February 9, 2023
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Opinion

”D’origine Mauricienne”

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Beaucoup de Mauriciens vivant à l’étranger ne le sont plus en fait. Et on peut les comprendre. Ayant quitté l’île Maurice il y a une quarantaine d’années, ils n’ont plus rien à voir avec notre pays, s’étant adaptés en terre d’adoption, mais aussi ayant un passeport et une nouvelle identité.

Beaucoup d’entre eux ne rêvent plus de retour ici, si ce n’est pour des vacances, ou pour régler des problèmes d’héritage et faire des affaires dans l’immobilier. Bien entendu, il y a aussi une catégorie de Mauriciens qui se revendiquent de la diaspora, et qui ont encore des attaches avec la terre natale de leurs grands-parents et parents. Ce sont ceux-là qui aident encore les Mauriciens d’ici, et se tiennent au courant de tout ce qui s’y passe, et veulent même voter, pour changer le pays électoralement.

Mais souvent des journalistes confondent les deux catégories et mettent ces personnes dans le même panier. Ainsi,quand Suella Braverman devint ministre de l’Intérieur en Grande Bretagne, la presse locale avait cru bon de rappeler qu’elle était « d’origine mauricienne ». Or, même si sa mère venait effectivement de notre pays, pour finalement s’implanter en Angleterre, après s’être mariée avec un Kenya, Suella n’a plus rien à voir avec notre île. Ces jours-ci, elle fait de nouveau la Une parce qu’elle s’oppose à la politique de « open borders », qui verrait l’entrée d’Indiens sur le sol Britannique, et ce dans le cadre d’un accord avec l’Inde.

Quand sa mère fit ses premiers pas en Angleterre, la politique d’immigration ne différait en rien de ce qui se passe aujourd’hui là-bas. Mais Suella n’a jamais imaginé ce qui se serait passé si la Grande Bretagne avait refusé l’entrée sur son sol à ses parents. Elle serait née dans un autre pays. Peut-être à Maurice, ou au Kenya. Et elle aurait eu un autre destin.On se serait dit qu’une personne,dont les parents ont sûrement connu l’enfer de la politique d’immigration de la Grande Bretagne, aurait tout fait pour assouplir les conditions d’entrée dans ce pays.

Eh bien non, Suella Braverman n’a pas l’intention de céder. Elle a soutenu qu’elle ne veut pas “open borders” migration policy “concerns” about including looser migration controls for workers and students as part of any trade deal that is currently being negotiated with India.

Eh bien non, Suella Braverman n’a pas l’intention de céder. Elle a soutenu qu’elle ne veut pas “open borders” migration policy “concerns” about including looser migration controls for workers and students as part of any trade deal that is currently being negotiated with India.

Et pointe surtout du doigt les Indiens : “I do have some reservations. Look at migration in this country – the largest group of people who overstay are Indian migrants.”.Et ce, alors qu’elle est d’origine Indienne,de par sa mère ! Elle a fait ces declarations alors que le gouvernement Britannique veut augmenter les visas d’entrée pour les travailleurs étrangers.Mais elle,elle veut au contraire « bring down net migration to “tens of thousands”“substandard” courses in “inadequate” universities lowering migration numbers was a crucial part of the post-Brexit social contract.

“Part of the Brexit restoration – I don’t call it revolution, I call it restoration – was about actually weaning employers off foreign labour. Ultimately, paying more is going to be the way you get people to take up these jobs. That’s going to be where we go: with a high-wage, high-skilled economy. Employers need to pay their workers.”

Et c’est là que son combat doit interpeller notre gouvernement et le secteur privé. Le second veut faire appel à encore plus de main-d’œuvre étrangère, notamment dans l’hôtellerie et le secteur du tourisme en général. Ce qui irrite ceux qui y ont fait carrière, et alors que la main-d’œuvre mauricienne demande aussi plus de considération, à travers un nivellement des salaires, par le haut bien sûr. Ce qui diminuerait l’arrivée de travailleurs étrangers ici. Suella Braverman est aussi consciente de cette équation sur sa terre natale, l’Angleterre. »Employers have to pay ».Et étonnamment, les employeurs mauriciens semblent ne pas avoir eu écho de cette déclaration.

Bien entendu, la dame s’adressait aux employeurs de son pays. Mais il est clair qu’il faut un équilibre entre travailleurs Mauriciens et étrangers. Et donc, sans tomber dans les excès de Suella Braverman, l’Etat mauricien devrait faire comprendre au secteur privé que le Mauricien doit rester roi sur son sol. Nous sommes à l’île Maurice. Et s’il faut certainement souhaiter la bienvenue aux travailleurs étrangers, il ne faudrait pas encourager la paranoïa qui dit que le travailleur Mauricien est « paresseux ». Pey Morisien kouma bizin, e li pou travay. Il ne sentirait pas alors le besoin de s’exiler ailleurs. En Angleterre par exemple. Où il peut courir le risque de se faire déporter. Eu égard à la politique de Suella Braverman, une personne « d’origine mauricienne » !

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