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À chaque fin d’année, l’heure est au bilan. Cet exercice est souvent basé sur des évènements qui ont occupé la Une de la presse dans son ensemble. De ces évènements, certains ont fait l’unanimité de toutes les tendances du quatrième pouvoir tant les enjeux étaient d’importance primordiale. À Maurice, comme toujours, il y a trois choses qui ont toujours été au centre des préoccupations des Mauriciens, à savoir la politique, le football européen et les courses hippiques.

La plus petite étincelle politique qui soit deviennent vite le « talk of the town » à Maurice. Le football anglais en particulier est très prisé chez les Mauriciens. Idem pour les courses au Champ de Mars. De ce fait, les élections générales de novembre dernier ont à juste titre retenue l’attention de toute une nation. On craignait un manque d’întérêt total des jeunes mais la moyenne d’électeurs qui se sont rendus aux urnes a tout simplement démontré que la politique locale est toujours tenue en haute estime par la population dans son ensemble. Dès l’entame des premiers jours de 2019, un vent de la tenue des élections générales soufflait sur l’île. L’opposition PMSD, MMM, Ptr, MP, PM, RP etc avaient déjà commencé à affûter leurs armes pour descendre politiquement le MSM de Pravind Jugnauth. À entendre et analyser les interventions des opposants du MSM et du gouvernement, leur seul et unique agenda était de faire tomber Pravind Jugnauth comme Premier ministre. À chaque rencontre avec la presse, c’était la même chanson avec le même refrain.

Pravind Jugnauth en vrai Chef de parti

Dans un premier temps, en tant que chef de l’exécutif, Pravind Jugnauth avait pris toute la classe politique de court en annonçant la tenue de la partielle de Piton/ Rivière du Rempart, avec le départ de Vishnu Lutchmeenaraidoo. Disons-le, ce soi-disant coup d’éclat du concerné n’a fait que débarrasser le paysage de la politique locale d’un de ses innombrables prétentieux. Serait-il vrai de dire que cette démission dans la honte de Vishnu Lutchmeenaraidoo aurait donné à Pravind Jugnauth l’occasion pour un renouvellement de son effectif ? Il y a du sens dans cette réflexion. Ainsi, tout le monde se poussait pour être présent le jour du dépôt de candidature. Les grosses pointures affichaient leurs ambitions et le jeu de la démocratie avait aussi favorisé la présence de nouveaux partis dans l’arène politique et aussi bien que celle de candidats indépendants. Vive la démocratie. Or, Pravind Jugnauth avait vu juste. Déjà, le leader du MSM avait vu juste en lançant un jeune dans le bain en la personne de Vikash Nuckcheddy. Le Ptr revenait dans la bataille avec un Anil Bachoo, qui était peu enclin à quitter son no. 9 mais qui a dû céder devant l’exigence de Navin Ramgoolam. Par contre, le MMM avait choisi de ne pas aligner de candidat. C’était connu d’avance des connaisseurs de la politique locale que Paul Bérenger n’alignerait pas de candidat. Pour le totem des militants, il s’était caché derrière la thèse que cette élection était un gaspillage d’argent alors qu’il est connu de tous que le MMM a toujours privilégié les régions urbaines plutôt que celles « de la campagne ». Dans cet exercice, personne n’a vu venir la stratégie de Pravind Jugnauth. Tous les opposants du MSM étaient tellement occupés à s’entre-déchirer ou encore à fabuler qu’ils n’ont pu jauger la manœuvre de Pravind Jugnauth d’aligner un néophyte.

C’est ainsi qu’au fil des jours, il devenait compréhensible que la partielle n’aurait pas lieu et que le pays serait appelé pour des consultations populaires grand format. Le leader du MSM avançait lentement mais sûrement. Tel un vrai chef du clan socialiste militant, il gardait toutes les cartes jalousement secrètes. Lors de la présentation des candidats de son alliance MSM/ML, tout le monde avait été pris au dépourvu. La mise à l’écart de certaines têtes et non des moindres avait surpris et la classe politique et la population en générale. Une campagne courte mais au profit des jeunes candidats du MSM. Sous le leadership de Pravind Jugnauth, ils ont montré de quel bois ils chauffent et ce fut sans grande surprise qu’ils avaient fait une bouchée des candidats travaillistes dans les circonscriptions rurales. Pravind Jugnauth signait là la victoire politique de sa vie.

