February 9, 2023
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Opinion

Les incendies : a-t-on les moyens de se battre ?

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Deux incendies d’ampleur différente et dans deux endroits presque opposés sont venus mettre en lumière la vulnérabilité de certains de nos immeubles. Le premier, qui a affecté l’établissement hôtelier LUX* Belle Mare le samedi 2 juillet, est d’une ampleur sans précédent avec des réparations à coup de centaines de millions étalés sur plusieurs années, et le second a éclaté aux casernes centrales dans la soirée du lundi 4 juillet. Ici, c’est une deuxième structure en bois qui a été la proie des flammes et qui a aidé malheureusement à propager l’incendie.

Immeubles en tôle et en bois

Comme à l’hôtel situé sur la côte Est de Maurice, le feu aux Casernes, certes aidé par le vent, s’est surtout propagé à cause de la nature des matériaux hautement inflammables. Mais, il n’y a pas que des hôtels avec leurs toitures en chaume ou les Casernes où la grande majorité des bâtiments est en bois, qui ont cédé à ces incendies : un peu partout à Maurice, il existe des immeubles en tôle et en bois, qui servent au commerce ou qui sont des résidences, qui se transformeraient en brasier à la moindre petite étincelle.

Des pompiers aujourd’hui à la retraite, connaissent par cœur ces immeubles et certains d’entre eux qui étaient postés au service des pompes de la capitale identifient le Quartier chinois comme un véritable endroit à risque. D’autant, font-ils ressortir que les bornes d’incendie ne seraient guère accessibles pour alimenter les fourgons d’incendie des pompiers en cas de pépin, car des véhicules viennent carrément se garer dessus, sans que leurs conducteurs soient verbalisés. Le comble, c’est que l’existence de ces bornes n’est pas connue de la police et il n’existe aucun panneau pour indiquer leur présence.

Système anti-incendie

Mais, il n’y a pas que ces bornes d’incendie inconnues du grand public, il y a donc ces centaines d’immeubles en bois, dépourvus de système anti-incendie, certaines étant à étage avec des escaliers en bois, évidemment. À ce jour, il n’existe aucun audit de ces bâtiments dont une simple alerte au feu provoquerait une véritable panique. Ce type d’immeuble abonde dans la capitale, où leurs propriétaires font valoir que le manque de ressources financières les empêche de les démolir ou de les consolider avec des matériaux anti-inflammables. Évidemment, tous en appellent aux pouvoirs publics pour les soutenir financièrement afin de mettre à terre leurs biens… Entretemps, ils continuent à y faire prospérer leur commerce en mettant chaque jour en danger la vie de leurs salariés. Encore une fois, ici, n’importe quel citoyen lambda flânant dans les rues de la capitale se poserait des questions à la vue de ces immeubles. Sauf les fonctionnaires de l’État ou des collectivités locales…

Années 70-80

Partout à travers l’île, – et pas qu’à Port-Louis -, il existe de centaines d’immeubles commerciaux ou résidentiels qui bruleraient comme des châteaux de cartes en cas d’incendie. Presque l’intégralité des bâtiments à étage construits dans les années 70-80 font rarement l’objet d’inspection officielle destinée à vérifier s’ils possèdent des moyens offerts à leurs locataires de s’échapper en cas d’incendie. On peut aisément se laisser dire qu’il n’existe aucun département public avec suffisamment d’‘officier’ qui est dédié à cette mission et sans doute attend-on qu’un bon drame – avec mort d’hommes malheureusement -, éclate dans ces coins oubliés pour que nos chefs de département s’en émeuvent.

‘Wise after the event’

C’est qu’à Maurice, le dicton ‘wise after the event’ court allègrement les rues. Il y a eu des cas où il a fallu qu’une collégienne perde la vie aux abords d’une gare d’autobus ou à une croisée de rues pour que les autorités s’avisent qu’un trottoir ou un passage piéton s’imposait dans ces coins. Quant aux espaces ouverts sans clôture où s’empilent chaque jour les ordures les plus diverses – du matelas au frigo sans vie en passant par les parpaings de démolition -, ils ne cessent d’orner nos rues. Ils sont connus des mairies et conseils de districts, car chaque semaine, les camions de voirie viennent vider les poubelles des résidences se trouvant dans ces mêmes rues. Encore une fois, les chefs de section de ces camions n’y voient que dalle même lorsque les ordures empilées dans ces espaces s’étalent dans les rues. Ni vu ni connu. Personne, au retour à la mairie, n’ira informer Monsieur le maire de l’état de ces espaces à l’abandon où un beau jour, on risquera de découvrir l’état en décomposition avancé d’un individu signalé manquant depuis des mois…

Alors, à ce moment-là, – et à ce moment-là seulement -, on verra la police, les maires et leurs conseillers et autres fonctionnaires monter sur leurs grands chevaux pour s’alarmer de la dangerosité de nos rues, des précautions que les personnes vulnérables doivent prendre…

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