May 17, 2022
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Opinion

L’honorable Bodha : du gros bois de rose dans les yeux

Que faire pour exister, se montrer et se faire entendre, sinon en sortant hors des clous et en y allant avec des petites phrases assassines ? Comme l’a fait Nando Bodha durant la semaine écoulée en y voyant la main de la mafia dans le dossier hippique. Comme il y va ! Sur quel compte mettre cette opinion à l’emporte-pièce indigne d’un député de carrière et ex-ministre et qui pourrait se faire rattraper sur un dossier où il aurait gagné à toucher du bois. De préférence rose !

Nandkumar Bodha, dit Nando, c’est la triste histoire d’un grand raté, qui se voyait Calife à la place du calife. Il a été de tous les gouvernements de Sir Anerood Jugnauth jusqu’à celui de Pravind, après avoir gardé la maison soleil durant le passage à vide du MSM. Il a rongé son frein dans l’ombre en attendant des jours meilleurs où il se verrait bien propulser dans la succession de SAJ. Mais, Bodha n’étant qu’un élu local, il n’a jamais été capable de s’élever pour atteindre le statut national. Mais, cette réalité, il n’a jamais pu la digérer, d’où sa démission des rangs du MSM pour voler de ses ailes en attendant que le MMM l’accueille et lui fasse une proposition digne et honorable. Mais, voilà, rien ne vient, Paul Bérenger qui ne dit jamais son dernier mot et qui a plus d’un calcul dans son sac, à choisir de voir comment vont évoluer l’économie et le social dans les prochains mois.

Le grand rêve de Bodha

Plus le temps passe, et avec le Dr Navin Ramgoolam qui a ravi la direction du labour à Arvin Boolell, plus le grand rêve de Bodha s’en va petit à petit et inexorablement en fumée. Il ne faut pas être grand clerc de notaire pour le voir encore plus réduit à sa véritable dimension aux prochaines législatives générales. Il n’est un secret pour personne que le PTr ne souhaite pas d’une alliance qui s’accommoderait des Bodha et Bhadain. C’est une condition posée par le Dr Ramgoolam dans ce qu’il souhaite être sa reconquête du pouvoir. Et cette condition embarrasse bien Paul Bérenger, qui ne sait plus trop où bouger ses pions. Son indécision tient aussi au fait que les actions protestataires dans certaines résidences de Maurice sont restées sans lendemain. Non, qu’il ait souhaité qu’elles s’étendent à travers l’île Paul Bérenger étant un patriote convaincu -, mais une telle perspective aurait démontré l’ampleur de cette protestation. Le feu étant circonscrit et le gouvernement ayant réagi concrètement avec des subventions à sept denrées alimentaires de base, c’est toute l’opposition qui se voit privée d’arguments protestataires. Si l’opposition sort encore plus désunie et affaiblie qu’elle ne l’est, c’est aussi Bodha qui risque devoir le sol de dérober sous ses pieds. Car, si rien n’est encore acquis concernant la victoire sur la pandémie et alors que le conflit militaire en Ukraine reste encore d’actualité, il convient d’admettre que l’économie de Maurice est sur les rails depuis 2021. Depuis le début de l’année, des touristes ont fait leur réapparition tandis que certains hôtels sont remplis. Mais il prendra du temps à ce secteur pour retrouver son embellie. Aussi, le gouvernement a-t-il besoin de consolider la reprise dans les autres secteurs, comme le manufacturier, la finance et les TIC. Même si la reprise se fait au comptegouttes, elle est bien là et donne le signe de l’espoir retrouvé…

Perturbations d’ordre social

Le plus gros danger qui pourrait entraver cette relance serait des perturbations d’ordre social avec le risque qu’elles prennent une tournure communautariste. Mettre en danger le tissu social est un signe négatif envoyé au niveau international. S’il faut renvoyer ce gouvernement attend de le faire par les urnes. Il n’a jamais été dans la tradition des Mauriciens de faire partir un gouvernement à partir des manifestations et la mise à sac des immeubles publics et privés. Ni non en s’en prenant à des biens personnels, souvent acquis par le sacrifice. C’est pourquoi la perspective de telles manifestations fait craindre des affrontements au sein même de notre communauté. Va-t-on pénétrer chez les ‘riches’ et les détrousser sous prétexte qu’ils sont riches et défendre les pauvres quand bien même dans leurs rangs, on peut trouver un ‘lumpen’ prolétariat asocial et prêt à la casse ? Les pousse-au-crime doivent faire attention qu’une immense majorité de la population soucieuse de conserver ses biens et acquis ne se retourne pas contre eux. En Algérie, au cours de la seule année 1962, plusieurs centaines de piedsnoirs ont fui cette colonie française pour venir se réfugier en France. Le pire, c’est que durant cet exode, des milliers de professionnels sont aussi partis, du plombier à l’administrateur en passant par l’électricien, le maçon et l’architecte. Si bien que plus tard, lorsque la robinetterie d’un palace était devenue défaillante, il avait fallu faire venir des Français de Paris et payer leurs services à prix d’or… Mais, c’est aussi vrai que durant l’administration française en Algérie, celle-ci ne s’était guère préoccupée de la formation des ressources humaines. Personne ne veut d’une telle rupture à Maurice, après de longues années d’investissement dans la formation des Mauriciens dans tous les postes.