Lamentable échec de Navin Ramgoolam

Revigoré après sa victoire en décembre 2017 avec l’élection d’Arvin Boolell au no. 18, Navin Ramgoolam avait cru avoir le vent en poupe. Libéré de ses cas en cour, le leader du Ptr croyait ferme en ses chances de revenir au pouvoir. Mais, il n’allait pas quitter ses vieilles habitudes et sa mauvaise gestion de la politique. Il avait annoncé une rupture en grande pompe mais ce ne fut en fait qu’un leurre de sa part. Il criait haut et fort sur tous les toits que son Ptr irait seul aux élections générales. Donc, pas de béquilles. Il devait prendre tout le monde de court en offrant des investitures au PMSD de Xavier-Luc Duval. Pour le compte du Ptr, il revenait se présenter devant l’électorat en imposant des poteaux pourris politiquement. La liste est trop longue pour en faire état ici mais ceux se trouvant sur cette liste indésirable sont connus de tous. D’où cet échec lamentable qu’a connu Navin Ramgoolam en novembre dernier. Autre erreur de Navin Ramgoolam, c’était de quitter le no. 5 pour chercher fortune au no. 10. Ce « move » de Navin Ramgoolam a confirmé que le leader des Rouges n’avait autour de lui que des « charlatans » politiques et non des connaisseurs du monde de ce milieu. Pour tout dire, Navin Ramgoolam a récolté ce qu’il a semé, la non-reconnaissance de ses vrais lieutenants, de ses vrais sympathisants, sa léthargie et sa trahison envers le peuple en s’alliant avec Paul Bérenger avant les élections générales de 2014.

Le « family business » de Paul Bérenger

Pour ce qui est de Paul Bérenger et son MMM, rien ne va plus. Bien que la partielle du no. 7 aurait été un gaspillage d’argent, en tant que parti national, le MMM aurait dû aligner un candidat. Car selon ses propres dires, Paul Bérenger avançait que cette élection n’aurait pas lieu. En éclipsant cette étape avant la grande course, il était sous-entendu que Paul Bérenger avait carrément lancé le signal aux habitants des régions rurales que « la campagne » n’était pas son « affaire ». Ce qui après réflexion a permis à beaucoup de dire que Prakash Meenowa avait raison de dire que le MMM, son Paul Bérenger, son Rajesh Bhagwan, sa Arianne Navarre Marie, son Deven Nagalingum ne pensent qu’à leur sort personnel plutôt qu’à la famille des militants. Mais, pire encore, le ras-le-bol, pourquoi pas, un affront aux militants « koltar » de ce qu’il en reste avec l’investiture des proches du leader mauve en novembre dernier. Des « safe seats ». Mais, l’électorat dans son ensemble avait vu juste. Il n’est plus le troupeau qu’on emmène au précipice ou à l’abattoir. Or, seulement Paul Bérenger et sa fille Joanna ont pu passer la rampe alors que Dany Perrier a été repêchée comme députée corrective. Et dire que le MMM était contre ce système.

Bien qu’il soit encore naïf, où qu’il donne des signes de l’être en se basant sur l’élection de certains de tous les bords, l’électorat de 2024 risque fort de ne pas être ce qu’il a été en 2019. Si des changements ont été observés dans le modus operandi de certains politiciens, il va sans dire que des changements sont à prévoir dans le « mood » ou dans le « mode of thinking » de l’électorat mauricien en ce qui concerne la façon de faire de la politique à Maurice. Changement il y aura. On est condamné de suivre attentivement notre politique à Maurice. On est obligé dès aujourd’hui de surveiller tous les mouvements des politiciens 68-18. Pravind Jugnauth est certes le grand vainqueur de cette première étape de l’entame du deuxième cinquantenaire de notre statut d’état libre. Mais les résultats du 07 novembre ont déjà donné un aperçu du sort qui est réservé aux politiciens tels que l’on en a connu en 68-18. « La clé fine rouillé, le cœur fine brilé avec rayons soleil. A nou espérer ki nou lépep nou pou conne cachiette nou kan bizin pou nou pas grillé kouma lors ène bûcher » Mes vœux pour 2020 vous accompagnent tous. Dans le bonheur, la joie. Qu’on soit responsable dans tout ce que nous allons entreprendre. Pour le bien-être de tous.

Sen. Krisnah GOOJHA

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