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 Le revers du Parti Travailliste au scrutin du 7 novembre; alors qu’il était donné largement favori au moment de la dissolution du parlement mérite qu’on s’y attarde . Comment expliquer qu’a l’issue des élections, ce parti obtienne des résultats aussi décevants, avec seulement 10 élus , qui, pour certains, doivent leur élection plus à leur image personnelle et à une sombre générosité occulte, qu’a autre chose. Ceci alors que le  leader du Parti Travailliste le Dr Navin Ramgoolam, par égoïsme, avait fait appel à des professionnels venus d’ailleurs, exceptionellement pour rehausser son image. Par le biais d’une nouvelle manière de communication avec les Mauriciens en général sur Facebook, axée sur son côté de rassembleur et son épouse à ses basques, tel un couple revigoré et découvrant à nouveau et de nouveau une romance particulière.

Une analyse rigoureuse de cette déroute laisse entrevoir que de multiples raisons ont conduit à cette situation sans précédent. Mais des facteurs déterminants avaient déjà influé l’opinion publique et sans nul doute, avec bon nombre d’âmes blessées et meurtries, la confiance jusque-là totale en le leader du PTR fut ébranlée. Et là, nous mentionnerons cette accumulation de gabegies, de dérives et d’erreurs monumentales:

1. Un sentiment de dégoût émergea des révélations de la fête organisée à Roche-Noire, entâchée d’un parfum d’infidélité.

2. Le traitement privilégié accordé à la BAI, avec la bénédiction de Rama Sithanen en tant que Ministre de Finance ( Rs 136 Millions en cadeau à Apollo Bramwell sous la forme de «value added tax» (VAT). Cela fut fait, au mépris des avertissements d’institutions internationales compétentes. Au même niveau de gravité, rappelons les mega scandales Betamax et Neotown, avec des milliards que le gouvernement avaient généreusement consentis. D’un côté, la braderie des <>et de l›autre côté la caution à gros risques de l›État pour le navire familial.

3. La taxe sur l’épargne asphyxiant de pauvres gens, lesquels ont sué eau et sang toute leur vie. Dans le même souffle, la détaxation des dividendes des gros capitaux.

4. L’impression de manque de solidarité à l’encontre de NCR, au niveau du politburo après les démêlées avec la Justice de Navin. Arvind Boolell et Shakeel Mohamed ayant clamé haut et fort le <> de Navin, jusqu’a ce que la Justice rende son verdict.

5. L’octroi de tickets à des candidats qui ont été condamnés par la Justice pour corruption.

6. L’alignement des candidats-transfuges dont l’électorat ne cautionnera jamais leur retour et là nous citerons: Martin, Seetaram, Jeeha, Barbier, Bumma, Sik yuen…

7. La révélation des dépenses excessives et de la dilapi-dation par le leader de l’argent des pauvres membres et partisans, des contributions à la caisse du PTR destinées au renouvellement du Ptr, plus précisément la construction d’un nouveau quartier général.

Tous ces abus et dérives ont fait grandir la frustration et la colère chez les rouges d’abord, avant de susciter l’indignation de la population. Certes, le public avait mangé son pain noir, car ses sentiments d’impuissance avaient lentement mais sûrement mués en une opposition latente et peu palpable. Le moment venu, les mauriciens ont exprimé leur ire sans ambage. Le réflexe de l’electorat a abouti à un choix sélectif qui a épargné les jeunes rouges.

Par contre, NCR qui avait fait de la rupture avec le passé, son cheval de bataille, a payé le prix fort de son hypocrisie et de sa énième fausse promesse, en concédant des tickets à des chicots à l’usure comme Anil Bachoo, Lomesh Bundhoo, Suren Dayal, Cader Sayedhossen, Satish Faugoo, Devanand Rittoo et surtout le Président PTR qui furent honteusement balayés par plus de 9000 Voix en 2014. Oui, P. Assirvaden est le seul rescapé, mais son élection est plus liée à des considérations d›affiliation qu›a ses propres compétences.


Il y a d’autre part, des lecons à retenir des ces élections du 7 Novembre 2019. En premier lieu, par la manière de gouverner qui est perçue comme irréprochable par la population quand elle accompagnée par une politique de proximité avec les gens, des capacités de travail et des sacrifices personnels des politiques.

La population a santionné le Dr Navin Ramgoolam pour la deuxième fois consécutive pour sa friovilité, sa très mauvaise gestion, ses moeurs abjectes, une lenteur qui finit par de l’immobilisme. Le peuple a décélé que NCR a consacré la plupart de son temps à ses affaires qu’a celles du pays.

