November 30, 2022
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Politique

Pravind Jugnauth: « Il n’existe aucun accord entre Maurice et l’Inde pour l’installation d’une base militaire à Agalega »

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C ’est une nouvelle fois dans une ambiance bon enfant que s’est déroulée la Private Notice Question du Leader de l’Opposition hier à l’Assemblée nationale. Une question qui était adressée au Premier ministre qui était liée aux travaux qui sont en cours sur l’île d’Agalega, sujet à un nombre important de préoccupations et de suppositions. Notamment sur une éventuelle militarisation de l’Inde sur cette île qui subit actuellement une transformation.

Mais d’un revers de main, Pravind Jugnauth a balayé toutes les allégations autour de ces travaux en affirmant d’une part qu’il n’existe aucun accord entre Maurice et l’Inde pour l’installation d’une base militaire à Agalega et d’autre part que les travaux en cours visent uniquement à améliorer les conditions de vie et de commence entre l’île et Maurice.

En effet, le Leader de l’Opposition, Xavier-Luc Duval voulait en savoir plus dans sa question sur les installations qui y sont construites, y compris l’aérodrome et le port en eau profonde qui comprennent des installations de stockage de carburant, d’armes et de munitions et des logements pour le personnel militaire. XLD voulait aussi savoir le coût total des constructions et le coût annuel total de l’exploitation des installations, y compris le coût des ressources humaines, du transport, des réparations et de l’entretien et de l’assurance.

« Comme l’Assemblée le sait, deux projets principaux de développement des infrastructures sont actuellement mis en œuvre pour améliorer les installations de transport maritime et aérien à Agalega : une nouvelle piste d’atterrissage et une jetée ainsi que des infrastructures associées », d’emblée expliqué dans sa réponse le PM.

Selon ce dernier la piste d’atterrissage existante d’Agalega, longue de 1 300 mètres et large de 30 mètres, a été construite dans les années 84/85 et est constituée de coraux compactés. À partir de 1998, la surface de la piste d’atterrissage a commencé à se détériorer puisque de petits cailloux se détachent de la surface. Par la suite des travaux de réparation ont été effectués en 1999 pour refaire le revêtement de la piste, mais les matériaux bitumineux utilisés n’ont pas adhéré à la surface et, avec le temps, ils ont recommencé à se détacher. Compte tenu du mauvais état de la piste, le département de l’aviation civile n’avait depuis lors pas autorisé l’atterrissage d’avions commerciaux. Seule l’évacuation médicale par le Dornier était autorisée.

« Depuis 2003, plusieurs tenta- tives ont été faites pour améliorer la piste d’atterrissage d’Agalega, mais elles n’ont pas abouti. L’accès par voie maritime à Agalega est également très limité en raison de l’insuffisance des infrastructures et des installations, car il n’y a pas de jetée appropriée sur l’île pour l’embarquement et le débarquement des passagers et des marchandises. La possibilité que le gouvernement indien fournisse une assistance pour améliorer la piste d’atterrissage d’Agalega a été évoquée avec les autorités indiennes à plusieurs reprises depuis 2005 », a souligné Pravind Jugnauth.

C’est ainsi qu’en mars 2014, les autorités indiennes ont proposé au gouvernement mauricien d’envisager la désignation d’une agence de mise en œuvre appropriée pour préparer un rapport de projet détaillé pour les travaux d’infrastructure à Agalega et pour superviser la mise en œuvre globale du projet. Ce dernier consistait entre autres à la création d’un comité conjoint de suivi du projet, composé de représentants de l’Inde et de Maurice, chargé de superviser et de contrôler la mise en œuvre du projet, ainsi que de suivre les progrès réalisés par l’agence d’exécution.

« La partie indienne a également accepté d’envisager de dépêcher des experts techniques compétents, selon les besoins, pour aider et travailler avec l’agence de mise en œuvre pour la préparation du rapport détaillé du projet jusqu’à la mise en œuvre finale du projet », a jouté le PM dans sa réponse.

Mais étant donné que Maurice n’avait pas d’expertise technique dans ces domaines spécifiques, le gouvernement a demandé aux autorités indiennes d’envisager de commanditer une étude technique à grande échelle. Une fois encore, un comité conjoint de suivi du projet a donc été mis en place en avril 2014 au Local Gouvernement et des îles extérieures et aussi un comité technique a été créé pour travailler sur les spécifications techniques des projets d’infrastructure.

En août 2014, trois experts techniques indiens se sont rendus à Agalega pour la préparation d’un plan de travail complet pour la mise en œuvre des projets. En parallèle, dira le PM, des discussions au niveau du comité conjoint de suivi des projets, un projet de protocole d’accord pour le développement des liaisons aériennes et maritimes a été élaboré pour installations de transport à Agalega pour être examiné par les deux parties. Par la suite, les deux parties ont finalisé le protocole d’accord et le gouver- nement de l’époque a approuvé le MoU le 31 octobre 2014.

