November 27, 2022
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Politique

QUAND LE DÉPART DE NAVIN EST RÉCLAMÉ PAR DES MEMBRES DU BUREAU POLITIQUE

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FLASHBACK 2015

C’est une petite foule compacte qui s’est réunie un lundi du 15 décembre 2014 au jardin botanique de Pamplemousses pour se recueillir sur le samadhi de sir Seewoosagur Ramgoolam, décédé le 15 décembre 1985. Un lion blessé, même moribond, est extrêmement dangereux, dit-on. Terrassé lors des dernières élections, Navin Ramgoolam a-t-il toujours suffisamment de force pour mettre au pas ceux qui veulent sa peau au sein même de son parti ?

En effet, certains se sont précipités pour réclamer que le «roi lion» renonce à diriger le Parti travailliste, tandis que d’autres ont ouvertement affiché leurs ambitions, à l’image d’Arvin Boolell, et Shakeel Mohamed. A. Boolell longtemps considéré comme le prince héritier du trône, est toujours auréolé par sa réputation de politicien le plus aimé du royaume, même s’il a goûté pour la toute première fois à l’amère saveur de la défaite lors des dernières législatives. Il est sans aucun doute le prétendant dont devra se méfier le plus Navin Ramgoolam.

Et alors que le PTr s’apprête à affronter les plus rudes moments de son existence, avec seulement quatre députés à l’Assemblée, certains attendent avec impatience que souffle le vent du changement. Vasant Bunwaree, de son côté, avait quitté le navire juste avant le naufrage. Ce qui ne l’a pas empêché de réclamer avec véhémence la tête de celui qu’il appelait encore tout récemment, avec une grande affection, «mo leader».

D’après l’ancien ministre de l’Education, «le problème du PTr a toujours été Navin Ramgoolam». «En de nombreuses occasions, je l’ai prié de se ressaisir. La direction n’a pas été en mesure de ramener Navin Ramgoolam à la raison», a-t-il ajouté durant la conférence post-élections de son nouveau parti, le Mouvement travailliste militant. Parti qui est désormais le «vrai PTr», selon ses dires.

Apres avoir démissionné «par principe» de son poste de président de la National Empowerment Foundation juste avant les législatives, Kadress Pillay n’a pas tardé à se retirer de toutes les instances du parti. Il n’a, semble-t-il, pas apprécié que le capitaine du bateau ne tienne pas rigueur de ses remontrances codées dans sa lettre de démission. Entendez par là qu’il laisse le Bureau politique décider de qui dirigera le PTr.

Navin Ramgoolam en a profité pour affirmer, , qu’il a toujours le soutien de nombreux partisans rouges. Il a également expliqué qu’il réunira son bureau politique bientôt après avoir glané des renseignements sur le terrain. Et d’ajouter «toute personne disposée à prendre le leadership du parti peut le faire, mais il y a des procédures à suivre».

S’il n’est pas nouveau que beaucoup veulent être calife à la place du calife depuis belle lurette, la «cuisante défaite» électorale de l’ancien «maître du jeu» apporte de l’eau au moulin des mutins. Et augure une guerre de succession qui risque de faire des ravages dans les hautes sphères du parti… Ce qui plutôt tombe bien, puisque les ténors rouges n’auront guère plus d’occupations politiques durant les prochaines Jour

Navin Ramgoolam a encore une fois volé la vedette à Arvin Boolell ce mardi 12 mai 2015. Le leader en congé du Parti travailliste (PTr) s’est invité à une réunion du comité exécutif où la liste des candidats aux élections municipales devait être finalisée. Des «bouncers» ayant joué les trouble-fête avant son arrivée, le porte-parole a préféré prendre la porte de sortie.

Arvin s’est ensuite adressé aux gros bras : «Bien fer tapaz? Korek? Korek? Met sa bien dans zot latet, nanyé pa fer mwa per», leur a-t-il lancé. «Zamé monn trouv travayis fer taper vini pou fer enn réunion», a-t-il lâché aux journalistes qui voulaient connaître son état d’esprit sur ces incidents.

Quelques heures plus tard, après les déclarations de Navin Ramgoolam à l’issue de la réunion qu’il a présidée après son départ, Arvin Boolell a confié à l’express qu’il a rendu son tablier de porte-parole du PTr, estimant qu’il n’a pas suffisamment de latitude pour mener à bien son travail.

Arvin Boolell révèle également qu’il ignorait que Navin Ramgoolam allait débarquer à cette réunion. Il dit avoir obtenu des bribes d’informations mais qu’il n’y avait pas prêté foi. Avec les incidents de mardi, il est clair, pour lui, «que tout avait été prémédité». Il déplore que Navin Ramgoolam ait décidé de revoir la liste des candidats aux municipales alors que c’est lui qui avait eu la responsabilité de la préparer.

Aux dires d’Arvin Boolell, les fauteurs de troubles sont «des personnes indésirables qui ont utilisé le parti pour satisfaire leurs intérêts personnels». Il fait ressortir que ces derniers «sont venus déranger les membres de l’exécutif verbalement et de manière agressive». Il estime ainsi qu’il ne peut continuer à «être porte-parole pour une durée indéterminée». Selon lui, «lafason pé azir koumadir éna enn hijack du parti».

Arvin Boolell dit avoir demandé, mardi, au trésorier des rouges, S. Mootia, d’écrire une lettre à Navin Ramgoolam pour qu’il révèle où les finances du parti ont été placées. Cet argent aurait dû être utilisé pour la campagne des municipales.

Arvin Boolell n’envisage pas de quitter le PTr. Il évoque cependant la «possibilité» d’accepter la proposition de l’Union africaine d’être son représentant spécial à Bujumbura, pour les pays de la région
des Grands-Lacs.

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