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Au moment où Maurice se prépare à passer à la deuxième phase de sa réouverture des frontières, la pandémie de Covid-19 gagne un peu plus de terrain, affectant notamment de nombreux collèges. Si bien que la population se pose la question sur la pertinence de rouvrir les frontières. Des opérateurs dans le secteur touristique, d’ailleurs, ont bien fait remarquer que la première phase de cette réouverture a donné une indication sur les tendances futures. Il ne faudrait pas se voiler la face avec un optimisme démesuré qui consisterait à croire à une arrivée massive de touristes – pas de Mauriciens ! -, d’ici à juin 2022.

Le gouvernement, mais aussi les autres forces actives du pays, se trouve en face d’une tâche herculéenne : comment faire revenir le million de touristes sans au préalable sécuriser la situation sanitaire du pays ? C’est une condition sine qua non pour réussir à atteindre l’objectif fixé par le gouvernement et les opérateurs du tourisme, lorsqu’on sait que ce secteur, on ne cesse de le rappeler -, brasse quelque 100 000 emplois directs et indirects.

Les jeunes et les actifs

Une des priorités sera d’empêcher que la pandémie touche les jeunes et les actifs, tout en sécurisant les seniors. S’il est vrai qu’on peut se targuer d’être un des rares pays en développement d’être en mesure de s’approcher de l’immunité collective, l’actuelle situation reste un sujet de préoccupation.

Compte tenu de notre dépendance du secteur du tourisme, comment faire face à une situation pandémique qui ne cesse de s’étendre de jour en jour ? Est-ce que la vaccination garantit-elle une vraie barrière à la propagation du virus ? Rien n’est moins sûr, en l’absence de données crédibles.

Mais ce qui est sûr, c’est que la poursuite de la campagne vaccinale est un signal fort envoyé au monde pour indiquer que le gouvernement ne laisse aucun détail de côté afin d’enrayer le virus. C’est ce qu’il faut retenir.

Deux objectifs

La mobilisation des moyens adéquats pour mener à bien deux objectifs précis donne une indication claire des intentions du gouvernement de gagner son pari : vacciner le plus grand nombre et, en même temps, mettre en œuvre les grands moyens pour assurer la reprise. L’un ne va pas sans l’autre : car la reprise a besoin de toutes les volontés dans tous les secteurs d’activité et il n’est pas question de privilégier l’une par rapport à l’autre. C’est la raison pour laquelle le gouvernement et d’autres organismes privés ne doivent pas perdre de vue la nécessité de sécuriser l’emploi.

Il faudrait réaliser une véritable étude pluri sectorielle privée-publique afin de vérifier la réalité des capacités existantes dans les entreprises et les moyens dont celles-ci disposent pour former leurs personnels, en tenant compte des nouvelles réalités et contraintes engendrées par la Covid-19. Au moment où certains se plaisent à évoquer une économie virtuelle qui serait dominée par la monnaie virtuelle aux dépens de la forme traditionnelle des moyens d’échange, il faudra aussi dans le même temps vérifier de quelle manière de larges pans de nos secteurs d’activité – la pêche, l’agriculture et le secteur informel, entre autres -, risquent de rester hors champ par rapport à la pénétration de l’intelligence artificielle dans notre économie. L’interaction de celle-ci, en grande partie à cause de l’utilisation des smartphones qui rendent possible le téléachat, laisse apparaître déjà une certaine expression de la fracture numérique.

Sous peine d’assister à une véritable exclusion économique et sociale, le gouvernement doit s’assurer que la transition vers le numérique se fasse en douceur et par étapes.

Car, les grands discours sur les bénéfices de l’intelligence artificielle ou encore l’introduction du numérique dans notre vie quotidienne souffrent d’une absence des réalités dans le monde du travail, tant chez les jeunes en formation, la disponibilité de postes adéquats, sans oublier le salarié lambda, sans réel formation ni de diplômes professionnels.

La transition vers le numérique

La transition vers le numérique ne doit pas faire oublier les réalités héritées des conséquences économiques depuis l’année dernière. S’il faut absolument tenir compte des modes nouveaux de travail qui s’y sont dégagés et qui nécessitent d’être maintenus, ils doivent néanmoins s’insérer dans un processus plus long et transitionnel qui ne bouscule pas les acquis. Ce processus mérite qu’on s’y attarde parce qu’il est essentiel au maintien du tissu économique et social. Pour reprendre un terme à la mode, la transition doit être réalisée en mode « hybride », en tenant compte de la nécessité d’utiliser toutes les compétences pour relancer l’économie. Mais pour y arriver, il est primordial d’être à l’écoute de toutes les opinions. Humilité et écoute doivent prévaloir afin de dégager des stratégies intégrées de relance à moyen et long terme.

Le pays a besoin de tout le monde face à une situation encore préoccupante, l’heure n’est pas l’exclusion.

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