February 9, 2023
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Opinion

Quand Giraud mâche ses mots et lâche les maux…

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Dans la presse dominicale, Jean-Michel Giraud a pris bien soin de ne pas dire toute la vérité sur la gangrène qui tue à petit feu le sport hippique. Pour cause. Il est l’un des responsables de ce mal insidieux parce que ce n’est pas la première fois qu’il préside aux destinées du Mauritius Turf Club. En identifiant la prolifération des bookmakers illégaux et des paris clandestins, ne s’est-il pas ainsi offert un certificat d’incompétence, ayant été président du MTC en 1996, 1997, 2002, 2003, 2004, 2006 et 2021 avec une ligne de communication spéciale avec l’état-major de la police des jeux du temps que cette unité des Casernes centrales avait pour chef un de ses amis ? Pourquoi n’a-t-il pas mis le doigt dans l’engrenage des largesses et de la politique des petits copains et des gros requins qui ont pignon sur rue au Champ de Mars ?

Si Alain Rousset et Stéphane De Chalain sont ses références en matière d’excellence pour veiller au bon déroulement de nos courses de chevaux, allez demander à ces jeunes cavaliers mauriciens leur opinion et la justice à deux vitesses qui priment eu égard aux connexions de ces deux messieurs qui sont loin d’être au-dessus de tout soupçon. Ce n’est pas parce qu’il y a eu dans le passé un Chief Stipe étranger qui a côtoyé des jockeys en dehors de l’hippodrome qu’il faut faire un procès d’intention à ce professionnel. Par contre, si on doit étaler les décisions d’Alain Rousset dans des cas engageant son frère entraîneur Gilbert et les jockeys de celui-ci ou celles de De Chalain pour ses amitiés avec les cravaches sud-africaines du temps où il vivait au pays de Nelson Mandela, la piste du Champ de Mars longue de 1298 mètres serait trop courte pour tout étaler. Quand l’État veut mettre bon ordre dans toute l’organisation de ce secteur, c’est surtout pour s’assurer que tous les entraîneurs, propriétaires et jockeys soient traités sur un même pied d’égalité. C’est également pour que cesse cette politique de deux poids deux mesures qui a trop longtemps fait la pluie et le beau temps au détriment du fair-play, de la transparence, de l’équité et de l’intérêt des turfistes.

À demi-mot, le président du MTC dit avoir rencontré Michel Lee Shim deux ou trois fois. Qu’importe si c’est deux ou trois – est-ce si difficile de s’en remémorer pour une précision et dire qu’avec une telle mémoire on veut mettre de l’ordre dans une industrie qui brasse des milliards! –, ce que Giraud aurait dû révéler et la teneur d’au moins l’une de ces rencontres. Par exemple, le tête-à-tête en mars 2021 (assez récent pour qu’il n’oublie pas l’essentiel !) entre Michel Lee Shim et lui lors duquel il avouera qu’il faut retenir les idées et les propositions de Michel Lee Shim pour redémarrer sur de nouvelles bases. Depuis rien n’a transpiré de cet échange. Si le MTC était vraiment ouvert aux solutions proposées, Jean-Michel Giraud aurait dû avoir la lucidité de débarrasser le plancher. Car n’est-ce pas par son entêtement et son agenda caché en fonction des intérêts qu’il représente et qu’il défend bec et ongles qui complique la tâche de ces administrateurs qui priment la collaboration et non la confrontation ?

Lors de sa première présidence en 1996 quand son«jigri dost» Paul Bérenger était au pouvoir, Giraud s’était contenté de jouir des privilèges offerts par le turf club et de se la couler douce au lieu de jeter les bases d’une réforme en profondeur pour assurer la pérennité du sport hippique. Un quart de siècle plus tard, on aurait sûrement été une référence de l’hippisme mondial en matière de tout ce qui touche à la race équine. Or, tous ceux qui sont venus gérer le MTC ne se sont contentés que d’expédier les affaires courantes sans aucune vision et sans aucun plan d’avenir pour moderniser et consolider. Puisque les turfistes éclairés aiment qu’on «deal with facts and figures, not with fiction, flight of fancy or wishful thinking ». Les élucubrations et les voeux pieux n’ont jamais satisfait leurs attentes et leurs espérances pour des compétitions saines et débarrassées de toute magouille.

Enfin, parce que le regretté Sir Anerood Jugnauth n’est plus de ce monde et que Jean-Michel Giraud a eu le culot de le citer ou de faire croire à une certaine proximité qu’il entretenait avec l’ancien Ministre Mentor, qu’il sache qu’on n’associe pas ce genre de baratin au nom d’un grand homme politique trépassé à une situation de contentieux et de polémique. Croit-il qu’il va faire Pravind Jugnauth revenir sur sa décision de ne pas le recevoir en laissant subtilement faire comprendre que « si Sir Anerood était de ce monde, on aurait pu dire que j’ai été proche de lui. » Dans la même foulée, l’ancien numéro un du groupe UBP dira: «Quand vous avez été à la tête d’une grosse entreprise, vous connaissez tous ceux qui sont à la tête de l’État. Mais je n’ai jamais été le financier de tel ou tel parti politique. L’entreprise que je dirigeais finançait tous les partis politiques. »

Dans ses explications pour justifier son retour à la tête du turf club, Giraud fait rire en affirmant que « un certain nombre de personnes, dont des employés du Mauritius Turf Club, sont venues me voir chez moi pour me demander de donner un coup de main car l’industrie est en péril. J’ai accepté en me disant que cela allait être ma dernière contribution à la société mauricienne. J’ai fait un état des lieux avec mes collègues et ce que nous avons vu était pitoyable.Le principal problème de l’industrie – et ce n’est pas le seul – était et est le pari clandestin.» Quand on a été président du MTC à sept reprises, soit on a été incompétent et profiteur, soit ses successeurs ont adopté la même désastreuse méthode de gestion ou ont été pires, ce qui fait que la situation est déplorable. Nous ne croyons pas que ce sont des petits salariés du MTC qui sont allés solliciter Giraud le sauveur. Il n’est pas difficile de deviner qui sont-ils quand on voit qu’en vérité il ne veut que défendre sa coterie. Le mal du club fondé par le Colonel Draper il y a plus de deux siècles provient de ce groupe de personnes qui ont un intérêt commun à préserver à tout prix.

En ne s’exprimant pas ouvertement sur ses relations avec Paul Bérenger et les détracteurs du Premier ministre et de Michel Lee Shim, nommément Rama Valayden et Roshi Bhadain, on aura compris dans quel camp évolue Jean-Michel Giraud. C’est un secret de Polichinelle certes, mais il n’est plus possible que les années se suivent et se ressemblent pour les turfistes. Ils ne peuvent plus continuer à être le dindon de la farce alors que les déclarations d’intention depuis 1996 restent toujours à l’état de promesse.

Se débarrasser de JM Giraud est une aubaine et l’envisager serait la seule issue pour l’industrie des courses de stopper cette hémorragie qui détruit sa santé à petite dose.Il y a un ingrat et un arrogant qui persiste dans son déni de reconnaissance et fait un pied de nez à celui, nommément Jean-Michel Lee Shim, qui a permis au MTC de sortir de l’impasse en plus d’une occasion dans un récent passé. Si le MTCSL était vraiment ouvert à toutes les solutions, il aurait dû avoir la lucidité de voir que la seule solution passe par le départ de Jean-Michel Giraud.

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