July 12, 2024
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Opinion

Protestation : pourquoi la population n’adhère pas ?

Les réactions contre les actions protestataires après la hausse du prix des carburants n’en finissent plus. Pourquoi ces actions rencontrent très peu d’échos favorables et pourquoi la référence à la manif ‘Wakashio’ est-elle si inappropriée ? Les organisateurs de ces actions sont partis d’un très mauvais calcul et ont surestimé la réaction des automobilistes, ce qui explique l’adhésion à leurs appels est resté très marginal.

Si l’affluence urbaine et citoyenne à la manifestation ‘Wakashio’ a été impressionnante, soutenue physiquement qu’elle a été par la bourgeoisie des hôtels, c’est en raison de sa seule nature ‘écologique’. On a vu, par la suite, que l’affluence a été nettement moins dans d’autres rassemblements, sans doute à cause de leurs motifs politiques et auxquels n’ont pas voulu les mêmes manifestants présents à Port-Louis lors du rassemblement de 29 aout 2020.

Indifference notable

Le constat de l’indifférence notable à l’égard des mots d’ordre de certains tient à un fait indéniable : l’ensemble des Mauriciens suit de près les informations se rapportant aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine. Personne n’est pas assez fou pour croire que seule l’ile Maurice en est affectée dans le monde. Les informations affluant de partout font état de situation économique de crise générées par ce conflit et forçant les différents gouvernements à puiser dans leurs réserves pour empêcher des crises sociales.

Le gouvernement n’a rien fait de très différent. Le directeur-général de la State Trading Corporation (STC), connu pour sa rigueur et son engagement politique, vient de révéler que cet organisme a perdu des millions avec les hausses du cours du pétrole. Le ‘nonsense’ a pris une tournure des plus ridicules lorsque certains ont cru bon de comparer le cout du pétrole à Maurice à celui en cours en Inde. Or, il faut savoir que l’Inde, étant un gros consommateur, avait déjà commandé des millions de tonnes de carburant avant même les augmentations et avaient des stocks stratégiques qui lui permet de ne pas répercuter les couts réels des augmentations sur les consommateurs.

Taxe sur les bénéfices des majors du pétrole

La réponse de la Grande-Bretagne à cette situation extrême est de toute autre nature. Le jeudi 26 mai, le gouvernement britannique s’est résolu à instaurer une taxe sur les bénéfices des majors du pétrole afin de financer des milliards d’aides à la flambée du cout de la vie, après avoir refusé de le faire pendant des semaines. Ces annonces interviennent au lendemain d’un rapport ‘accablant’ sur de multiples fêtes ‘arrosées’ à Downing Street, la résidence officielle du PM britannique Boris Johnson en plein confinement et qui seraient de nature à fragiliser à nouveau ce dernier. Le ministre des Finances, Rishi Sunak a annoncé au Parlement britannique un ensemble d’aides de 15 milliards de livres (soit Rs 817,650 milliards), pour les ménages les plus défavorisés, face à une inflation au plus haut en 40 ans, à 9 % sur un an en avril.

Un Britannique sur cinq

Selon un sondage de Yougov, publié jeudi 26 mai, un Britannique sur cinq dit ne plus en être mesure de boucler ses fins de mois. Or, la flambée des prix de l’alimentation et de l’énergie, aggravée depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, devrait encore empirer en octobre. Selon un, communique du Trésor britannique, « près d’un ménage sur huit parmi les plus vulnérables au Royaume-Uni, recevra au moins 1200 livres cette année (environ Rs 65 000), y compris un paiement unique de 650 (environ Rs 34 000), face au cout de la vie, une hausse du revenu minimal de 400 livres (Rs 21 800), et un doublement de la réduction sur les factures énergétiques. » Au total, avec les mesures évaluées à 22 milliards de livres déjà annoncées, le total des aides face « au cout de la vie pour les ménages à bas revenus atteint 37 milliards de livres (Rs 2,018 milliards) cette année » fait observer le Trésor.

Au regard de ces chiffres, nous ne pouvons que nous réjouir des milliards déjà décaissés par la Mauritius Investment Corporation (MIC), pour soutenir entreprises et salaires à Maurice et sans lesquels notre économie serait déjà à genoux. La résilience de nos entreprises vient de ces soutiens, leur permettant de se relancer et de recommencer à exporter. Il faut également se féliciter que l’ensemble des Mauriciens aient repris le chemin du travail, en relançant la machine de production. Dans le même temps, le secteur du tourisme lui aussi reprend des couleurs avec les yeux rivés vers la fin de l’année 2022 qui verrait atteinte la barre de 1 million de touristes.

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