July 24, 2024
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Coupures d’eau : L’irrigation des champs suspendue dans le nord de l’île

Après les hôtels c’est au tour du secteur agricole d’être affecté par la situation de sècheresse que connaît le pays. Alors que le niveau de l’eau ne cesse de baisser dans nos réservoirs, atteignant 40% de leur capacité, le gouvernement est passé à une autre étape en matière de contrôle de la fourniture d’eau. Après avoir promulgué les CWA Regulations 2022, le gouvernement a fait suspendre l’irrigation des champs dans le nord de l’île, ce qui impactera directement la production et les prix des légumes. Cette décision vise à soulager le réservoir de La Nicolière et le Midlands Dam. Le ministère des Utilités publiques avait, dans un premier temps, fait des arrangements avec l’Irrigation Authority, lui demandant de veiller à ce que ses opérations n’impactent pas la distri- bution de l’eau dans le pays.

Comme annoncé précédemment par le ministre des Utilités publiques, Joe Lesjongard, le gouvernement a décidé d’intervenir également auprès des gros consommateurs d’eau. C’est ainsi qu’il a été demandé à ceux qui possèdent des «water rights» de ne pas puiser l’eau des puits naturels se trouvant sur leurs terres afin que cette eau soit orientée vers le réseau de distribution de la Central Water Authority. L’eau provenant de ces puits sert en partie à l’irrigation des champs de canne appartenant à ces gros propriétaires terriens mais aussi à alimenter les centrales électriques des compagnies appartenant à ces mêmes propriétaires.

Le gouvernement a demandé au groupe Alteo de réduire de 50% sa capacité de pompage. Ce groupe est propriétaire de plusieurs centaines d’hectares de canne se trouvant dans les zones usinières des anciennes sucreries de Beau Champ, de FUEL et dans d’autres localités situées dans l’est du pays. Une demande semblable a été faite au groupe ENL (Espitalier Noël Ltd) dont les terres dans le centre et le sud du pays son irrigués par des puits naturels pour lesquels ils détiennent des «water rights». Il a été également demandé au groupe Terra (ex-Harel Frères), propriétaire de plusieurs centaines d’hectares sous culture de canne dans le nord de l’île de suspendre momentanément l’extraction de l’eau de ses puits naturels le temps que la situation s’améliore en terme de pluviosité.

Ce sont donc les champs de canne mais aussi les terres sous culture de légumes qui en souffriront. Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association, avait déjà tiré la sonnette d’alarme il y a deux mois. Il prévoyait déjà que la production de légumes se poursuivrait normalement jusqu’au 15 octobre mais que les prix changeraient après cette date car la production baissera en raison de la sècheresse. «Les nouvelles cultures, mises en terre ces dernières semaines, ont été affectées par le manque de pluie», disait-il.

La semaine dernière il a confirmé ce qu’il disait il y a deux mois et précise, cette fois, que la production de légumes continuera de baisser et que les prix continueront à prendre l’ascenseur. Il cite en exemple le lalo qui se vend à Rs 200 la livre, la margoze qui est proposée à Rs 50 le demi kilo ou encore la patole offerte à Rs 45 la livre. Ces légumes ont atteint des prix qu’on n’a jamais vus dans le passé, dit le secrétaire de la SPA.

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