July 13, 2024
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Opinion

Dépolitisons les collectivités locales !

On pourra arguer à satiété, dépendant de notre bord politique, sur ce qui se passe dans les villes et villages après chaque grosse averse. Cependant le fait que ces lieux se transforment en piscines dès la tombée des pluies, pour autant que ce phénomène soit lié au changement climatique, ne doit pas faire oublier que cela fait un bon bout de temps que nos maires et présidents de conseils districts ne peuvent plus diriger leurs villes et villages comme il se doit.

La faute à une mainmise totale du gouvernement central, les précédents et le présent, sur les collectivités locales. Car depuis que la politique est entrée dans les mairies et conseils de districts, on ne peut plus vraiment parler d’administration. Il s’agit plutôt d’un ballet de marionnettes sponsorisées, dont le mandat dure un an ou plus, si elles sont bien vues en haut de la hiérarchie. De ce fait, conseillers, maires et présidents étaient bien plus préoccupés à « travailler » pour leurs postes au lieu d’accorder l’attention voulue aux villes et villages.

Il faut le dire : cette mainmise visait d’abord à bloquer la voie au MMM qui régnait alors en maître dans les villes et leurs mairies. L’objectif politique dans les villages était aussi d’installer les « poulains » qui avaient travaillé pendant les élections et qui devaient être récompensés. Le MMM est aussi fautif du «downgrading» des villes et villages. Surtout quand ses ténors politiques, devenus ministres, laissèrent l’administration aux mains des « seconds couteaux » du parti mauve.

Le mal devint plus profond quand ce qui est connue comme la loi Aimée, du nom de ce ministre travailliste, compléta pour ainsi dire l’ingérence gouvernementale dans l’administration régionale. Depuis ce jour, les maires des villes et présidents de conseils de districts ne peuvent plus rien faire pour diriger leurs territoires comme il se doit.

Exemple : les travaux liés au métro, outre d’avoir bouleversé le paysage urbain, et bientôt rural, n’ont rien apporté en termes financiers aux mairies. Il n’y a pas eu un « dédommagement » qui aurait pu aider les mairies à rester à flot. C’est aujourd’hui la compagnie gestionnaire des trams qui récolte tout. Alors que les mairies auraient dû être compensées.

De ce fait et après une voiture et un autobus prisonniers des eaux à côté du cimetière de Saint-Jean, les travaux de comblage de cette voie reviendront sûrement à la mairie de Quatre Bornes. Alors qu’il est évident que ce sont les travaux du métro qui ont causé le refoulement des eaux de pluie à cet endroit et que c’est cette compagnie qui aurait dû faire les frais de ces travaux.

Pour dire que tous les partis politiques sont en faute sur ce sujet. Alors que le Parlement reprend bientôt ses travaux, ç’aurait été l’occasion rêvée pour faire voter des amendements aux lois existantes, qui s’avèrent contraignantes, pour une meilleure gestion de nos villes et villages. Aujourd’hui, nos maires et présidents de conseils de districts ont les mains liées et les députés, PPS et ministres ont plus de pouvoirs sur leurs territoires. Ce qui est injuste. Car qui connaît mieux les maux de nos villes et villages, si ce ne sont les conseillers des maires et des conseils de villages ?

Le vrai pouvoir doit être à eux. Ils sont non seulement proches des problèmes des habitants mais ils savent aussi ce qui est bon ou mauvais pour leurs villes et villages. Dépolitisons donc leur administration ! Laissons travailler les maires et présidents de conseils de districts en toute liberté. Ils auront ainsi plus de latitude pour diriger leurs territoires et avoir ainsi leur mot à dire sur le développement qui passe par leurs villes et villages.

Si cela n’est pas fait, attendons-nous à ce que nos villes et villages continuent à devenir des goulots d’étranglement. Qui finiront par asphyxier les habitants. Et si l’on y ajoute le danger du changement climatique, voilà un cocktail qui finira par avoir raison de nos villes et villages. Les partis politiques qui se sont succédé au pouvoir doivent reconnaître qu’ils ont leur part de responsabilité dans la déchéance de nos villes et villages. On ne peut tout mettre sur le dos de ses adversaires (qui peuvent devenir les partenaires de demain !), ou sur le changement climatique. La vraie raison est que les villes et villages ne peuvent être gérés en toute liberté. Donnons la chance aux édiles de faire leur travail. Ce sont eux qui connaissent mieux leurs villes et villages. Si on ne tient pas compte de leur existence, le chaos perdurera dans nos villes et villages. Le facteur humain ne peut être ignoré. Les hommes et les femmes qui dirigent nos villes et villages doivent pouvoir avoir leur mot à dire sur l’administration de leurs territoires !

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