May 17, 2022
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Politique

Gouvernement d’unité nationale : mais qui veut sauver sa peau ?

C’est une folle idée que de réunir quelques politiciens désavoués par la population pour former un gouvernement appelé pompeusement ‘gouvernement d’unité nationale’. C’est vrai que depuis 2020 le monde vit sous la coupe d’une pandémie qui a fait plus de 6 millions de victimes à ce jour, et subit de plein fouet les conséquences du conflit militaire en Ukraine. Mais, face à ce double drame, il n’y a aucun pays au monde où un gouvernement aurait jeté les armes et fait appel à l’opposition. C’est là un cas de ‘worst catastrophe’ sortie droite d’un écrivain de ragots en mal de best-seller. Mais la réalité est tout autre et exige des réponses cohérentes à la crise que le monde vit. La formulation de l’idée d’un gouvernement d’unité nationale porte déjà en elle les germes d’instabilité, en ce qu’elle reste d’abord une idée creuse à l’intérieur, puis ne reflète en aucun cas le souhait de la population.

Depuis 2020 et après la mise sur pied de la Mauritius Investment Corporation qui a déboursé quelque 44 milliards en soutien à 37 entités privées, suivi d’un plan de relance, l’ile Maurice s’est montrée résiliente et a maintenu, cette année, une dynamique de reprise. Presque tous les secteurs d’activité sont au vert, à l’exception du tourisme dont on attend une relance, et celui de la construction. Mais nous savons que depuis 2020, la reprise dans ce dernier secteur a connu une timide reprise avec quelques investissements de la part de clients sud-africains notamment. Mais, ces investissements, on l’a vu dans le passé, sont souvent tributaires d’un ensemble de facteurs exogènes et endogènes. Mais, ces investissements n’ont pas toujours apporté des bénéfices pour le pays, n’ayant profité qu’à quelque ‘happy few’.

Le foncier et l’immobilier

On se souviendra des promesses induites par les projets IRS, où des anciennes sucreries engagées dans la reconversion d’une partie de leurs terres, avaient obtenu le soutien de l’État en exemption fiscale et d’autres facilités pour séduire les riches étrangers à investir dans le foncier et l’immobilier à Maurice. On ne sait toujours pas ce que les projets réalisés ont apporté aux localités où ils ont été implantés. Quand bien même, ils ont fait grimpe le taux des investissements directs, ils n’ont jamais un secteur viable sur le long terme, garantissant des emplois stables.

Depuis ces derniers temps, on voit se succéder une ribambelle d’individus et de groupuscules, les uns se vantant plus inventifs que les autres en propositions. Il est tout de même hilarant de constater que certains, à commencer par ceux de Linion Pep Morisien, suggèrent la création d’un Sénat si jamais le mouvement accéder au pouvoir. Au moment où le pays passe par une période économique et sociale difficile, il n’est pas superflu de se demander où Dev Sunnasy, qui s’est acoquiné avec Bruno Laurette, compte trouver un budget supplémentaire pour la mise sur pied de cette deuxième chambre. En fait, il est de bon ton en ce moment de faire des propositions les plus farfelues dont certaines radios libres sont tellement friandes afin de se faire de l’audience. Mais, dans la rue, pour peu qu’on pose les vraies questions aux Mauriciens, ces derniers avouent qu’il serait difficile de faire mieux que le gouvernement. Les premiers – et parmi certains irréductibles adversaires de Pravind Jugnauth -, à reconnaitre que les soutiens financiers de l’État leur ont permis de maintenir la tête hors de l’eau, se trouvent les opérateurs dans le secteur informel. Une multitude de personnes qui vivent des activités de subsistance doivent beaucoup à ce soutien du gouvernement parfois attribuer sans trop de distinction…

Double impact

Mais comme certains ont pu l’affirmer péremptoirement l’année dernière, le pire n’est pas derrière nous. Même si l’ile Maurice peut encore souffler alors qu’au même moment, certains pays africains semblent subir frontalement le double impact de la Covid-19 et du conflit militaire en Ukraine. Ici même, à plusieurs reprises, nous reconnaissions que la résilience de l’ile Maurice n’est pas tombée du ciel, étant la conséquence d’une véritable maitrise des fondamentaux de notre économie, d’une certaine rigueur budgétaire et de la volonté collective de faire progresser l’économie. A la dimension économique, il faut encore citer les augmentations successives des dotations budgétaires au social, à la santé et à l’éducation nationale, indispensables l’un après l’autre au maintien du tissu social et en réponse aux défis et enjeux dans le domaine académique et la formation professionnelle. En ce moment où le ministre des Finances se met à l’écoute des différents opérateurs économiques et autres syndicalistes et activistes sociaux, il est indispensable de maintenir les soutiens à ces trois secteurs dits sociaux.

Mais comme certains ont pu l’affirmer péremptoirement l’année dernière, le pire n’est pas derrière nous. Même si l’ile Maurice peut encore souffler alors qu’au même moment, certains pays africains semblent subir frontalement le Double impact de la Covid-19 et du conflit militaire en Ukraine. Ici même, à plusieurs reprises, nous reconnaissions que la résilience de l’ile Maurice n’est pas tombée du ciel, étant la conséquence d’une véritable maitrise des fondamentaux de notre économie, d’une certaine rigueur budgétaire et de la volonté collective de faire progresser l’économie. À la dimension économique, il faut encore citer les augmen-tations successives des dotations budgétaires au social, à la santé et à l’Éducation nationale, indispensables l’un après l’autre au maintien du tissu social et en réponse aux défis et enjeux dans le domaine académique et la formation professionnelle. En ce moment où le ministre des Finances se met à l’écoute des différents opéra-teurs économiques et autres syndicalistes et activistes sociaux, il est indispensable de maintenir les soutiens à ces trois secteurs dits sociaux.