November 30, 2022
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Politique

Les Chagos :Les Anglais ne veulent pas « lev paké »

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Le délai est écoulé depuis hier pour que les Anglais mettent fin à leur administration sur les Chagos. Mais, il semblerait que la date de 22 novembre n’a jamais paru dans l’agenda du gouvernement britannique. Jeudi, au Parlement, le Premier Ministre, Pravind Jugnauth, a bien fait comprendre que Maurice ne compte pas rester les bras croisés si les Anglais campent sur leur position en balayant d’un revers de la main la décision de la Cour internationale de justice. Cette instance, rappelons-le, avait adopté une résolution, affirmant que les Chagos sont une partie intégrante de la république de Maurice et que les Anglais devraient mettre fin à leur administration dans un délai de six mois. Ce qui fait que depuis hier, les Anglais sont dans une situation illégale.

Le PM mauricien est allé plus loin jeudi en ajoutant qu’en sus d’avoir déjà enclenché son opposition de la présence de l’Angleterre devant la Commission des thons de l’océan Indien, Maurice entreprendra d’autres actions afin que les droits mauriciens soient respectés dans ce litige qu’oppose la république mauricien à la Grande Bretagne. Pour ce qui est du voyage à être effectué dans l’archipel, Pravind Jugnauth a déclaré que ce projet est toujours d’actualité et plus que jamais. Cependant, a fait ressortir le chef du gouvernement, ce projet d’envergure exige des capacités énormes et une préparation digne de l’évènement. Ce à quoi le pays n’est pas encore prêt. En ce qui concerne la présence de la base militaire américaine sur Diégo Garcia, l’île principale de l’archipel des Chagos, le Premier ministre a souligné que Maurice reconnaît l’existence des Yankees et qu’il est prêt au dialogue pour un accord.

Histoire des Chagos

L’archipel des Chagos est un ensemble de 55 îles réparties en sept atolls situés dans le Nord de l’océan Indien, à 1 174 km au sud de Malé, aux Maldives, et à 1 832 km à l’est de Victoria, aux Seychelles. Il est administré par le Territoire britannique de l’océan Indien (BIOT) mais il est revendiqué par Maurice, position soutenue par l’Assemblée générale des Nations unies. Il était peuplé de Chagossiens du XVIIIe siècle jusqu’à leur lente expulsion finale au début des années 1970, époque de la construction d’une base militaire américaine sur Diego Garcia, sa plus grande île, et de sa protection en tant que site Ramsar dans la partie orientale de Diego Garcia et réserve naturelle pour le reste de l’archipel. La seule île habitée est celle de Diego Garcia, qui accueille des militaires américains, des fonctionnaires britanniques et des travailleurs sous contrat.

À savoir sur l’archipel des Chagos

L’archipel des Chagos est appelé en anglais Chagos Archipelago. Son nom est parfois rencontré avec l’orthographe « Tchagos », que ce soit en français ou en anglais. Il est appelé Feyhandheebu en maldivien, une langue parlée aux Maldives et dans le territoire indien de Lakshadweep en hindi et les « Îles Pékaana » en tamoul. Son ancien nom colonial est Oil Islands, en français : « Îles de l’Huile ».

L’éparpillement des îles confère à l’archipel une zone économique exclusive de 636 600 km2 de superficie, mitoyenne de celle des Maldives au nord.

L’archipel des Chagos repose sur un plateau sous-marin d’une superficie de 20 607 km2 formé il y a 45 millions d’années.

La superficie totale de l’archipel est de 54 400 km2, lagons inclus, pour seulement 60 km2 de terres émergées dont 40 km2 rien que pour Diego Garcia, l’île principale.

