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Jeudi 3 janvier, quelle journée ! Même après son passage, Batsirai nous aura encore tenus en haleine. Alors que depuis 3 heures du matin hier, la station météorologique de Vacoas avait décidé d’enlever tous les avertissements cycloniques suite à l’éloignement du cyclone tropical intense, ce n’est pas pour autant que le temps est devenu plus clément. Au contraire la situation a empiré avec pas plus de 100 mm de pluies enregistrés à travers l’île, dont 171 mm à Wooton et 165 mm à Vacoas à hier après-midi. Il faut savoir que le centre de Batsirai générait des vents de plus de 280 kmh.

Dès le départ, cela a compliqué la tâche de ceux qui avaient la responsabilité de déblayer le terrain afin que les routes redeviennent «business as usual» car le vent et la pluie ont persisté durant toute la journée de jeudi. Même sentiment chez ceux qui étaient dans l’obligation de se rendre sur leurs lieux de travail très tôt jeudi. Un peu partout, les scènes de désolations sont témoin de la violence de la première catastrophe naturelle de 2022 et particulièrement dans le nord de l’île.

Une victime collatérale

En parlant du Nord, on ne peut que déplorer une victime collatérale de Batsirai. Il s’agit de Gosto Ramjeet, 55 ans, chauffeur chez Triolet Bus Service, qui partait travailler à l’aube. En effet, dès la levée de l’alerte cyclonique à 4 heures, il a quitté sa maison à moto pour se rendre sur son lieu de travail. Dans le brouillard et la visibilité presque nulle, son véhicule a heurté un arbre tombé sur la route de Pointe-aux-Biches sous les rafales du cyclone. Il n’a pas survécu à l’accident. C’est un de ses collègues qui l’a découvert inerte dans une mare de sang sur l’asphalte.

Batsirai, de catégorie 4, soufflant des rafales de plus de 155 km/h au Domaine Les Pailles et 151 km/h sur le Champ-de-Mars dans la soirée de mardi à jeudi, a fait d’autres victimes. De fait, lorsque le cyclone est passé au plus près de Maurice, à un peu plus de 100km, il a causé d’importants dégâts matériels. Notamment sur les réseaux électriques, téléphoniques, routiers mais aussi chez ceux qui vivent dans des conditions précaires ou des régions connues comme des zones facilement inondables.

Il n’y a pas encore de chiffre officiel, mais une enquête de terrain laisse entrevoir qu’il y a beaucoup de sinistrés dans les centres de refuge à travers l’île et particulièrement dans les villes. Notamment à Tranquebar et Cité-La-Cure. Plus de d’une trentaine de gens, qui vivent non loin du pont Marjolaine, ont choisi de se réfugier au centre communautaire en raison des fragiles structures de leurs maisons en tôle. Le centre de refuge de Tranquebar, bondé, génère un certain sentiment de panique aux alentours depuis hier. Dans l’Ouest également, le centre de refuge de Rivière Noire a accueilli plusieurs réfugiés et le ministre Alan Ganoo et député de la région leur a procuré un repas chaud. À Vallée-Pitôt, la SMF a dû porter secours à 22 familles dont les maisons sont à risque, en particulier à la rue Lowry Cole et au Parc Bœuf, tandis que 11 habitants de Roche-Bois ont choisi de passer la nuit au centre communautaire mercredi soir. Dans les heures qui viennent, on connaîtra le sort réservé à ces sinistrés.

Constat des dommages

Dans ce déluge de colère, de frustration et d’insatisfaction, ce sont les enfants qui s’en tirent à bon compte fort heureusement du reste. Alors que les classes en présentiel devaient reprendre jeudi, c’est finalement lundi que les écoles, collèges et autres universités rouvriront leurs portes. Ainsi en a décidé hier le ministre de l’Education dans un communiqué émis tardivement. Par contre, les centres techniques professionnels et MITD reprennent normalement aujourd’hui.

Par ailleurs, le ministre de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, Kavi Ramano, était hier à Flic en Flac pour évaluer les impacts de Batsirai sur l’environnement et les dommages causés à la plage publique. Des agents de la Beach Auhtority, de la Police de l’environnement et du Service forestier étaient présents. Il a indiqué : « Quelque 240 filaos ont été déracinés, et mon ministère, la Beach Authority et le service forestier travailleront en collaboration pour nettoyer la plage et en faire un lieu plus sûr pour les citoyens. » Le ministre a également appelé les membres du public à ne pas s’aventurer sur la plage jusqu’à ce que le processus de nettoyage soit entièrement terminé.

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