Accord signé lors de la visite de Modi en 2015

« Lors de la visite d’État de S.E. Shri Narendra Modi, Premier ministre de l’Inde à Maurice en mars 2015, le Memorandum of Understanding (MoU), qui avait déjà été approuvé par le gouvernement de l’époque en octobre 2014, a été signé entre Maurice et l’Inde. Une copie du MoU a été déposée sur la table de l’Assemblée nationale le 31 mars 2015 lors de la réponse faite à la question d’intérêt privé sur Agalega », a rappelé Pravind Jugnauth.

Les deux projets, à savoir la construction d’une nouvelle piste d’atterrissage et d’une jetée dans l’île d’Agalega sont mis en œuvre par une compagnie indienne, AFCONS Ltd. La nouvelle piste sera d’une longueur de 3 kilomètres et d’une largeur de 60 mètres, orientée nord-sud, parallèlement à la piste existante.

Les infrastructures qui sont associées comprendront, entre autres, une tour de contrôle du trafic aérien, un terminal Passanger, un hangar pour les avions et le balisage de la piste. Il s’agira d’une piste en béton praticable par tous les temps, permettant des atterrissages de jour comme de nuit.

Une première partie des travaux achevée en décembre 2021

En ce qui concerne la nouvelle jetée, elle aura un front d’accostage de 255 mètres de long. La jetée disposera d’infrastructures associées pour fournir des services tels que l’eau douce, la lutte contre les incendies, l’électricité et la grue. La nouvelle date d’achèvement prévue de ces deux projets est fin décembre 2021. L’achèvement de certains des travaux d’infrastructure pourrait se prolonger au-delà de décembre 2021 en raison des contraintes liées à la mobilisation de la main-d’œuvre en raison de la pandémie de COVID-19.

« Les projets ne prévoient pas d’installations de stockage d’armes ou de munitions. Les installations de stockage de carburant seront limitées aux besoins de ravitaillement des navires et des avions, au fonctionnement des générateurs électriques, des véhicules et autres machines. Des installations seront également disponibles pour accueillir le personnel de la Garde côtière nationale », a souligné avec force le PM en ajoutant que tous les projets en cours à Agalega sont entièrement financés par le gouvernement indien.

Le PM devait aussi indiqué qu’un comité présidé par le secrétaire permanent de son bureau et composé de représentants de l’Outer Islands Development Corpo- ration, des autorités portuaires et aéroportuaires, évalue actuellement les besoins opérationnels futurs de ces installations. L’accord signé avec le gouvernement de l’Inde sur les projets d’infrastructure à Agalega est destiné uniquement à la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir, protéger et sauvegarder nos besoins en matière de sécurité maritime dans les domaines suivants nommément (i) la surveillance de notre vaste ZEE ; (ii) lutte contre la piraterie, le terrorisme, les stupéfiants et le trafic d’êtres humains ; (iii) contrôle du braconnage et de la pêche illégale ; (iv) la fourniture de services hydrographiques ; (v) la promotion du développement économique d’Agalega ; (vi) l’intervention d’urgence, y compris la recherche et le sauvetage ; et (vii) la lutte contre la pollution marine.

Pour conclure à cette PNQ, Pravind Juganuth a réitéré, de la manière la plus catégorique et sans équivoque « qu’il n’existe aucun accord entre Maurice et l’Inde pour l’installation d’une base militaire à Agalega ». Et d’ajouter qu’en dehors des deux principaux projets mis en œuvre par AFCONS Ltd, l’Outer Islands Development Corporation est en train de mettre en œuvre les projets d’investissement suivants : – (i) une station de débarquement de poissons (Fish Landing Station) (ii) un immeuble de bureaux ; (iii) un centre pour réfugiés ; (iv) un gymnase ouvert, (v) une biblio- thèque et (vi) des équipements pour la récolte des noix de coco.

Des remerciements au gouvernement de l’Inde

En outre, a indiqué le PM, le ministère du Logement et de l’aménagement du territoire est en train de construire 50 unités de logement. Selon Pravind Jugnauth, le développement des infrastructures d’Agalega améliorera certainement la connectivité aérienne et maritime, améliorant ainsi le niveau de vie des Agaléens et générant des opportunités économiques et commerciales importantes pour eux et pour la République de Maurice.

« Comme nous l’avons fait pour Rodrigues, où le développement a été lancé et accéléré chaque fois que le MSM a dirigé le gouvernement, nous mettons Agalega sur la voie du développement et du progrès avec l’aide de l’Inde. Nous voulons que le développement atteigne chaque Mauricien. Nous voulons que le développement atteigne chaque partie de notre territoire, car notre peuple reste au cœur de nos objectifs de développement. Nous nous sommes également engagés à développer les îles de l’archipel des Chagos dès que nous serons en mesure d’exercer pleinement nos droits souverains sur ces îles, comme l’ont déterminé les Nations unies, la Cour internationale de justice et la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Et je saisis cette occasion pour remercier une fois de plus le gouvernement de la République de l’Inde pour l’aide et l’assistance qu’il n’a cessé d’apporter à l’Union européenne », a conclu le PM.

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