June 29, 2022
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Opinion Politique

Les défis : la résilience, le social et les travaux

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La première phase de la relance fait partie d’un Budget 2021-22 qui se caractérise par un double défi : contenir la Covid-19 et stimuler l’économie. Déjà l’année dernière, à l’issue d’un premier confinement parfaitement maîtrisé, le gouvernement avait ouvert les portes d’une tentative de relance, soutenue par des subventions salariales. L’impact de la pandémie se faisait déjà sentir sur le tourisme et le secteur manufacturier au bord du gouffre. Mais, grâce au soutien des salaires, la consommation a résisté et des secteurs tels que la finance et l’externalisation ont continué à se développer. À l’époque, on n’avait aucune indication de la mise au point ou de la fabrication d’un vaccin. Jusqu’à la fin de 2020, la population a vécu dans une ambiance plutôt calme, convaincue d’être à l’abri tant le pays pouvait se prévaloir d’être ‘Covid-safe’. Mais il convient de savoir que déjà en avril 2020, dans les premiers mois de la crise sanitaire, l’Américain Pfizer et l’Allemand BioNTech s’étaient alliés contre la Covid-19. Et vers fin 2020, les États-Unis annonçaient être sur le point de trouver un vaccin et d’en commencer la fabrication. En Europe de l’Ouest, c’est le vaccin AstraZeneca qui a été à la pointe de la vaccination, en attendant l’arrivée sur le marché d’autres vaccins, ce qui pourrait aboutir à une surproduction. Une perspective paradoxale face à l’absence de vaccins en Afrique ou en Inde, entre autres.

L’économie mondiale

Les Mauriciens semblent peu conscients que c’est la reprise en Europe, en Chine et en Inde, couplée à la capacité de ces pays à stopper la progression de la pandémie, qui conditionnera le succès de la reprise à Maurice. Il ne suffira pas de relancer la machine de production et retrouver l’image d’une île ‘Covid-safe’ pour que réapparaissent les beaux jours. Il faudra aussi et surtout que l’économie mondiale retrouve ses couleurs. Mais, dans l’immédiat – et c’est là où le ministre des Finances a parfaitement raison –, il s’agit de maintenir notre tissu économique et social, en préservant les emplois et en soutenant les entreprises pour qu’elles retrouvent leurs marchés à l’étranger. Les défis sont également susceptibles d’être du point de vue de la qualité sur les marchés qui feront l’objet d’une lutte acharnée.

‘Made in Moris’

C’est là que le label “Fabriqué à Moris” devra faire une différence, tant au niveau de la qualité que du prix. Que ce soit dans le secteur du tourisme ou dans la filière manufacturière, les offres mauriciennes sont de qualité, grâce à une main-d’œuvre formée et des produits et des services de qualité. Les deux secteurs ont acquis une réputation internationale, mais la filière secteur-habillement, depuis ces dernières années, souffre d’une féroce concurrence de la part des pays comme le Viêtnam, le Bangladesh et l’Éthiopie, où la main-d’œuvre est nombreuse, formée et bon marché, les coûts de fabrication inférieurs à ceux de Maurice et les matières premières accessibles.

C’est la croissance, en impactant la consommation, qui va redonner vie à ces deux secteurs sur les marchés mauriciens à l’étranger. Mais cela ravivera aussi le marché du tourisme, avec bien sûr des répercussions sur l’île Maurice. Si cette condition est présente, il ne fait aucun doute que la reprise se fera ressentir à Maurice, avec le soutien des secteurs comme la finance, le cannier ou encore l’externalisation qui n’a pas été affectée par les conséquences de la pandémie.

Secteurs prioritaires

Le budget cible les secteurs prioritaires en tenant compte de l’urgence sanitaire, indispensables à la reprise nationale, car il s’agissait d’affirmer la résilience. Ce qui était redouté n’est pas arrivé : la taxe sur les gros salaires n’a jamais semblé être dans les plans du ministre des Finances, puisqu’elle aurait été de nature à instiller une velléité de sélection, en plus d’être perçue comme une mesure collectiviste néfaste pour les investisseurs. Il est très louable que le budget maintienne l’ensemble des logements sociaux et le taux de retraite universel. Le problème du social est une espèce d’épine dans les pieds de tous les gouvernements à tel point qu’il semble être la vitrine de leurs accomplissements sociaux. L’apparition de la pandémie a mis un coup d’arrêt à la construction de ces maisons, et en annonçant la poursuite de ces travaux, le ministre des Finances réaffirme sa volonté de s’attaquer à un facteur de l’extrême pauvreté, avec ses conséquences sur des familles entières, leur épanouissement et le sort de leurs enfants.

Transformation des centres-villes

La grosse enveloppe a trait à l’entretien des drains et à la construction d’autres à travers l’île, l’objectif étant d’éviter que se reproduisent les mêmes scénarios d’indignation populaire à la suite des grosses averses. Ces travaux de construction fournissent aussi des emplois et de l’aménagement régional. De la même manière que la poursuite et l’accélération des travaux de la ligne du métro express et des Urban Terminals relanceront les activités commerciales dans la région des gares routières urbaines. Au-delà de l’aspect physique de ces réalisations, elles sont de nature à indiquer que la pandémie n’a pas entamé la volonté du gouvernement de continuer sur la voie de la transformation des centres-villes.    

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