July 2, 2022
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Opinion

LA BAI INSTRUMENTALISÉE POUR GAGNER LES VOTES D’UNE COMMUNAUTÉ

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Un regard dans le rétroviseur pour bien comprendre l’affaire BAI nous montre très clairement que, bien avant son effondrement en 2014, la BAI, cet important  conglomérat dans le paysage économique du pays, montrait déjà des signes de difficultés financières extrêmes, selon des experts financiers, incluant le FMI.
 
Pour cause, entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2013, BAI avait encaissé des pertes colossales avoisinant  14,7 milliards de roupies (410,3 millions de dollars).  «Même les groupes de sociétés les mieux capitalisés à Maurice échoueraient sous de telles pertes et le groupe BAI n’était pas l’un des groupes de sociétés les mieux capitalisés à Maurice», avertissait « NTAN Corporate Advisory » dans un rapport publié en 2016.   Donc BAI était en situation de faillite depuis bien avant 2014, c’est la première chose à retenir.
 
Pour rappel, la Banque de Maurice avait choisi la société singapourienne « NTAN Corporate Advisory »  pour étudier les systèmes opérationnels de la BAI.  Au 31 décembre 2010,  selon les experts singapouriens, les passifs du groupe BAI dépassaient ses actifs d›environ 1,2 milliard de roupies. Trois ans plus tard, ce manque à gagner avait atteint 12 milliards de roupies, indique le rapport.   Et en dépit de plusieurs lettres de mise en garde de la banque de Maurice, la BAI, poursuivait dans ses errements et ce, avec la bénédiction d’un Premier Ministre aussi irresponsable qu’il était plus préoccupé par son shopping fine fleur, qu’autre chose. Toujours en 2010  les avertissements du FMI sur les graves dangers et les risques systémiques que fait   peser la BAI sur l’économie du pays sont une nouvelle fois complètement ignorés par le Gouvernement dirigé par Navin Ramgoolam.
 
Pour  bien comprendre cette affaire, qui est aujourd’hui un thème de campagne de prédilection pour les adversaires du Gouvernement sortant, dans l’unique but de «  stir the passions of a « specific community » comme l’écrit un internaute bien averti, il faut remonter à la source. En effet, BAI tire ses origines dans le secteur des assurances. Puis la compagnie s’est diversifiée  au fil des années dans un large éventail d’activités, notamment les banques, les services financiers, les soins de santé, les transports, la vente au détail et les médias dans diverses régions du monde.
 
Quand le Gouvernement LEPEP accède au pouvoir en 2014, il est en présence de faits alarmants s’agissant de deux produits proposés par la BAI. Ces deux produits, selon les experts, sont une très  grave menace, pour ne pas dire toxique, pour l’économie.   En effet, la  « British American Insurance », sans doute pour sortir de l’ornière financière dans laquelle elle s’était plongée,  avait  trouvé la poule aux œufs d’or sous forme de la « Super Cash Back Gold ». Tandis que la Banque Bramer émettait pour sa part,  des souscriptions dans le « Bramer Property Fund », promettant dans les deux cas, des retours sur investissements défiant toute concurrence.   La suite, on la connait ils sont des milliers à s’être laissés tentés par ce retour inespéré d’intérêts sur le capital.  Mais en vérité, ces deux produits étaient de facto insoutenables et si le gouvernement LEPEP n’avait pas agi à temps, les dégâts auraient été irréversibles pour l’économie comme l’avertissait le FMI.
 
Et si on remonte plus loin dans l’histoire on comprend que c’est Sithanen, avec sa taxe imposée entre 2005 et 2010 sur les épargnants, qui ouvrira la voie pour le Super Cash Back Gold.    Oui cet ancien Ministre des Finances a beaucoup de comptes à rendre sur ses décisions mais surtout sur celle  de surtaxer les épargnants pour favoriser la bulle de produits financiers a des taux incroyables et supérieurs  à ceux proposés par les banques commerciales.S’il est vrai que les petits épargnants ont souffert par manque de jugeote et par manque de vérifications nécessaires (Due Diligence) sur les instruments financiers proposés par la BAI, d’autres investisseurs, surtout ceux qui thésaurisaient de l’argent mal gagné, ont trouvé dans ces produits une aubaine pour contourner la loupe de la MRA.
 
Donc, qu’on vienne pleurnicher dans des meetings, faisant croire que la BAI est une grande victime d’une vendetta politique cruelle et sans merci, relève  de la fiction. Il faut arrêter de prendre des gens pour des cons et appeler un chat un chat. La BAI était en faillite, la banque centrale le savait et avait émis des mises en garde qui ont toutes étaient ignorées par Navin Ramgoolam, laissant libre court à la supercherie de la SCBG.  C’est ça la vérité.

C’est très triste pour les petits épargnants qui, à cause de la taxe suffocante sur les intérêts, se sont laissés tentés par le SCBG et il faudrait pour cette catégorie d’épargnants avoir une meilleure considération. Quant à ceux qui thésaurisaient pour éviter de payer la taxe et qui ont aujourd’hui tout perdu en se souscrivant à la poule aux œufs d’or, vous savez ce que dit l’adage, bien mal gagné ne profite jamais. Fallait y penser.

La communauté musulmane dont le sens d’équité est connue a le devoir de discerner, trier l’authentique du frelaté. Navin Ramgoolam a instrumentalisé l’affaire pour gagner son vote, manipulant les sentiments de cette composante de la société. de l`autre côté ,on faisait accroire que son sort (précisément son « downfall ») est lié accessoirement à son affiliation ethnique. Pour être plus explicite, la perception dans le public doit se répandre d’une façon que le sort d’un individu (même s’il a tort) suffit pour avoir une incidence sur sa religion. Ainsi, le but d’obtenir l’adhésion des musulmans à sa cause et que ceux-ci soient solidaire de lui est atteint.

Même si pendant des années, la vie et les affaires de l’homme en question et de sa famille n’avaient rien à faire avec les tribulations de sa communauté. C’est carrément une tromperie. Et, dire qu’il y a des milliers de musulmans qui ont enduré des situations éprouvantes dans le pays pendant des décennies, sans qu’ils se servent de leur appartenance pour converger sur eux de la solidarité et en tirer un capital personnel.

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