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Les voix s’élèvent partout pour réclamer le contrôle des prix alimentaires et le rehaussement du salaire minimum. Comment peut-on mettre en vigueur ces deux revendications l’une liée à l’autre et dont l’objectif est de mitiger l’érosion inexorable du pouvoir d’achat ? Le ministre des Finances a déjà déclaré que le gouvernement examine sérieusement l’idée de rehausser le salaire minimum. De combien et quelle en sera l’efficacité ? Ne risque-t-on pas de tomber dans la surenchère et de créer un effet d’entrainement, car il faut bien avouer que les classes moyennes elles aussi ont été sérieusement mises à mal par les conséquences économiques de la Covid-19, avec des salaires qui se sont dépréciés…

Gros salariés et rentiers

En fait, à y regarder de près, à l’exception des gros salariés et de rentiers, presque tous les salariés éprouvent les mêmes difficultés économiques, car les problématiques sont extérieures à Maurice et sont d’une nature nouvelle. Il n’agit pas d’une crise économique et financière. Partout, dans le monde, ce sont les mêmes classes sociales qui rencontrent les problèmes présents à Maurice. Dans l’immédiat, et ce, depuis l’apparition de la pandémie en mars 2020 et la guerre en Ukraine cette année, cette année, nous pouvons quand même nous réjouir que l’économie de Maurice ne soit pas à terre et que la population peut encore manger à sa faim. Mais la menace sur l’approvisionnement alimentaire, due essentiellement au conflit militaire en Ukraine, pose une toute problématique, car c’est désormais la production alimentaire qui est affectée. Depuis ces dernières semaines, les importateurs de céréales et d’huiles alimentaires ne cessent d’alerter sur le danger réel d’une rupture des approvisionnements. Et le gouvernement est pris comme dans un étau entre la réclamation de subventions aux importations et celle des associations de consommateurs qui exigent l’imposition immédiate du contrôle des prix. Peut-il raisonnablement satisfaire à ces deux pressions ?

Alimentation équilibrée

Une réponse concrète, dans l’immédiat, à cette situation est de veiller que les couches les plus vulnérables ne soient davantage précarisées et puissent avoir accès à une alimentation équilibrée. Celle-ci passe, entre autres, par le relèvement du salaire minimum, mais pour être effectif, il conviendrait de proposer d’autres mesures, tout en ayant un œil rivé à l’offre et la demande de produits alimentaires. Dans le même souffle, il faudrait un véritable soutien à la production maraichère tout en venant de l’avant avec un projet concret de production de fruits et légumes locaux. Celui-ci implique que le gouvernement propose de récupérer des terres marginales pour les mettre à la disposition des communautés locales engagées dans la production de légumes pour le marché domestique, sans toute idée d’une filière agro-alimentaire. Certes, il existe des coopératives agricoles, mais tout semble indiquer qu’elles ne sont pas d’une grande aide face à la pénurie des légumes. On peut regretter que l’Université de Maurice n’ait pas pris l’initiative d’étudier les facteurs à l’origine de la première menace en approvisionnement en légumes locaux en 2020. Plus généralement, à l’exception des chiffres de Statistics Mauritius et des déclarations ponctuelles des organisations regroupant les petits planteurs de légumes, il n’existe aucune étude sur la production des fruits et légumes à Maurice, privant les autorités et autres opérateurs dans ce secteur de données fiables. Par ailleurs, de telles études font aussi défaut dans des secteurs aussi importants pour notre économie, notamment le tourisme, le manufacturier ou encore les technologies de l’informatique et des télécommunications (TIC)… Aucun pays qui n’a à cœur son développement ne peut avancer aussi à l’aveuglette… Sauf si évidemment l’Université de Maurice ne dispose pas d’un budget adéquat en recherches…

Une réponse concrète, dans l’immédiat, à cette situation est de veiller à ce que les couches les plus vulnérables ne soient davantage précarisées et puissent avoir accès à une alimentation équilibrée. Celle-ci passe, entre autres, par le relèvement du salaire minimum, mais pour être effectif, il conviendrait de proposer d’autres mesures, tout en ayant un œil rivé à l’offre et la demande de produits alimentaires. Dans le même souffle, il faudrait un véritable soutien à la production maraichère tout en venant de l’avant avec un projet concret de production de fruits et légumes locaux. Celui-ci implique que le gouvernement propose de récupérer des terres marginales pour les mettre à la disposition des communautés locales engagées dans la production de légumes pour le marché domestique, sans toute idée d’une filière agroalimentaire. Certes, il existe des coopératives agricoles, mais tout semble indiquer qu’elles ne sont pas d’une grande aide face à la pénurie des légumes. On peut regretter que l’Université de Maurice n’ait pas pris l’initiative d’étudier les facteurs à l’origine de la première menace en approvisionnement en légumes locaux en 2020. Plus généralement, à l’exception des chiffres de Statistics Mauritius et des déclarations ponctuelles des organisations regroupant les petits planteurs de légumes, il n’existe aucune étude sur la production des fruits et légumes à Maurice, privant les autorités et autres opérateurs dans ce secteur de données fiables. Par ailleurs, de telles études font aussi défaut dans des secteurs aussi importants pour notre économie, notamment le tourisme, le manufacturier ou encore les techniques de l’informatique et des télécommunications (TIC)… Aucun pays qui n’a à cœur son développement ne peut avancer aussi à l’aveuglette… Sauf si évidemment l’Université de Maurice ne dispose pas d’un budget adéquat en recherches…

Prestations sociales

À l’approche de la présentation du Budget, les pressions sur le ministre des Finances sont certes pressantes pour que les prestations sociales soient ajustées à la présente situation, mais il convient en même temps que des décisions concrètes soient prises pour répondre aux déséquilibres provoqués par la crise pandémique, notamment les répercussions économiques sur les budgets que les familles consacrent à l’éducation de leurs enfants. Il faudrait que dès aujourd’hui, des pédagogues et autres sociologues et psychologues se penchent sur les conséquences de la Covid-19 sur les couches sociales défavo- risées. Nous savons déjà que le confinement et autres mesures sanitaires ont favorisé les classes à distance, mais à ce jour, personne n’a été en mesure d’évaluer les effets de ce mode d’apprentissage. Certes, des parents donnent de la voix sur des radios privées pour exprimer leurs craintes concernant l’avenir de leurs enfants, mais il manque d’études scientifiques pour prendre la véritable mesure de cette situation. Ce sont de telles données qui auraient permis au ministre des Finances d’apporter des mesures correctives dans des régions et institutions éducatives touchées par l’insuffisance d’accès à l’internet, sans oublier les conséquences économiques de la pandémie sur les budgets familiaux dédiés à l’alimentation.

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