupture, compte tenu aussi de leurs moyens.

Bonne décision

C’est une bonne décision de la part du gouvernement, en concertation avec les opérateurs dans le secteur touristique, de relancer cette filière sans encore attendre, d’autant que Seychelles, un compétiteur très prisé lui aussi, a déjà rouvert ses frontières. L’heure est donc bien choisie, après que le gouvernement s’est assuré d’avoir repris en main la gestion de la pandémie et endigué l’apparition d’une deuxième vague meurtrière. Il reste donc à établir les modalités de cette relance et de redéfinir le rôle d’Air Mauritius dans cette équation. C’est une grosse question qui se pose aux parties concernées, car sans le transporteur national, cette stratégie est vouée à l’échec. Le sauvetage d’Air Mauritius et sa relance éviteront au gouvernement d’avoir sur les bras une grave crise sociale, dont les répercussions impacteront son bilan à la fin de son mandat. Le secteur privé, non plus, ne peut pas jouer à l’autruche s’agissant de l’avenir de cette vitrine de l’État et qui a symbolisé depuis les années 70 le développement de Maurice, que ce soit pour le secteur touristique ou pour son cargo. Il va sans dire que le transporteur national sera une pièce essentielle pour la relance lorsque les industries d’exportation retrouveront leurs marchés à l’étranger.

Déconfinement

Le déconfinement conjugué à la relance des activités de Maurice et à l’ouverture partielle de notre ciel doit aussi s’appuyer sur une gestion saine et rationnelle des affaires de l’État, sur lesquelles la population attend le gouvernement. Il n’y a aucune raison pour que Pravind Jugnauth et son gouvernement s’écartent des principes qui ont prévalu à ce jour. Mais il faudra redoubler d’efforts et de vigilance pour ne pas tomber dans des travers qui pourraient mettre à mal la dynamique de relance.

CASSAM DHUNNY

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