December 3, 2022
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Politique

Un PTR incarcéré

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C’était inévitable: l’exercice de la composition du bureau politique du Ptr a été réduit à une cascade de nominations, relevant d’une manoeuvre grotesque, diablement calculée, cela pour déplaire le moins d’aspirants possibles. Les effets néfastes explosent sur le champ. Les départs successifs de Kalyani Juggoo et Ezra Jhuboo ouvrent une brèche qui couve une implosion terrible.

C’est plus fort que Navin Ramgoolam, cette tentation totalitaire de consolider la confiscation des appareils du Parti Travailliste. S’il est toujours parvenu à maîtriser le mécanisme de contrôle, étouffant les rares voix de discorde, cette fois il y a une riposte cinglant à la mainmise navinienne. À deux ans des élections générales, il va sans dire qu’il devient très difficile au leader maximo de sortir indemne des trois écueils qui s’érigent devant lui: le pognon inexpliqué, la fronde, une santé précaire et les exigences de P.R Bérenger (tickets d’alliance s’entendent).

Pour donner une nouvelle impulsion au Ptr et redynamiser les instances du parti, Navin avait toute la lucidité pour réussir une opération d’équilibriste. Et, de la sorte, faire le parti repartir sur des bases confortables. Arvind Boolell aurait dû être promu comme le seul leader-adjoint (avec à la clé la perspective d’achever sa carrière comme PM, pour au moins un an) ; Shakeel Mohamed propulsé au secrétariat [un pour sécuriser les musulmans après tant de promesses non-tenues]; une dame à la trésorerie ; deux jeunes experts comme directeurs de communication et des appareils digitaux et informatiques (secteurs vitaux pour autant gagner des élections que contrer des fraudes adverses).

Malheureusement pour le parti, NCR a choisi la fuite en avant, croyant pouvoir susciter un satisfecit généralisé avec une profusion de postes banals et soulevant une confusion totale. Un exemple pour démontrer que l’esprit calculateur a foiré: éviter de nommer un musulman à un poste traditionnellement stratégique, pour ne pas frustrer les trois autres députés de cette affiliation ethnique, cela aura des répercussions réelles au sein de cette communauté.

Dans la même veine, le repli et le silence de Boolell s’apparentant à une abdication de revendiquer la succession de N. Ramgoolam, n’a d’égal que la fougue de jeunesse qui bouillonne à l’intérieur du Ptr. E. Jhuboo a donné le signal, ce n’est pas peu dire.

NCR sait mieux que quiconque que sa succession n’est pas une mince paire de manches. Arvin Boolell et Anil Baichoo en savent quelque chose sur l’intransigeance de Navin sur son leadership et les férus de la politique reconnaissent que les rouages du PTR sont maîtrisés solidement par N. Ramgoolam. Le fils de SSR qui subit les pires humiliations de sa vie depuis 2014 est obsédé à reconquérir le pouvoir et ce n’est que l’échéance électorale de 2029 qui déterminera le sort de ceux qui aspirent au leadership du Ptr Si Navin reprend la tête du pays, ils devront ainsi attendre encore 5 ans pour espérer se voir propulser dans le fauteuil de leader du Ptr. À moins qu’un pépin de santé ou le coup du destin ne desserve NCR, il restera boulonné à son poste.

Navin a le don de lénifier les gens et les inconditionnels rouges avec de fausses promesses. Outre le fait que son ingratitude est légendaire, il a aussi cultivé l’art infect de faire poireauter tout le monde. Si le leader du Ptr aime répondre à ses détracteurs ou à la presse : «Pa pousse mwa, mo pa pou ale ! Mo pou allé kan mo va deside », il avait pourtant signifié à plusieurs reprises qu’il avait décidé de raccrocher après les législatives de 2014, mais est revenu sur sa décision pour deux raisons principales, échelonnées dans le temps : 1. Le harcèlement judiciaire dont il a fait l’objet. 2. Il est convaincu que des fraudes électorales ont faussé l’issue des législatives de 2019.

À beau tourner et retourner les choses, on doit se rendre à l’évidence que le détrônement de NCR n’est pas un scénario simple. C’est tout au détriment du parti. Navin est tellement entêté qu’il creuse sa tombe politique et celle du PTR. Quand on voit NCR faire ce genre de démonstration inutile et ridicule, qui est celle de procéder à une composition funambulesque du BP du Ptr, on peut mesurer à quel point il prend tout le monde pour des cons. La fin de cette histoire n’est pas difficile à disséquer: s’il le pouvait Navin règnerait sur un cimetière et sa vraie philosophie est « après moi le déluge. »

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