May 20, 2024
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Les 40 ans du MSM: Un bilan positif mais une situation politique ambiguë

Le Mouvement Socialiste Militant (MSM) a fêté hier son 40ème anniversaire par le dévoilement d’un buste de son père fondateur et premier leader, sir Anerood Jugnauth, au Gandhi Square, à Rivière du Rempart, circonscription où il a été élu à de nombreuses reprises. Comme tous les partis politiques, le MSM a connu des hauts et des bas, mais quoi qu’on puisse dire ce parti a façonné et façonne encore l’histoire du pays.

La particularité du MSM c’est qu’il est né au pouvoir après une scission au sein du MMM  qui avait fait d’Anerood Jugnauth le Premier ministre de l’ère post-ramgoolamienne, après les élections du 11 juin 1982. Réunissant autour de lui les députés du PSM, parti allié dirigé par Harish Boodhoo, et quelques députés dissidents du MMM, qui avaient refusé la démission en bloc du gouvernement, qu’avait proposée Paul Bérenger, Anerood Jugnauth conserva le pouvoir pendant quelques mois jusqu’à la tenue de nouvelles élections en août 1983.

Entretemps, Harish Boodhoo avait dissous son parti, le PSM (Parti Socialiste mauricien), pour aider SAJ à créer le Mouvement Socialiste Militant qui remporta haut la main ces élections d’août 1983 avec le soutien du Parti Travailliste et du PMSD, pourtant honnis par l’électorat quelques mois auparavant. Depuis, le MSM a remporté sept victoires et a connu deux défaites aux élections législatives. La défaite la plus sévère fut celle de décembre 1995 quand le parti fut balayé par le Une défaite qui n’épargna personne au sein du parti orange, même SAJ fut emporté par la vague rouge-mauve de l’alliance Parti Travailliste-MMM, alors qu’il s’était présenté devant l’électorat avec un bilan plus qu’honorable.

La «dream team» d’Anerood Jugnauth

Il faut dire que le MSM a toujours été au pouvoir avec le soutien de partis alliés ce qui fait sa force mais aussi sa faiblesse car on ne sait ce que jauge le parti orange seul. Quoi qu’il en soit, il faut reconnaître au MSM d’avoir été à la base de la relance économique du pays à partir de 1985, après avoir connu deux dévaluations successives de la roupie et d’avoir hérité d’un fort taux de chômage. Sous la férule de sir Aneerood Jugnauth, le pays connut, dans les années 80 et 90, un taux de croissance jamais atteint auparavant, faisant reculer le chômage tout en maintenant l’inflation à un niveau extrêmement bas.

On parlait alors de la «dream team» du gouvernement MSM, une équipe menée par Anerood Jugnauth et comptant dans ses rangs les Gaëtan Duval, Vishnu Lutchmeenaraidoo, Michael Glover, Sheila Bappoo, Hervé Duval, Kishore Deerpalsingh et Bhinod Bacha à la tête de la machinerie administrative. Régnait alors dans le pays un véritable «feel good factor». C’est en reconnaissance pour le travail remarquable abattu pendant toutes ces années que le pays rendit à SAJ un hommage mérité lors de son décès survenu, le 3 juin 2021, à l’âge de 91 ans.

Aujourd’hui encore, alors que Pravind Jugnauth a succédé à son père à la tête du parti, en avril 2003, le MSM peut s’enorgueillir de disposer d’un bilan positif en termes de réalisations quand bien même il traîne quelques casseroles qui sont le fait de certains éléments et qui rejaillit, malheureusement, sur la direction du parti. C’est dans cette situation quelque peu ambiguë  que le MSM se présentera aux élections générales l’année prochaine.

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