Autre remarque pertinente au terme de ces élections: Le transfugisme a été sanctionné, sauf dans les cas où les opportunistes furent sauvés par leur bilan du passé et leur réputation d’ensemble.

Maintenant que les clameurs se sont tues, quelles seront les priorités du politburo rouge? La continuité avec le passé ou l’arrêt définitif de ce passé, en faveur d›une vision et d›une impulsion nouvelles.

Il ne faut pas oublier que dans la structure actuelle de l’opposition, les irréductibles du Ptr ne laisseront pas une grande marge à X. Duval. Puisqu’ils prendront ses engagements avec une pincée de sel. Le double langage et les voltes-face du leader du PMSD, lequel sombra dans l’oubli pendant que Navin Ramgoolam était sous un mandat d’arrêt restent au travers de la gorge des rouges. Ils se souviennent encore que le leader du PMSD, dans un langage de dédain et ironisant avait même dit qu’il ne croyait pas que Navin Ramgoolam avait autant de billets dans son coffre fort.

Les travaillistes s’attendent à ce que le leader du PTR soit amené à assumer pleinement son rôle de protecteur des intérêts du Parti et aussi un facilitateur; et d’étendre son droit de regard sur toutes les pratiques qui sont contre les intérêts collectives. Ceci dit, il faut pousser la réflexion en s’interrogeant sur le nombre des soi-disant «diehards» qui se sont éloignés du Ptr, après 2014.

Il y a certaines mauvaises langues qui prétendent que le PTR et son leader sont finis, quant à la reconquête du pouvoir et qu’il faut être mieux inspiré en cherchant la manne ailleurs. D’autres, plus optimistes ont la foi en une renaissance du Ptr. Ainsi, selon eux, tous les efforts pour réformer le PTR doivent absolument s’articuler autour du retour et de l’attachement aux pratiques et valeurs antérieures, incarnées par des hommes de conviction, des figures de proue honnêtes, loyales comme Sir Seewoosagur Ramgoolam. Sir Kher Jagatsing, Sir Harold Walter, Sir Veerasamy Ringadoo, Sir Harilall Vaghjee, Sir Rabindranath Burrenchobay et Angidi Chettiar; et plus loin dans le temps des pionniers tels que Guy Rozement, Emmanuel Anquetil et Maurice Curé.

Ces mêmes activistes et cadres du parti opteraient pour un changement radical voire fondamental, de la pratique de la politique générale, en recherchant une nouvelle approche avec la base du PTR. Celle-çi fondée sur le respect mutuel et l’engagement de servir le Parti et le Pays. Ils avancent aussi que la reprise du pouvoir passe par un projet de société claire et sans ambigüité, qui frappera les esprits, l’imagination et qui fera vibrer les coeurs et projet dans lequel se retrouveront toutes les couches de la population. On ne doit à aucun moment parler de la vengeance à l’encontre de qui que ce soit. Le combat pour des idéaux doit englober l’éradication des relations mercantiles proliférées depuis belle lurette par des “agents notoires et sinistres” et qui ont toujours fait la honte au Parti.


Finalement, il faut que ce soit les conclusions d’analyses et de débats sérieux et non des lobbies occultes qui devront être à la base des décisions et des initiatives politiques. Cela permettra d’éviter la mainmise d’un ONE MAN SHOW, de mettre fin aux dérapages et aux excès qui laissent aujourd’hui des cicatrices profondes, celles-çi ayant conduit irrémédiablement à la fracture sociale.

Sous cet angle, le Politburo du parti a le devoir de se moderniser, de dynamiser les énergies des membres, avec une politique d’équité. Il faudra en finir avec cette protection des chasses-gardés. Ces têtes pensantes du Ptr exigent cette refonte totale, seule capable de redonner au PTR ses lettres de noblesse; d’attirer les talents du pays, qui préfèrent rester à l’ecart de la politique, à cause de la dictature de parti imposée par un seul homme et par la consolidation de cet accaparement des dynasties et du népotisme. Une des conditions sine qua non pour une résurgence du Ptr est le rappel des troupes. Des hommes intelligents comme Sanjay Jagatsingh et S Ghurburrun devront être motivés pour intégrer les rangs.

L’heure est donc à la réflexion et aux profondes remises en cause, suite à la débâcle du 7 novembre. Trouver une action commune pour s’engager dans la meilleure voie doit être le point du nouveau départ. Le futur appartient aux braves, dit-on. Qu’ils retroussent au plus vite les manches autour du leadership… de Dr Navin Ramgoolam, lavé de tout blâme et soupçon. À défaut de mieux !

CASSAM DHUNNY

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