September 26, 2022
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Opinion Politique

Relancer le tourisme sans oublier le textile-habillement et la construction

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A quelques jours du déconfinement et de la réouverture partielle de notre ciel, tous les regards sont tournés vers le secteur du tourisme, employeur de plus de 100 000 directs et indirects, avec des attentes qui en disent long sur l’impact que ce secteur exerce sur notre économie. L’année dernière, au moment où la Covid-19 commençait à mettre l’économie mondiale à terre, une des premières et lourdes conséquences de la pandémie a été ses conséquences sur l’aviation. Le résultat direct et brutal a été la mise au sol de la compagnie d’aviation nationale, des départs à la retraite brutaux, sans en oublier les conséquences sur les hôtels, boutiques de toute sorte et autres prestataires dépendant de l’activité touristique. Pas plus tard que la semaine écoulée, une des dernières retombées de cette crise économique sur le secteur du voyage a été l’annonce de la mise en vente de l’immeuble Paille-en- Queue, à Port-Louis, siège social d’Air Mauritius. Véritable vitrine et fierté de la compagnie, cette décision vient nous rappeler la gravité de la crise économique occasionnée par la pandémie de Covid-19. L’humanité se penchera pendant longtemps encore sur cette épidémie qui a commencé sans crier gare dans la petite localité de Wuhan, avant de se répandre inexorablement sur le reste du monde…. Mais les générations futures auront tout le temps nécessaire pour cela, car elles subiront de plein fouet ses conséquences.

Petite économie insulaire

Comment, dans l’immédiat et à Maurice, petite économie insulaire, donc vulnérable, le gouvernement et l’ensemble de la population s’apprêtent à vivre cette étape de décloisonnement indispensable à la survie du pays ? Est-ce que tout le monde est conscient de cet enjeu déterminant, est-on prêt aux sacrifices qu’il induira durant les prochaines années ? On peut dire que dans l’ensemble, la population a semblé démontrer une prise de conscience de la gravité de la pandémie, car celle-ci les a touchés à leurs poches, érodant leurs salaires d’une manière inédite et en ne laissant aucune certitude quant à l’avenir. Grace aux nouvelles qui nous viennent de l’étranger, ils savent que le mal n’est pas qu’a Maurice. Les Mauriciens, qui savent faire preuve de bonne foi, savent que la situation est loin d’être pire ici : plus près de nous, il leur suffit de regarder du côté de La Réunion pour prendre la mesure de notre propre situation. Plus loin, en Inde, la détresse n’a pas de nom, au vu des moyens parfois dérisoires qui sont déployés pour voler aux populations démunies. Si bien que la grande péninsule a dû accepter l’aide internationale.

Pays pauvres

C’est pourtant ce même pays qui a été généreux envers des pays pauvres en Afrique et à Maurice, en leur fournissant des millions de vaccins qu’ils n’auraient pas pu s’approprier. Le cas indien vient aussi nous rappeler l’importance de maintenir les gestes barrières, qui ont été allègrement bafoués par des milliers d’Indiens au vu et à la barbe de leurs dirigeants. Mais, il serait tout aussi malhonnête de passer sous silence la défiance des jeunes vis-à-vis de la pandémie en Europe, notamment en France, ce qui aurait favorisé l’émergence d’une troisième vague. Ce comportement est sans doute plus condamnable de la part de pays qui ont des populations nettement plus éduquées qu’en Inde.

Maintenir les emplois

Durant son passage à l’antenne d’une radio privée vendredi 21 mai, Steve Obeegadoo faisait ressortir le nombre encore gérable de personnes licenciées en raison des conséquences de la pandémie sur l’économie de Maurice. Des licenciements qui font encore peine, compte tenu de leurs conséquences sur les familles touchées, avec l’érosion du pouvoir d’achat et les difficultés à retrouver d’autres emplois. C’est aussi là l’immense chantier qui se présente à Pravind Jugnauth, car il lui faut agir pour maintenir les emplois. En attendant les bons résultats de la reprise. Mais, le Premier ministre se doit de se concentrer sur d’autres activités pour atténuer l’impact de la lente reprise qui se faufile dans le tourisme. Il est permis de penser que la filière textile-habillement pourrait tirer son épingle du jeu, en témoignant de l’amélioration de la situation économique et sanitaire dans les pays comme les États-Unis et l’Angleterre. Il faut aussi que le secteur cannier se maintienne, avec le marché des sucres spéciaux où l’ile Maurice s’est fait une niche, au même moment où celui de l’immobilier de luxe tente de renouer avec ses bons chiffres d’avant la pandémie. Comme il s’agit d’un marché haut de gamme, il y a de réels espoirs de voir cette filière en soutien au secteur touristique, d’autant que l’ile Maurice a su se positionner comme une belle destination sur l’Afrique du Sud et certains pays européens.

D’autres secteurs ont aussi besoin d’être relancés, comme celui de la construction, véritable pourvoyeur d’emplois dans les milieux modestes mais aussi indispensable aux quincailleries et autres compagnies engagées dans la construction. En fait, au moment de relancer l’industrie du tourisme, il importe de s’assurer que les autres secteurs soient aussi soutenus en raison des emplois qu’ils offrent et l’impact sur le pouvoir d’achat et la croissance.

CASSAM DHUNNY

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