June 29, 2022
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Opinion

Le PMSD coule et entraine l’opposition

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S’il fallait une preuve que l’opposition parlementaire est complètement aux abois depuis ces derniers mois et ne laisse aucune perspective à l’opposition citoyenne, avec Valayden, Bhadain et Teeluckdharry et consorts, la semaine écoulée nous l’a apportée, avec les démis- sions de Salim Abbas Mamode, Yannick Corner, Reshad Lowtun, Manish Cushmagee et Jean Maigrot, tous de profils différents. Tout laisse croire que les démission- naires ne croient pas à la capacité de la plateforme de l’opposition parlementaire à se présenter comme l’alternance à l’alliance MSM-L’alliance Lepep. L’affai- blissement du PMSD entraine fatalement celui de cette plateforme déjà improbable. Mais il démontre aussi les faiblesses de l’opposition face au gouvernement, qui enchaine les bonnes décisions, avec le déconfi- nement partiel, notamment dans certains commerces. La prudence en toutes choses a toujours un élément central dans toutes les décisions du gouvernement, notamment sur le plan sanitaire et économique.

Sang-froid

Au front de la communication depuis l’apparition de la pandémie, le ministre de la Santé, Kailesh Jagatpal a su faire face aux critiques les plus injustes sans jamais perdre son sang-froid. Sur les réseaux sociaux, les internautes y vont encore de leur mauvaise foi et commentaires bas face au ministre. Mais la vérité des faits est en train de s’imposer et certains dans les rangs de l’opposition ne peut plus jouer à l’autruche. Il ne serait pas étonnant que d’autres défections suivent et provoquent la démobilisation au sein d’une opposition parlementaire déjà profondément divisée sur les stratégies face au gouvernement et le Parti travailliste où elle souhaite vivement le départ de Navin Ramgoolam. L’alliance gouvernementale n’a pas eu besoin d’agir – comme l’affirme l’opposition -, pour convaincre certains que leurs choix ne leur menaient nulle part et leur engagement politique se heurtent à des résultats qui satisfont une majorité de la population.

Beaux jours

Le secteur privé est sans doute le premier à se frotter les mains lorsqu’il empoche les milliards provenant de la Mauritius Investment Corporation (MIC), dont il n’est pas sur qu’il remboursera lorsque reviendront les beaux jours. Avec les soutiens aux salaires, le déconfinement partiel ainsi que la relance du secteur touristique augurent le retour de la confiance. Ce sont des facteurs qui, malheureusement, ne permettent pas à l’opposition d’élaborer une stratégie qui s’articulait autour d’une longue campagne de démagogie et de sape. La plateforme de l’opposition regroupée autour du MMM, le PMSD, Nando Bodha et Roshi Bhadin n’a pu la dynamique souhaitée. L’ex-ministre Bodha est sans aucun doute le maillon faible de ce regroupement qui voulait d’un PTr débarrassé de son leader, Navin Ramgoolam, coupable à deux reprises d’avoir conduit à la défaite les alliances dont les rouges étaient la locomotive.

Éternel second

Mais sans Ramgoolam, rien n’indique qu’un PTr, mené par Arvin Boolell, aurait plus de chances pour reconquérir le pouvoir. Éternel second comme son père, Sir Satcam Boolell, qui s’était lui-même heurté à une aile dite socialiste du PTr, Arvin Boolell n’a jamais démontré des talents fédérateurs, sans doute parce que l’aile Assirvaden/Baichoo ne lui a jamais laissé l’espace nécessaire pour s’exprimer. Cela dit, certain au sein du labour qu’il a lui-même été surestimé. La division au sein du P. Tr, quant au leadership du parti, est parti pour s’élargir et sans provoquer la cassure de la plateforme de l’opposition. Il est évident que le MMM ne voudra pas que le poste de leader de l’oppo- sition revienne à un député contesté au sein de son propre parti et qui est privé d’un député élu dans une circonscription importante de la capitale. Pour ceux qui connaissent Paul Bérenger, les discours qu’il tient durant une conférence de presse sont souvent loin de refléter sa pensée profonde. C’est un homme qui a souvent tranché à froid et sans aucun d’âme.

Facteurs communautaires

Durant cette année et les deux autres à venir, le leader du MMM sera un observateur attentif de la situation sanitaire et économique. Sa stratégie sera déterminée en fonction des bons ou mauvais résultats de cette situation. Mais d’ores et déjà, avec l’affaiblissement du PMSD et le déconfinement partiel et la relance partielle du touristique, il a sans doute sa petite idée sur la popularité réelle des uns et des autres. En politicien aguerri qui connaît le poids des facteurs communau- taires, les allégeances des communautés et les facteurs qui déterminent leurs choix politiques, il sait où vont les préférences. Toutefois, il sait aussi que des calculs millimétrés, comme ceux auxquels s’était livré Rama Sithanen aux élections générales de 2014, ou encore un simple faux-pas verbal de nature sectaire, peut renverser les sondages. Plus loin dans le passé, ce même type de discours avait causé la perte de Sir Anerood Jugnauth, dont le bilan ne souffrait d’aucune contestation.

C’est la raison pour laquelle le Premier ministre doit veiller à la loupe aux moindres petites déclarations dès ses députés et ministres. Et veiller à ce que les règles de la bonne gouvernance et de la méritocratie soient observées à la lettre. Car, lorsque les conséquences économiques de la Covid-19 se feront sentir durant les prochaines années, les Mauriciens ne tolèreront pas les entraves à ces deux règles sacro-saintes de la démocratie.

DHUNNY CASSAM

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