Paul Bérenger : Se laver les mains propres

La Redaction

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Quel fut l’implication de Paul Bérenger dans l’affaire St-Louis.

L’ancien Premier ministre, l’ancien Chef de l’Oppo- sition, l’actuel chef des « Mauves » semble être dans la tourmente ces derniers temps, avec ce qui semblerait être la soudaine apparition de son nom dans l’affaire St-Louis. Les membres du gouvernement scandent « Bérenger Démission », mais Paul Bérenger semble ne pas vouloir céder ce poste qu’il occupe depuis plus de deux décennies. Drôle de jeu pour le Chef des Mauves qui semble ne pas comprendre comment toute l’attention médiatique se dirige maintenant sur lui alors qu’il accusait Ivan Collendavelloo sans relâche. Paul Bérenger est le « Talk Of The Town », tout le monde se demande quelle fut l’implication de Paul Bérenger dans l’affaire St-Louis? Faut-il que Paul Bérenger continu à siéger au sein de l’Hémicycle en attendant que le dossier sur l’affaire Burmeister & Wain soit tiré au clair?

Les Rs 10 Millions de la BAI

Après plus de 5 ans après avoir accepté les Rs 10 millions de Dawood Rawat, Paul Bérenger admet finalement avoir fait une « erreur », après avoir profité de cette énorme quantité d’argent. Cela est très différent de la version que Paul Bérenger revendiquait. Avant il mettait tout le monde au défi de prouver qu’il aurait reçu de l’argent venant de la BAI. En juin 2015, il déclarait publiquement, dans ses points de presse du samedi, que « Pa enn sek BAI sa ! Pa enn sek okenn dimounn ! Se enn la bank inn fer enn sek o non kikenn inn dimann li ». En août 2019, (4 ans après), Bérenger déclare publiquement : «Enn erer ki noun akcepté sa chèque Rs 10 M la ». De nos jours ; grâce à internet, rien ne passe inaperçu et tout peut être retracé. Mais c’est trop tard pour faire son mea culpa. On se demande toujours si la police [MRA] et la population avaient été au courant de l’existence du coffre-fort de Navin Ramgoolam avant les élections de 2014, est-ce qu’un 60-0 n’aurait pas sanctionné ces législatives?

L’affaire SIDS

Qui peut oublier la controverse au sommet du Small Island Developing States (SIDS) ? Elle concerne l’acquisition des voitures destinées à véhiculer les chefs d’Etat et autres personnalités. 280 grosses cylindrées qui sont dédouanée hors taxes. L’Etat avait commandé 180 véhicules au départ. Selon les termes de l’accord entre le gouvernement et les concessionnaires, la moitié de cette commande devait être offerte à l’Etat, et l’autre moitié vendue à des particuliers hors taxes après la conférence. Toutefois, étant donné le report de la conférence, l’Etat a été contraint de respecter les clauses du contrat et d’autoriser la vente en hors taxes des 90 voitures destinées aux particuliers. Se retrouvant ainsi avec 90 véhicules en moins sur la commande initiale, l’Etat passe une nouvelle commande de 100 unités. Celle-ci concerne 50 berlines (BMW et Mercedes) et 50 Land Cruisers. Une gabegie énorme. Vous savez qui était le Premier ministre à l’époque? P Bérenger.

Les législatives de 2019 : le début de la fin

Paul Bérenger savait au fond de lui que le MMM ne gagnerait pas les élections de 2019. L’hys- térie causée par une foule relati- vement importante, d’abord lors de la réunion à Bar Chacha, puis lors de la réunion à Port Louis le 3 novembre, a contribué à camoufler un fait fondamental : l’énorme déception ressentie par beaucoup lorsque le MMM a rejoint le PTr en 2014 ; alors que la victoire était à portée de main avec le Remake MMM/MSM. Et surtout le décalage sur l’attitude différente des résidents des villes et ceux des villages. Les résultats montrent que loin d’être le parti national des années 70 et 80, le MMM ne pouvait désormais compter que sur des alliances pour assurer la victoire, et même alors, de nombreux bastions mauves, comme Curepipe, Quatre Bornes, Plaine Verte, Montagne Longue, Rivière Noire, se sont effondrées. Paul Bérenger le savait, et sa tactique était simple : gagner suffisamment de sièges par rapport à 2014 pour donner l’apparence d’un comeback. Même là, il a échoué parce que le MMM a remporté moins de sièges en 2019 qu’en 2014. Mais ses fanatiques continueront à hurler « nou pli fort, nou pou gagner…lot coup »

Cassam Uteem sacrifié

Jusqu’en 2005, les musulmans étaient solidement pro-MMM, puis avec l’adoption de la Loi POTA, la trouvaille de Anil Gayan et la bénédiction de PRB, cette communauté se sentant trahie et traquée chavira dans le camp du le PTr. C’est en 2004 quand le leader du MMM, ayant succédé à SAJ comme Premier ministre, fit voter la loi POTA [ Prevention of Terrorism Act ], sous pression américaine, mais qui n’avait rien à faire avec les réalités sécuritaires de Maurice. Ce qui provoqua la démission de Cassam Uteem de la Présidence, ce dernier refusant d’apposer sa signature à la promulgation de cette loi. Il s’est aussi senti isolé et esseulé, du fait qu’il n’a pas eu son mot à dire sur cette loi. Le double-jeu et l’hypocrisie de Bérenger étaient démasqués.

Peut-on encore penser que Paul Bérenger soit encore crédible, après que nous ayons été témoins de tous ces scandales et de ces « retournements de veste » au fils des années? On ne reviendra pas sur l’expulsion de Pradeep Jeeha au sein du MMM après avoir déclaré à la radio : « On ne peut continuer à laisser des gens devenir des clowns dans la cour du roi Pétaud », ni sur la vente de Mauritius Telecom, ni sur le deal Illovo. Il existe un adage en Kreol Morisien qui dit ceci : « Kan labouzi pre pou teign, enn ti-lalimier aparet enn dernie fwa ». PB se retrouve désormais avec le seul recours, celui de se laver les mains propres…

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