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Sur les trois urgences, écologique, sociale et démocratique, identifiées par Navin Ramgoolam lui-même durant son règne, rien ne fut à la hauteur. La population n’a vu qu’effet placebo et procrastination, l’acte III (2010-2014) du règne du leader des rouges ressemblant au bégaiement de l’acte II (2005-2010), lequel faisait office d’un cache-misère (vêtement de bonne apparence sous lequel se cache des habits usés) réchauffé du premier mandat de NCR (1995-2000).

Le peuple savait que Navin est un «brilliant story-teller» et un fieffé menteur, mais aussi un piètre PM ; et avait surtout voulu juger son gouvernement à la lumière des quatre dernières années de ses mandats. Certes, l’éventuel amendement de la constitution pour intégrer P. Bérenger dans le système ‘pouvoiriste’ avait aussi ses effets néfastes. Il y a comme un sentiment de dégoût chez les gens : en faisant le bilan de son action pendant 15 ans et en se remettant en mémoire les mauvaises mœurs de N. Ramgoolam, il y a une évidence qui émerge, celle de ne pouvoir le cautionner. Les Mauriciens votent toujours la confiance, et pour le faire il leur faut avoir confiance en un dirigeant. Malheureusement pour Navin, tous les indicateurs sont extraordinairement négatifs.

Et, ce qui est révoltant dans le discours, plutôt les élucubrations de l’ancien PM, pour se sauver, c’est sa référence à la Providence. « La sanction Divine s’abattra sur ceux qui ont gouverné ces dernières années », prononce-t-il telle une homélie morale. Depuis longtemps, ce monsieur n’était plus entre Dieu et Diable ; ayant basculé dans la zone ténébreuse entre le Diable et la mer noire profonde. Comment a-t-il eu cette ridicule outrecuidance de nous balancer ces paroles insensées, insolentes, désinvoltes?

Pour rafraîchir son mental, nous lui demanderons : au moment de ses frasques, de ses quatre cent coups et de sa gestion bancale du pays, avait-il songé durant ces moments-là qu’il attirerait tôt ou tard le courroux Divin? Et, aujourd’hui au lieu de jeter l’anathème sur les autres, il devrait faire son mea culpa et se dire : « si, depuis 2014 je me suis retrouvé dans une situation de blâme, de décrépitude, c’est qu’il y a bien dans cela une sanction Divine. » La vie nous apprend de ne pas citer le Créateur pour se tirer de ses propres affaires morbides et répréhensibles.

Navin Ramgoolam a toujours joué au moralisateur, tel un saint exempt de tout reproche. S’il y a bien un niveau où il a excellé dans son cheminement, c’est celui de l’incohérence, la désordonnance. Pour s’efforcer à paraitre dans la peau d’un homme qui a changé (en mieux), il s’accroche à des flots de paroles superflues masquant la pauvreté de sa pensée et la fausseté de ses intentions.

Ainsi, donnant la réplique à Pravind Jugnauth dans la série de promesses en cas de victoire le 7 novembre, NCR a annoncé des concessions si excessivement généreuses (comme la baisse dans le tarif de l’électricité jusqu’à 25 %) que les Mauriciens ont tiqué, ayant essuyé les promesses non-tenues du patron du PTR. Empressons-nous d’ajouter que, lorsque Navin avait apporté des mesures populaires (la gratuité du transport public par exemple), c’était donner un œuf pour avoir un bœuf. Les plus grands profiteurs, ce sont ces agents politiques ayant obtenu la licence de faire opérer des autobus qui engrangent quotidiennement de grosses sommes de la caisse de l’État, même s’ils retiennent, de temps à autre, leurs véhicules au garage ou dans leur cour.

Avant de prétendre reprendre le pouvoir, Navin Ramgoolam aurait dû être digne de déposer son bilan de Prime Ministership. Quand ce n’est pas la nullité qui caractérisait la majeure partie de son itinéraire de 15 ans, c’était ses pulsions aux mœurs exécrables, ses démonstrations fantaisistes et inutiles ; et enfin la dilapidation des fonds publics qui marquaient son règne.

Le mélodrame dans l’histoire de NCR est l’imbroglio dans lequel se perdent les autres dirigeants travaillistes. Là, nous pensons à Anil Bachoo, Arvin Boolell et autres Shakeel Mohamed, qui mangent leur pain noir et ravalent leur exaspération et leur colère sournoise depuis des années. Ces hauts cadres du PTR, malgré quelques tentatives tuées dans l’œuf, font preuve d’une telle docilité que nous avons honte pour eux. Ce qui nous fait nous interroger, dans quelle mesure le maroquin de ministre leur est-il si cher pour qu’ils se fassent petits et laissent leur dignité être malmenée ?

Si, à un moment nous pouvons comprendre qu’en fin de carrière, la santé fébrile et de Bachoo et de Boolell ont contribué à réduire leurs ambitions, les gymnastiques précautionneuses de S. Mohamed nous donnent l’envie de vomir. Ce prétendant au poste de vice-Premier ministre décoratif (insignifiant puisque le seul poste constitutionnel sera occupé par XLD en cas de succès) accomplit des girouettes au gré du vent. « He can only put muscles in his mouth », car dans les faits c’est un politique narcissique et dont l’intrépidité de façade cache un personnage minable, un faux jeton. Et, pourtant il sait très bien ce que Navin pense de lui.

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