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Une étude met en lumière l’existence statistique d’un lien entre troubles primaires du langage et exposition aux écrans le matin avant l’école, chez les 3 à 5 ans.

Le débat ne cesse de revenir sur le devant de la scène, sans qu’aucun consensus scientifique ne soit encore établi : les écrans sont-ils mauvais pour les enfants ? Sans apporter une réponse définitive, une étude de la médecin généraliste Manon Collet avance néanmoins de nouveaux éléments. Publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé Publique Franceelle s’intéresse aux conséquences de l’exposition aux écrans chez des enfants âgés de 3 ans et demi à 5 ans et demi, répartis en deux groupes : un premier de 167 enfants présentant des troubles primaires du langage, c’est-à-dire n’étant pas liés à une cause connue, et un autre de 109 enfants ne présentant aucun trouble. 

L’étude met en lumière le lien entre une exposition le matin avant l’école et des troubles du langage. Selon elle, les enfants exposés aux écrans à ce moment de la journée seraient trois fois plus susceptibles de développer des troubles primaires du langage. Un constat qui concerne 44,3% de ceux du premier groupe et 22% du deuxième. 

Manon Collet précise qu’elle s’est penchée sur diverses habitudes de consommation d’écrans. Elle a étudié les différents moments de la journée auxquels les enfants sont exposés, le temps passé devant un écran ou encore l’âge de la première exposition. “Nous pensons que l’exposition aux écrans va fatiguer l’attention de l’enfant qui sera moins apte aux acquisitions et à l’apprentissage”, explique-t-elle.  

Discuter avec l’enfant de ce qu’il regarde

Ce n’est pas le seul enseignement de cette étude. En effet, ses résultats montrent qu’il y aurait six fois plus de risques pour un enfant de développer des troubles quand, en plus d’être exposé aux écrans le matin, il discute peu ou pas de ce contenu avec ses parents.  

En effet, parmi ceux qui ont participé, 31,4% de ceux dont les enfants présentent des troubles du langage primaire ont déclaré “rarement”, voire ne “jamais” discuter de ce que ces derniers regardent à la télévision, sur l’ordinateur, sur les consoles de jeux vidéo, les tablettes et smartphones. Ce taux descend à 14,8% chez ceux dont les enfants n’ont aucun trouble. Le fait de ne pas en parler avec ses enfants “a déjà été démontré comme pouvant être délétère”, souligne l’étude. “Le fait d’en discuter va permettre à l’enfant d’être en interaction avec son entourage ce qui est primordial pour son développement psychomoteur”, ajoute Manon Collet. 

L’étude démontre ainsi “un lien statistique réel” entre une exposition aux écrans le matin, le manque de communication sur ce contenu et les troubles primaires du langage, “mais on ne peut pas prouver l’existence d’un lien de causalité”, nuance-t-elle toutefois. “Cela nécessite d’autres études”. Celle-ci précise par ailleurs l’existence de certains biais comme le fait de collecter les données par un questionnaire parental. “Cette méthode [est] sensible au biais de mémorisation et à la peur du jugement social concernant l’exposition aux écrans”, admet le médecin.

De nombreuses polémiques

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs tentent de faire la lumière sur les conséquences de l’exposition aux écrans chez les enfants. Le lien entre écrans et l’apparition de “troubles exactement identiques aux troubles autistiques” avancé par le Docteur Anne-Lise Ducanda dans une vidéo postée en 2017 avait notamment créé l’indignation de parents d’enfants autistes.  

En octobre dernier, le neuroscientifique Michel Desmurget avait, lui, alerté sur une “décérébration à grande échelle” et un “problème majeur de santé publique” dans son livre La fabrique du crétin digital. Les dangers des écrans pour nos enfants. “Le problème ne vient pas de l’écran, mais de l’usage qu’on en fait”, rétorquait Séverine Erhel, maître de conférences en psychologie cognitive et ergonomie à l’Université Rennes-2 dans L’Express, expliquant “que le problème n’est pas les écrans en eux-mêmes, ni le temps passé devant : ce sont les activités que l’on pratique devant ces derniers et, parfois, le manque d’accompagnement des parents”.  

De leur côté, les autorités conseillent de bannir les écrans avant l’âge de 3 ans. C’est notamment le cas depuis dix ans du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ainsi que de la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Celle-ci dénonçait en octobre 2018 les risques pour le développement et la santé physique des enfants. 

SOURCE : lexpress.fr

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