Chronologie des événements à partir de 2016 :

16 novembre 2016

Le ministère britannique des Affaires étrangères avait maintenu son interdiction de réinstallation dans les îles. En réponse à cette décision, le Premier ministre de Maurice avait exprimé le plan de son pays pour faire avancer le différend sur la souveraineté devant la Cour internationale de Justice. Le ministre britannique des Affaires étrangères d’alors, Boris Johnson avait demandé l’aide indienne pour résoudre le différend impliquant le Royaume-Uni, les États-Unis et Maurice. L’Inde a maintenu une influence considérable à Maurice grâce à des liens culturels et économiques profonds. L’Inde a soutenu que la question de savoir s’il fallait ou non aller de l’avant avec la décision de l’Assemblée générale des Nations Unies est une décision que le gouvernement mauricien doit prendre.

22 juin 2017

L’Assemblée générale des Nations Unies avait demandé à la Cour internationale de Justice de donner un avis consultatif sur la séparation de l’archipel des Chagos de l’île Maurice.

25 février 2019

La Cour internationale de Justice devait statuer que le Royaume-Uni avait l’obligation de mettre fin le plus rapidement possible à son administration de l’archipel des Chagos.

22 mai 2019

Faisant suite à la décision de la Cour internationale de Justice, l’Assemblée générale des Nations Unies a débattu et adopté une résolution qui affirmait que l’archipel des Chagos « fait partie intégrante du territoire de Maurice ».

La résolution exigeait que le Royaume-Uni « retire son administration coloniale … inconditionnellement dans un délai dev six mois. 116 États ont voté en faveur de la résolution, 55 se sont abstenus, tandis que seuls 5 pays ont soutenu le Royaume-Uni. Au cours du débat, le Premier ministre mauricien a qualifié l’expulsion des Chagossiens de « crime contre l’humanité ».

La conséquence immédiate de la résolution est que l’ONU et d’autres organisations internationales sont désormais tenues par la loi de l’ONU de soutenir la décolonisation des îles Chagos. Le Royaume-Uni affirme qu’il n’a aucun doute sur sa souveraineté sur l’archipel. Les résolutions des Nations Unies interdisaient l’éclatement des territoires coloniaux avant l’indépendance. Maurice a affirmé à plusieurs reprises que l’affirmation britannique selon laquelle l’archipel des Chagos est l’un de ses territoires est une violation de la loi et des résolutions de l’ONU.

Le Royaume-Uni a déclaré qu’il n’avait aucun doute sur sa souveraineté sur les Chagos, mais a également déclaré que les Chagos seraient renvoyés à Maurice une fois que les îles ne seraient plus nécessaires à des fins de défense.

23 juin 2017

L’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) a voté en faveur du renvoi du différend territorial entre Maurice et le Royaume-Uni devant la Cour internationale de Justice (CIJ) afin de clarifier le statut juridique des îles Chagos archipel dans l’océan Indien. La motion a été approuvée à la majorité avec 94 voix pour et 15 contre.

25 février 2019

La Cour internationale de Justice (CIJ) a jugé que le placement de l’archipel sous administration britannique en 1965 n’était pas fondé sur la libre expression des habitants, et, qu’elle avait donc conseillé au Royaume-Uni de renoncer à la l’archipel, y compris la base militaire stratégique des États-Unis, pour l’établissement d’environ 1 500 habitants qui avaient été déportés. Le gouvernement britannique a rejeté toute compétence de la cour pour délibérer sur ces questions.

22 mai 2019

L’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) a voté en faveur de la fixation d’un délai de six mois pour que le Royaume-Uni se retire de l’archipel des Chagos, qui serait ensuite réunifié avec Maurice. La motion a été approuvée à la majorité avec 116 voix pour et 6 contre. Cinquante-six Etats, dont la France et l’Allemagne, se sont abstenus. Le délai de six mois expire donc en novembre. Il serait bon de voir comment les Britanniques vont s’y prendre. Il va sans dire, que de plus en plus l’étau se resserre sur les British. Est venu s’ajouter à ce dossier, le climat politique fragile qui sévit en Angleterre, avec le Brexit.

Sen. Krisnah GOOJHA

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