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Une caricature sur les réseaux sociaux fait sourire : Dubois et Dubois. Il s’agit d’une illustration de deux nouveaux frères d’armes, Bodha et Bhadain. Le premier nommé fut, pendant un certain temps, lié à un scandale allégué d’importation de bois rose de Madagascar et aussi au coût scandaleux de rs. 50 millions pour la mise sur pied d’une moto-école. Le second pour une affaire de bois de teck révélée en fin de semaine dernière à la suite de son interpellation à Albion où il réside. Selon certains éléments de l’enquête, des lames de teck utilisées pour embellir la résidence de l’ex-di- recteur des investigations de l’ICAC et ancien ministre de la Bonne gouvernance proviennent d’un vol perpétré à Pailles, dans l’entrepôt du ministère des Infrastructures publiques.

Au terme de son interrogatoire au CCID, vendredi, Roshi Bhadain a comparu devant le tribunal de Port-Louis pour son inculpation provisoire et sa remise en liberté conditionnelle. Une fois hors du bâtiment de la New Court House après avoir complété les procédures pour le respect des conditions de sa caution, le leader du Reform Party s’est adressé à ses partisans venus le soutenir sans même connaître le pourquoi de son arrestation et de sa comparution devant la magistrature. Sans donner les détails de son interpellation et les longues heures passées aux Casernes centrales pour s’expliquer sur cette affaire de recel de bois de teck, il aura choisi de se faire passer pour une victime de la police et de la politique. Non sans essayer de noyer le poisson en citant le récent drame familial qu’il a vécu avec l’agression au couteau de sa sœur et de sa nièce suivi par le suicide de l’agresseur qui s’avère être son beau-frère. L’avocat accusé par un dénommé Kinsley Joseph Perrine, 39 ans au moment des faits et habitant la NHDC de Pailles, a voulu attirer un maximum de sympathies en mélangeant une agression à l’arme blanche de deux proches et un délit criminel dans lequel il est personnellement impliqué sans que ces deux affaires ne soit liées.

Deux leaders de l’oppo- sition extraparlementaire, Rama Valayden et Roshi Bhadain pour ne pas les nommer, se posent ces derniers temps en donneurs de leçons de moralité et d’intégrité. Dès qu’on leur rappelle qu’il faut balayer devant leurs portes, dont certaines jalousent les lames de teck volées à Pailles ou ailleurs, ils crient au complot, à la victimisation ou à la vendetta politique. En vérité, la police n’agit que selon les dépositions, les témoignages et les conclusions d’une cour de justice comme dans le cas de recel et la culpabilité de l’un des suspects pour poursuivre ses investigations puisque la partie lésée, un ministère, donc le gouvernement et qui dit fonds public dit l’argent des contribuables, aura subi des pertes de Rs 600 000. Comme l’enquête est en cours et pourrait voir l’interpellation d’autres suspects, nous nous abstiendrons de commenter sur l’implication directe de l’ex-ministre de la Bonne gouvernance et des Services financiers.

Il est de son bon droit de réfuter les accusations à son encontre, mais toujours est-il que du bois volé a bien été utilisé pour l’aménagement de sa maison à Albion et là-dessus, il ne peut plaider l’ignorance ou la bonne foi quand il savait pertinemment tout du complot pour lequel il a dû comparaître en cour sous une accusation provisoire d’entente délictueuse. L’un des points de défense du leader du Reform Party est que, par mesure de précaution, il avait, en février dernier, fait une entrée à la police, craignant qu’il soit l’objet d’un complot pour le piéger. Voyez-vous comment il voulait jeter, à son tour, « lafumée dan lizié lepep » ? Il ne fait pas de doute que sachant de quoi il peut être accusé par rapport aux faits troublants quant à l’utilisation, sciemment et frauduleusement, d’un précieux bois provenant d’un vol.

Pour certains, Roshi Bhadain paie cash, aujourd’hui, sa participation active dans le démantèlement du groupe BAI alors qu’il était ministre du gouver- nement de l’alliance Lepep. On se souviendra qu’il était aux côtés des ex-ministres Lutchmeenaraidoo et Yerrigadoo, également à l’époque dans l’équipe qui avait travaillé d’arrache-pied pour liquider les compagnies de Dawood Rawat dont la Bramer Bank, Courts, Iframac et la British American Insurance, entre autres. On sait ce qu’il est advenu de ces trois ex-membres du gouvernement quand le regretté Sir Anerood Jugnauth était Premier ministre. Tous les adversaires de l’alliance au pouvoir tentent par tous les moyens de la déstabiliser. Bhadain n’est pas une exception à la règle pour plusieurs raisons. Que n’a-t-il pas fait pour devenir ministre des Finances, ayant cru dur comme fer que Pravind Jugnauth allait perdre son appel dans l’affaire MedPoint et qu’il succèdera ainsi à Vishnu Lutchmeenaraidoo après avoir sapé son moral et le contraignant à un recul et un retrait graduel à la tête des Finances et des Affaires étrangères par la suite ?

Il avait miné le fils de SAJ et de Lady Sarojini en fuitant des informations à l’express. Ces détails, seul Bhadain pouvait en avoir connaissance en sa capacité de ministre des Services financiers.

L’épisode de baisemain de Pravind Jugnauth quand l’ex-ministre des TIC avait gagné son appel n’était qu’un acte de pure hypocrisie. La suite des événements allait le prouver. L’avocat-expert-comptable a deux autres cadavres dans son armoire : Heritage City qui a fait perdre plusieurs millions à l’État au profit d’une firme à Dubayy et la filiale kenyane du groupe BAI, Britam, vendue pour des cacahuètes, la perte estimée à au moins de milliards de nos roupies. Les conclusions de la commission d’enquête de l’ex-juge Domah ne devait pas manquer de souligner les manquements attribués à l’ex-ministre des Services financiers qui avait piloté ce dossier.

Lors de sa déclaration à sa sortie de la New Court House, en fin d’après-midi vendredi, emporté par les émotions de son arres- tation et de sa comparution, Roshi Bhadain devait demander à tous les députés de l’opposition de démis- sionner de l’Assemblée nationale. Le leader du Reform Party aura une nouvelle fois fait preuve de son immaturité politique et de son manque de discernement. Moins de vingt-quatre heures plus tard, il aura une cinglante réplique du leader du MMM alors qu’assis à la même table pour la conférence de presse hebdomadaire de la Plateforme de l’Espoir. Paul Bérenger sera catégorique : hors de question d’une démission en bloc de tous les élus de la minorité car cela équivaudrait à la laisser le champ libre à la majorité gouvernementale pour faire comme bon lui semble. Navin Ramgoolam, leader du Parti travailliste, prendra également Bhadain à contre-pied pour soutenir la position de Bérenger. Ce dernier se rend déjà compte qu’avec Dubois et Dubois, il risque de se cogner la tête contre le rocher d’Albion.

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