February 9, 2023
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Opinion Politique

Flambée de la pandémie : tous les ministres de la Santé auraient dû démissionner…

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La pandémie fait des ravages, ici comme ailleurs. Pour l’endiguer, il ne faut pas faire croire qu’il suffit que le Dr Kailesh Jagutpal démissionne comme ministre de la Santé et tout est réglé. Il ne faut pas faire de cet homme de courage et de bonne volonté le bouc émissaire d’un virus mortel que même les pays les plus développés, les plus avancés technologiquement et scientifiquement, ont dû s’avouer vaincus vague après vague tant les mutations sont imprévisibles et les variants impitoyables.

Il ne faut pas être de mauvaise foi non plus et être motivé politiquement alors que la Covid-19 fait abstraction de tout quand elle frappe: pays, statut, race, sexe, âge, couleur, religion, culture, affinité politique, etc. La crise sanitaire est sans précédent. Personne, même le plus adroit, le plus crédible et célèbre des voyants ne s’attendait à voir plus de cinq millions d’hommes et de femmes dans le monde passer de la vie à trépas en deux ans.

Personne ne pouvait prévoir qu’un petit virus invisible allait être si difficile à maîtriser et à neutraliser. Qui aurait pu penser qu’il allait mettre la planète-terre à genoux économiquement et financièrement ? Que le coronavirus accablerait les plus grandes puissances mondiales ? Deux ans après ses premières victimes, les chiffres continuent d’affoler : il y a eu 5 089 444 décès et 252 196 594 de contaminés. Le fait positif demeure que 228 255 702 s’en sont sortis indemnes grâce à la médecine, aux scientifiques et à un personnel soignant exceptionnel et dévoué à la cause humanitaire.

Tous les pays sérieusement affectés par la Covid-19 n’ont pas limogé leur ministre de la Santé. Tous les responsables de ce portefeuille dans leur gouvernement respectif n’ont pas eu à démissionner parce qu’il y a eu des morts parmi leurs compatriotes. La santé publique est un sujet d’intérêt national qui transcende toutes les barrières, toutes les considérations. C’est un dossier sensible et délicat qu’il faut traiterobjectivement et de façon dépassionnée parce qu’il y va de la santé et de la vie du citoyen malade.

La santé publique ne doit pas servir deplateforme à des arguments partiaux et politiques, à des prétextes pour enfler la polémique surtout quand l’heure est grave et qu’il faut resserrer les coudes dans un souci de patriotisme et d’élan national.

Réclamer la démission du ministre Jagutpal parce qu’il y a une troisième vague équivaut à demander à tous les ministres européens de la Santé de quitter leur poste vu qu’il y a une quatrième vague qui déferle sur le plus petit continent, non ? En juin dernier, Matt Hancock avait démissionné comme ministre de la Santé du gouvernement de Boris Johnson et ce départ n’avait rien à faire avec la crise sanitaire qui avait plongé le Royaume-Uni dans le chaos. Ce n’était pas dû à la mauvaise gestion de son ministère. Il avait soumis sa démission pour avoir embrassé sa conseillère, Gina Colandangelo, dans son bureau en enfreignant les mesures sanitaires contre la propagation de la Covid-19. Pourtant, Matt Hancock a été le ministre au cœur de la bataille du gouvernement britannique contre la pandémie. En Inde, en juillet, Harsh Vardhan a dû rendre son tablier de ministre de la Santé parce que les hôpitaux indiens étaient à court de lits, d’oxygènes et de médicaments. Il était l’un des douze membres du gouvernement de Narendra Modi à partir pour forcer un remaniement ministériel.

Même le meilleur ministre de la Santé de l’île Maurice post-indépendante n’aurait pas pu faire mieux vu les circonstances nationales et internationales eu égard aux caractéristiques du coronavirus. Quand la chaîne française d’informations LCI a récemment découvert que notre pays subissait les affres de son propre variant « over and above » les dégâts du variant indien Delta et autres, nous avons dû vite comprendre que nous devons être désormais plus vigilants et prudents. Pour nous protéger, protéger nos proches et le pays.

Si la responsabilité citoyenne est en cause de la présente contamination, ne serait-il pas malhonnête d’attribuer toute nouvelle infection à Kailesh Jagutpal qui, qu’on le veuille ou non, est assis sur une poudrière d’autant qu’en temps de pandémie, le ministère le plus en vue avec de plus lourdes tâches et de pressions est celui responsable de la santé et du bien-être de la population ?

Le locataire du 5e étage de l’Emmanuel Anquetil Building est, depuis le début de la crise sanitaire, l’objet de toutes les convoitises et les critiques. Peut-être que certains croient, maladroitement sans doute, qu’il est le maillon faible d’un gouvernement qu’il veut voir tomber à tout prix d’où leur campagne malsaine. S’attaquer à Kailesh Jagutpal ne ferait pas fléchir la majorité gouvernementale. Réclamer à tort et à travers la démission du ministre de la Santé ne pousserait pas le virus contagieux à s’éloigner de nos côtes.

Tout le monde a le devoir et la responsabilité de respecter les gestes barrières et de coopérer avec les autorités pour mener à bon port le combat contre le coronavirus. Porter son masque comme il le faut, faire de la distanciation sociale un must, sortir en cas de nécessité et faire preuve d’une hygiène impeccable chaque fois qu’on rentre chez soi sont de petits gestes aux grands résultats. Si nous n’adoptons pas ces pratiques, il faudra chaque jour qui passe avoir un nouveau ministre de la Santé.

Parce que la hausse des cas positifs sera inévitable par la faute commune citoyenne et non par un vœu dépourvu de bon sens parce qu’on n’aime pas la tête de Jagutpal pour des raisons politiques.

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