May 17, 2022
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Politique

Dr Vasant Bunwaree :

Avec un riche parcours, le Dr Vasant Bunwaree nous livre son analyse sur la situation politique qui prévaut dans le pays. Faisant la genèse de sa carrière en précisant qu’il a débuté son cheminement politique au sein du MSM à la demande de Sir Anerood Jugnauth (SAJ), il trouve que lui et le leader du MSM, Pravind Jugnauth, ont une même vision de développement pour la société. Sur Navin Ramgoolam, il est le plus catégorique : « celui-ci est dépassé et il est un politicien du passé ». Il estime que Navin Ramgoolam est affaibli dans la conjoncture. Ci-après l’essentiel de cette rencontre au siège de sa clinique à Curepipe.

De MSM au Ptr pour ensuite devenir leader du Mouvement Travailliste Militant (MTM), Vasant Bunwaree justifie son changement de trajectoire politique. D’emblée, il souligne qu’il a démarré sa carrière auprès du MSM à la demande de SAJ alors qu’il était fonctionnaire en tant que médecin cardiologue. « J’étais fonctionnaire en tant que cardiologue j`avais introduit la chirurgie cardiaque à Maurice. Je n’avais nullement l’intention de me jeter dans l’arène politique », souligne-t-il. Il précise que son parti, le MTM, n’a pas été démantelé. « Toutes les structures sont encore là et mes partisans y sont toujours. Le parti MTM est simplement mis au frigo pour une longue période et à n’importe quel moment je peux le sortir de son état de frigorifié ».

Évoquant son entrée au ministère de la Santé comme cardiologue, Vasant Bunwaree affirme être le pionnier de l’introduction de la chirurgie cardiaque à Maurice. « En même temps, les médecins spécialistes avaient un litige avec le gouvernement d’Anerood Jugnauth et voyant ma débrouillardise les médecins voulaient que j’assume des responsabilités au niveau du syndicat. J’étais devenu alors médecin-syndicaliste ». Deux évènements majeurs surgirent : l’arrestation des Amsterdam Boys et la publication du rapport du PRB. Le syndicat des médecins n’était pas d’accord avec certains aspects du rapport PRB. Toutes les tentatives de régler ces différences étaient vaines. Vasant Bunwaree était alors président du syndicat des médecins.

« Ou pas interesser faire politique ? »

« Face à cette intransigeance gouvernementale, la Fédération des syndicats du Service civil décidait d’organiser une manifestation dans les rues de Rose-Hill avec un meeting au Plaza. Toolsiraj Benydin, alors président de la Fédération, m’avait convié à cette manifestation et m’avait même demandé de prendre la parole ». Ce fut à ce moment-là que sa carrière politique commençait à se dessiner. Il devait faire ressortir lors de cette manifestation qu’il n’était pas un opposant au régime en place, mais qu’il voulait que les points litigieux soient réglés, dont le principal concernait l’interdiction des spécialistes d’opérer dans le privé. « Après cette manifestation, le secrétaire au Cabinet d’alors, M. Heeralall, m’avait appelé pour me dire que j’avais eu un rendez-vous avec SAJ pour discuter de ce point litigieux. Après m’avoir écouté, SAJ tomba d’accord pour revoir cette question de permettre aux spécialistes d’opérer dans le privé en demandant à son ministre de la Santé d’alors d’enlever cette restriction », nous explique notre interlocuteur.

Poursuivant, il ajoute : « ce fut ce jour-là que SAJ me posa la question directement : « Ou pas interesser faire politique ou ? ». « SAJ devait alors m’annoncer qu’un de ses députés, notamment Ramsahok, allait démissionner dans le sillage de l’affaire Amsterdam. Après quelques jours de réflexion j’avais donné mon accord et ce fut mon entrée dans l’arène politique ». Il précise toutefois que même s’il avait adhéré au sein du MSM, lui-même et les membres de sa famille sont travaillistes « dans zotte trippe ».

Élu sous la bannière du MSM lors de cette partielle, Vasant Bunwaree demeure néanmoins un Travailliste. « La famille Bunwaree fait partie de cette défaite de 1982 quand le parti Travailliste avait été balayé de la scène politique », nous précise-t-il. Pendant qu’il était alors back bencher au parlement, trois évènements majeurs devaient le pousser vers la sortie. Finalement il devait apporter son soutien au Ptr et il fut parmi les trois élus des rouges. C’était en 1991.

Parlant de Navin Ramgoolam, notre interlocuteur trouve qu’il est « un homme dépassé et un politicien du passé ». Pour lui, il serait difficile pour Navin Ramgoolam de se faire élire dans la conjoncture. « Il existe un groupuscule qui travaille dans l’ombre pour que Navin Ramgoolam ne soit pas élu », souligne-t-il. Il estime qu’un politicien doit être exemplaire et que du côté des rouges il y a des candidats qui n’ont pas de casier judiciaire vierge. « A l’instar d’Eshan Jouman qui a été condamné pour corruption », rappelle-t-il.

Sur Pravind Jugnauth, qui il a rencontré le lundi 23 octobre, il trouve que celui-ci a une même vision de développement de société que lui-même. Il dit avoir fait comprendre à Pravind Jugnauth qu’il n’attend rien en retour mais qu’il est venu apporter son soutien au MSM. « Toutefois il dit souhaiter que ses partisans ne soient pas laissés sur la touche une fois que le MSM reprendra pouvoir.