January 31, 2023
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Frère Antonio : « Il ne faut pas avoir honte de reprendre sa vie en main »

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L’association Passerelle fonctionne sous l’égide de l’association Père Laval des Sans Abris. Sise à Sainte Croix, elle ouvre ses portes à ceux qu’on considère comme des exclus de la société. Ce foyer offre un toit, de quoi se nourrir et surtout un suivi à ces personnes, victimes de leurs erreurs du passé et qui peinent à se reconstruire.

Le Frère Antonio Ah-Yoon, responsable du centre, et ses collaborateurs mènent un programme de réinsertion sociale destiné à ceux qui vivent dans la délinquance, la pauvreté, la drogue et la prostitution, entre autres. Il explique que : « Nous accueillons tous les Mauriciens qui sont en difficultés ».

Un stage de deux ans

Notre interlocuteur précise qu’il faut d’abord que la personne en difficulté accepte de son plein gré de rejoindre le centre d’accueil parce qu’il y a des règles à respecter pour le bon fonctionnement du projet. « Quand la personne a finalement accepté de débuter son stage de deux ans, elle doit faire six semaines à l’intérieur, ce qui veut dire participer à un temps d’observation et d’adaptation ». Après ces six semaines, une évaluation est effectuée sur la personne et à ce moment-là, elle est libre d’afficher son choix de rester ou pas. « Nous avons eu des cas qui, après trois semaines, ne pouvant pas s’adapter, ils ont préféré partir », indique le frère Antonio. « Nous respectons leurs choix car la maison tourne avec la collaboration des stagiaires et pas autrement », ajoute-t-il.

Les résidents sont de tout horizon et le frère Antonio reconnaît que ce n’est pas toujours facile pour eux de gérer cette cohabitation. « Nous accueillons toute la société mauricienne. Ils arrivent avec des problèmes différents. Il faut qu’ils se comprennent et apprennent à vivre ensemble ».

Les préjugés freinent le combat

Aider ces gens à trouver du travail ! Tel est l’objectif de ce foyer d’accueil, car conscient qu’un sans-abri n’ayant pas de maison ni accès à une salle de bain, peine forcement à trouver un emploi. « Nous voulons les aider à redémarrer une vie meilleure. Il ne faut pas avoir honte de reprendre sa vie en main  », avance le frère Antonio. Mais il y a toujours des obstacles à surmonter pour atteindre ce but : celui de lever la chape des préjugés ! « C’est vraiment dommage, il y a trop de préjugés dans la société mauricienne », déclare-t-il.

D’ailleurs, le frère Antonio fait ressortir que tous ceux qui sont venus leur rendre visite ont compris que ces jeunes en difficultés sont des gens comme nous tous, qui ont besoin d’aide pour pouvoir s’en sortir et que l’association est là pour leur tendre la main. « Nous ne sommes pas là pour les juger ».

A ceux qui ont les moyens, venez-en aide aux ONG

Les ONG ont besoin d’aide que ce soit en termes d’argent ou de savoir-faire. Ceux qui souhaitent apporter leur contribution dans cette lutte pour une île Maurice meilleure, faites-le car, comme le dit si bien le frère Antonio, « nous sommes tous dans le même bateau. Offrez la chance à ces personnes de prendre un nouveau départ dans la vie. Partagez avec les autres ce soleil qui est devant votre porte ! »

Témoignage de Michael Labonne, résident et animateur

La journée des résidents débutent à 6h du matin au son d’une cloche. Avant qu’ils ne prennent le chemin du travail ou n’entament le planning de la journée, chacun doit faire une corvée. « Saken bizin fer ene ti louvraz, ene ti netoyaz avan », explique Michael.

L’ambiance est bon enfant chez des gens, qui, il y a quelque temps ne se connaissaient pas, mais qui aujourd’hui, vivent ensemble comme une famille. « Nu partaz tou, nu manz mem manze, nu guet televizion ensam, nu fer nu bane activite ensam. Nu couma ene fami normal sof ki saken sorte so cote ine vini », affirme l’animateur.

De plus, il reconnaît que si cette ONG ne l’avait pas accueilli, il serait sans doute encore en train d’errer dans les rues. « Si pa ti ena bane ONG, pa coner kot ti pu ale. Ti pou byen difisil deza pu gagn ene twa ». Michael, comme nous tous d’ailleurs, ne sait pas de quoi demain sera fait mais il sait que la vie lui a donné une seconde chance et il ne regrette pas de l’avoir saisie. À ce propos, il invite tous ceux qui sont en difficulté à rejoindre la famille de Passerelle. « Pa bizin honte. Nu la pou ed zot », conclut-il.

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