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Macadam. Un mot qu’aime utiliser le manitou du MMM quand se dresse des obstacles sur sa route pour la reconquête de l’Hôtel du gouvernement. Une cruelle vérité : les mauves auraient dû être encore au pouvoir n’était-ce l’hypocrisie et la malhonnêteté de ce même Paul Bérenger en 2014 quand, après avoir célébré l’anniversaire de Sir Anerood Jugnauth et lui fait manger son gâteau, il était allé, le même soir, contracter une alliance avec Navin Ramgoolam, le grand rival et principal adversaire du leader du MSM. La suite, on la connaît.

À l’aube de la nouvelle année, les tractations se poursuivent pour un large front soudé et uni regroupant tous les partis de l’opposition avec un seul objectif : déboulonner Pravind Jugnauth du Bâtiment du Trésor. Ayant réalisé que et Bodha, et Bhadain ne sont pas vendables comme futur Premier ministre, Dubois et Dubois, dit-on, ne se vend pas si facilement alors que toutes les révélations sur ces deux compères n’ont pas toutes été faites car les cartouches ne se brûlent pas inutilement et hors campagne électorale, Bérenger veut à tout prix s’assurer cet électorat majoritaire qui fait la force des travaillistes.D’où sa concession pour que ce soit Navin Ramgoolam qui dirige la grande alliance de l’opposition si le Bon Dieu lui accordera courage et bonne santé pour faire campagne. C’est Arvin Boolell sinon qui a la faveur des pronostics ou pour succéder éventuellement au leader rouge si le plan des trois premières années du poste suprême au fils de SSR marche. Mais même au PTr, on est sceptique quant à un retour à la politique active du chef eu égard à ses derniers soucis de santé.

Selon certaines informations de source digne de foi, le front bench sera exclusivement rougemauve avec le tandem Ramgoolam-Boolell d’une part et Bérenger-Uteem de l’autre. Et voilà qu’émerge le premier macadam car n’y figure pas Xavier Duval, Nando Bodha et Roshi Bhadain, trois des principaux animateurs de la plateforme de l’Espoir. Le leader du PMSD, Premier ministre alternatif dans le système ‘westministérien’, n’aura pas assumé le rôle de numéro un de l’opposition parlementaire pour ensuite jouer les seconds couteaux, n’est-ce pas ? Le fondateur du Ralliement Mauricien n’a pas démissionné comme ministre des Affaires étrangères et dirigeant du MSM pour ensuite être éclipsé complètement. Avec cinq partis, le PTr, le MMM, e PMSD, le Ralliement Mauricien et le Reform Party, on peut déjà parler d’une alliance concassée car les ‘macadams’ ne manqueront pas dès qu’à la table des négociations seront soulevées les questions de partage des investitures et des postes de responsabilité une fois au pouvoir. Mais avant d’y arriver, il faudra qu’on consente de part et d’autre à des sacrifices. Et qui dit sacrifices plus le front est élargi dit également frustration et amertume, déception et démission.

Si Nando Bodha s’est fait piéger par une proposition quelconque, il doit déjà le regretter de par les bruits qui courent à l’effet qu’il ne sera pas présenté comme le Premier ministre potentiel d’une grande alliance de l’opposition. Roshi Bhadain également pour des raisons similaires par rapport aux allégations de fraude sur le bois. En annonçant qu’il lorgne du côté de Montagne Blanche/GRSE pour poser sa candidature aux prochaines législatives, l’ancien secrétaire général du MSM a pensé à une circonscription rurale pour garder ses chances de premier-ministrable intactes si les arrangements avec le PTr ne sont pas concluants, mais surtout au problème qui se posera pour lui s’il reste au No.16. Ses mandants qui l’ont élu à Vacoas/Floréal lui reprocheront de les avoir abandonnés. Quitter le gouvernement pour aller dans l’opposition à trois années des élections générales équivaut à abandonner son électorat en matière de possibilité d’emplois et de services que peut offrir un élu quand il est des rangs de la majorité gouvernementale.

Avant même la démission du gouvernement et l’intégration au sein de la plateforme de l’opposition de Nando Bodha, Roshi Bhadain n’avait pas les faveurs de Bérenger. Aujourd’hui, on peut mieux comprendre pourquoi. Dans la présente configuration, avec un Navin Ramgoolam qui bénéficie du soutien inconditionnel de tous les parlementaires travaillistes et des membres du plus vieux parti de Maurice, le regroupement des principales forces de l’opposition passe nécessairement par le statut de locomotive du PTr. Et si les rouges auront la majorité des tickets, le MMM, suivi du PMSD, devra mener le peloton des quatre autres partis. Ce ne sera pas facile de départager la différence s’il n’y a pas de consensus et de renoncement. Il ne faut pas oublier, par ailleurs, que d’autres mouvements et groupuscules aimeraient bien se joindre au front uni de l’opposition pour faire partir Pravind Jugnauth et son équipe. Encore une fois, des macadams surviendront plus l’alliance s’agrandira avec Ramgoolam à sa tête.

Le leader du PTr le sait pertinemment : dans un tel cas de figure, il faudra être un bon gymnaste pour marcher sur ces œufs. Les peaux de banane aussi ne manqueront pas et encore moins les tiraillements et les critiques inutiles pour saper son moral et nuire à son autorité. Être un partenaire majoritaire d’un bloc constitué de plusieurs partis minoritaires demande du cran et du tact pour mener à bon port une barque construite par défaut. Avec de nombreux défauts tant de tous bords les ingénieurs et les capitaines ne manquent pas.

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