May 22, 2024
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Budget: une île Maurice verte enfin possible

Budget 2023-2024 : une ile Maurice verte enfin possible

Le Budget 2023-2024 vient confirmer la volonté du gouvernement de prendre à bras-le-corps l’enjeu environnemental dans le développement de l’ile Maurice. Sous son intitulé « Continuer la transformation de Maurice en une économie durable et construire le Futur que nous méritons », le ministère des Finances, à plusieurs endroits, du Budget les décisions qui vont dans le sens de lier la préservation de l’environnement au développement. « Les investissements liés à la production de matériaux pour les technologies d’énergie renouvelable bénéficieront désormais d’incitations dans le cadre du Premium Investor Certificate », est-il écrit. À ce sujet, il faut faire observer que le principal opérateur dans la filière de construction a depuis longtemps investi dans la fabrication des matériaux durables et respectueux de l’environnement. Ce souci prend en compte les effets du changement climatique sur un pays classé comme Petits États Insulaires en développement (PIED). Il convient de savoir que les sociétés insulaires ont de longues histoires de survie dans des conditions difficiles, et au climat changeant l’ile Maurice ayant, elle était confrontée à de terribles cyclones dans le passé et, depuis peu, à des inondations meurtrières. Il est aussi vrai qu’elles ont développé une variété de stratégies pour affronter ces défis au cours des siècles. De fait, leur adaptabilité et leur savoir local contribuent à leur capacité de résistance.

Impact de la consommation

Il n’est plus possible de maintenir un développement sur tous les fronts et à travers l’ile sans tenir compte de l’impact de la consommation sur un pays. L’objectif de faire de Maurice un pays à hauts revenus mérite d’être détaillé afin d’identifier les moyens d’y parvenir. Faut-il reprendre le projet ‘Maurice Ile Durable’ là où il était en l’épurant et avec une nouvelle orientation et des objectifs précis servis par un véritable fond ? Ici, même à plusieurs reprises, nous avons fait ressortir que la construction des immeubles publics et privés doit être réalisée en tenant compte de leurs lieux distincts, des matériaux qui seront servis et dans le cadre d’un projet intégré. Certains grands projets immobiliers privés tiennent compte de ces impératifs avec notamment des systèmes de récupération des eaux pluviales, l’installation des panneaux solaires et l’aménagement de services essentiels à proximité destine à réduire les déplacements. Ces facteurs – du moins dans les grands pays comme ceux de la Scandinavie et au Japon -, font partie d’une stratégie nationale élargie, qui inclut la décarbonisation dans tous les secteurs d’activités, mais aussi et comme le fait le Budget 2023-2024 « L’étiquetage énergétique obligatoire (qui à Maurice) sera étendu aux téléviseurs, aux lave-linges et aux sèche-linges ; et L’éclairage public solaire installé dans toute l’île pour remplacer les LED et autres éclairages »  « Green Energy Loan Scheme »

Le présent Budget fait valoir dans ce sens le projet de « La DBM, en collaboration avec le PNUD, pour installer un système photovoltaïque solaire de 6 mégawatts sur les toits de 200 écoles publiques de l’île. La DBM étendra le Green Energy Loan Scheme aux PME pour la production d’électricité sur le toit de leurs bâtiments jusqu’à un montant maximum de 1 million de roupies. » Si on peut faire confiance au gouvernement pour la réalisation de certains projets, il reste à attendre des Conseils de District des décisions fermes afin de mettre les régions rurales au niveau d’un développement national vert. À ce jour, dans certaines grandes localités rurales de l’ile Maurice, la persistance de certaines pratiques ne permet de penser que le ‘mindset’ en faveur d’un changement soit favorable. Le copinage politique et les relations de proximité restent plus forts que tout. Alors que, paradoxalement, certaines de ces localités, se trouvent proches des régions balnéaires où les hôtels faisant partie des grands groupes dépensent des fortunes pour se conformer aux bonnes pratiques en matière environnementale. Dans ce contexte, les sous-traitants locaux ont eux aussi été contraints d’adopter ces pratiques pour décrocher des marchés auprès de ces hôtels dans le contexte d’un tourisme durable. C’est au niveau des Conseils de District et de leurs pratiques que le bât blesse. Le paradoxe tient au fait qu’il existe encore des espaces en zone rurale pour procéder à un véritable aménagement de l’espace, mais les intérêts locaux se dressent parfois en obstacle à des projets louables.

Nouvelle configuration mondiale de l’économie

L’ile Maurice est déjà confrontée à de multiples défis pour son développement qui mérite d’être repensé à la faveur de la nouvelle configuration mondiale de l’économie. Celle-ci a fait naitre des enjeux dans différents domaines dont celui du tourisme, où la tendance à la réduction des dépenses de la part de certaines catégories de touristes est apparue. Seule vitrine de l’ile Maurice – où on met de l’avant l’attrait de nos lagons, plages et touristes, notre sourire et accueil, mais aussi notre stabilité économique et sociale et notre sécurité –, le secteur du tourisme a si bien été résilient que le Budget 2023-2024 n’y fait aucune mention. Mais, à elle seule, elle n’arrivera pas à se pérenniser avec les quelque 100,000 emplois directs et indirects et ses milliards de recettes qu’il génère. Le tourisme durable que le ministre appelle de ses vœux est affaire de toute la population et de toute l’ile sans politisation.  

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