December 5, 2022
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Politique

Neotown :

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Le leader de l’opposition considéra que le manque à gagner pour l’Etat mauricien est de Rs 1,2 milliard rien que pour les dix premières années du bail de 99 ans accordé à l’entreprise indienne. Il dénonca également l’absence de restrictions dans le contrat de location.

Il qualifia de «véritable cadeau» l’allocation de 58 arpents de prime land à Patel Engineering dans la région des Salines, à Port-Louis, dans le cadre d’un projet de développement foncier d’envergure.

Le leader de l’opposition, qui avait fait de ce dossier un des thèmes principaux de sa campagne de mobilisation dans le cadre du rassemblement du 1er mai, revint sur les conditions dans lesquelles ces terres ont été allouées à la firme indienne.

S’il appesantit longuement sur les détails qui ont déjà fait la Une de plusieurs journaux au cours des dernières semaines, il ne fit aucune nouvelle révélation. Les seuls nouveaux éléments versés au dossier sont les articles de la presse indienne traitant des difficultés financières et juridiques de Patel Engineering.

Quant au montant du loyer qui sera payé par la firme indienne pour les 58 arpents de terre obtenus de l’Etat, Paul Bérenger fit référence à un document déposé à l’Assemblée nationale par le ministre du Logement et des Terres. Le contrat de location prévoyait en effet un paiement de Rs 25 millions à la signature du contrat. Pour la première année (2010), la compagnie n’aura rien à payer alors qu’il devra s’acquitter d’un loyer de Rs 1,2 millions en 2011 et 2012. Le loyer passera à Rs 3,6 millions en 2013, 4,9 millions en 2014 pour atteindre 14,8 millions en 2019.

Au total, Patel Engineering devrait reverser un montant de Rs 96,2 millions pour les dix premières années du bail. Ce qui représente, selon Paul Bérenger, un « cadeau » à cette entreprise privée.

Le leader du MMM expliqua que si le montant du loyer avait été calculé selon les dispositions légales, et à partir de la valeur décidée par le Chief Gouvernement Valuer – qui est de Rs 3,5 milliards pour les 58 arpents – le montant du loyer pour les 10 premières années aurait dû atteindre Rs 1,3 milliards, tout en prenant en compte les taux préférentiels pour les quatre premières années.

C’est ce qui fit dire à Paul Bérenger que le manque à gagner pour l’Etat pour la première décennie est de Rs 1,2 milliard.

Il a également tenu à préciser que l’évaluateur du gouvernement responsable de cette tâche d’évaluation est la même personne qui fut arrêtée dans le cadre de l’enquête de la commission anti-corruption sur l’affaire Medpoint. Le leader de l’opposition soutint que les 58 arpents des terres ont été sous-évalués (3,5 milliards).

Il déclara que l’évaluation de Rs 3,5 milliards fut faite «as it is», c’est-à-dire sans prendre en considération les développements futurs, surtout en termes d’infrastructures publiques, qui seront apportés à cette partie de la capitale.

«C’est la population mauricienne qui paiera des millions et des millions pour les&nbsp besoins en électricité, eau, service de tout-à-l’égout et infrastructures routières du projet Neotown. Naturellement, avec tous ces développements d’infrastructures publiques la valeur du terrain sera multipliée», ajoute leader de l’opposition.

Autre point soulevé par Paul Bérenger, l’absence de restrictions dans le contrat de location. «Cela équivaut à une carte blanche accordée à Patel Engineering pour qu’il dispose à sa guise des 58 arpents de prime land à Les Salines sans aucune restriction sur les constructions qui y seront entreprises», s’insurge-t-il.

Il trouva «choquant» qu’aucun appel d’offres ne fut lancé pour un projet d’une telle envergure. «En fait, le gouvernement aurait dû avoir lancé un appel d’offres international ouvert. Nous aurions ainsi bénéficié de meilleures conditions possibles pour un développement intégré», estime Paul Bérenger

Ce dernier commenta les droits de sous-location sans conditions accordés à Patel Engineering et l’absence d’une clause de sortie en cas de non-respect du contrat par le promoteur. Il soutint aussi que la requête pour une licence d’Environment Impact Assessment (EIA) soumis au ministère de tutelle le 30 mars dernier comportait des manquements.

Paul Bérenger émit des sérieux doutes quant au véritable apport en investissements étrangers que ce projet représente pour notre économie. Il fallait, selon le leader de l’opposition, faire une croix sur les Rs 16 milliards annoncées par le gouvernement.

Finalement, dans un bref historique chronologique de ce projet, Paul Bérenger démontra que c’est le Bureau du Premier ministre qui pilotait ce dossier depuis qu’il fut présenté au Cabinet en février 2008.

«Nous parlons ici de plusieurs milliards de roupies. C’est sont tous les points soulevés ici qui me font dire que c’est un méga-scandale», a conclu Paul Bérenger.

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